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Éric Werner

Professeur de philosophie politique à l'université de Genève (en 1990)

Éric Werner, né en 1940, est un philosophe et essayiste suisse.

Citations d'Éric WernerModifier

On croit volontiers que l'insécurité est toujours et nécessairement en elle-même une calamité. Mais c'est là une vue par trop étroite du problème. En réalité elle joue un rôle important dans le mantien de la stabilité du système. Elle concourt utilement par exemple à démoraliser les populations, et par là même aussi à les convaincre de la vanité qu'il y aurait à vouloir s'opposer au "sens de l'histoire" (tel que le définissent les autorités). On pourrait dire aussi qu'elle a une fonction rééducative. Elle achève de réduire les individus à l'impuissance et de les mettre dans l'incapacité de ne rien entreprendre contre la nomenklatura en place. Bref, c'est un instrument efficace de contrôle social. On lui est redevable de soustraire les autorités aux désagréments liés à une hypothétique et toujours aléatoire contestation venue de la base. On comprend dès lors le soin tout particulier qu'elles mettent à la laisser se développer comme elle le fait. Elles ne disent naturellement pas qu'elles sont pour l'insécurité, mais elles ne s'emploient pas moins à la favoriser discrètement (...).
  • Article traitant de son livre: De l'extermination, Thaël, Lausanne, 1993, 124 p.


La maison de servitude, c’est en fait l’islam lui-même. Il en est une reconstitution à l’époque moderne, en plus dur encore d’ailleurs. Il ne faut donc pas s’étonner de l’écho qu’il suscite à notre époque. Beaucoup de gens, en effet, ne rêvent qu’à une chose, en revenir à la maison de servitude. Ils sont fatigués de la liberté, n’aspirent qu’à en être débarrassés. Qu’à cela ne tienne, l’islam les en débarrasse. Il leur offre tout ce qu’ils désirent, des lois strictes et des peines sévères à ceux qui les enfreignent. Les gouvernants eux aussi sont séduits. L’islam leur facilite la tâche, c’est une idéologie qui leur convient.

  • En réponse à la question de ce que désigne le titre de son livre (dans l’Ancien Testament, la Maison de servitude désigne l’Égypte pharaonique).


Un système productif où tout est sacrifié à la production n’est pas en lui-même très viable. Très vite il s’essouffle, avant, en règle générale, d’imploser, comme on l’a vu en 1989 à l’Est. C’est ce qui se passera très probablement un jour aussi à l’Ouest : il implosera. L’actuelle crise économique et écologique en est un signe avant-coureur.


Pour avoir du pain, il faut préalablement avoir compris que l’homme ne vit pas seulement de pain. C’est le point fondamental. L’économie n’est pas à elle-même son propre fondement, c’est une erreur que de la croire. C’est une erreur également de croire qu’elle se suffit à elle-même. Non, elle ne se suffit pas à elle-même.


Camus se référait volontiers aux Grecs et à l'idée de limite. En ce sens, lui aussi se rangerait parmi « les antimodernes ». Il met en garde contre l'hubris, l'ivresse liée au sentiment de toute puissance. On en paie ensuite le prix.
  • Propos tenus par Éric Werner
  • « De la démocratie à la mafiocratie », Pauline Lecomte, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 65, Mars-Avril 2013, p. 15


On peut bien, si l'on veut, parler de despotisme, mais l'espèce de despotisme auquel on a aujourd'hui affaire ne ressemble en rien à celle, relativement bon enfant encore, dont il est question dans La Démocratie en Amérique. Tocqueville parle d'une servitude « réglée, douce et paisible ». Aucun de ces adjectifs ne convient aux temps que nous vivons. La servitude n'est aujourd'hui ni réglée, ni douce, ni paisible.
  • Propos tenus par Éric Werner
  • « De la démocratie à la mafiocratie », Pauline Lecomte, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 65, Mars-Avril 2013, p. 15


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