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Soljenitsyne dans un train à Vladivostok, en 1994.

Alexandre Isaïevitch Soljenitsyne (Александр Исаевич Солженицын), né le 11 décembre 1918 à Kislovodsk (Russie) et mort le 3 août 2008 à Moscou, est un romancier et dissident russe, auteur de L'Archipel du Goulag.

Une journée d'Ivan DenissovitchModifier

Ici, les gars, la loi... c'est la taïga. Mais, même ici, on vit. Ceux qui ne font pas de vieux os, au camp, c'est les lèche-gamelles, c'est ceux qui comptent sur l'infirmerie, c'est ceux qui vont frapper à la porte du grand patron.
  • Une journée d'Ivan Denissovitch, Alexandre Soljenitsyne, éd. 10/18, 1963, p. 24


La centrale, depuis deux mois, c'était rien qu'une carcasse grise toute seule dans la neige. Seulement la 104 était arrivée. Pour se donner du cœur à l'ouvrage, elle n'avait que des ventres vides ceinturés de serpillières serrées à bloc, un froid à pierre fendre, pas d'abri, même pas une étincelle pour en tirer du feu. N'empêche qu'elle était arrivée et, du coup, ça revivait.
  • Une journée d'Ivan Denissovitch (1962), Alexandre Soljenitsyne (trad. Lucia et Jean Cathala), éd. Fayard, coll. « récit », 2007  (ISBN 978-2-21363267-4), p. 75


L’Archipel du GoulagModifier

Il parle une langue qui n'exige aucune tension d'esprit. Une discussion avec lui est un voyage à pied dans le désert.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne, éd. Fayard, Œuvres complètes 5, T2, 3ème et 4ème parties, 2011, traduction Geneviève Johannet, p. 286


Peu à peu, j'ai découvert que la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les États ni les classes ni les partis, mais qu'elle traverse le cœur de chaque homme et de toute l'humanité.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne, éd. Fayard, Œuvres complètes 5, T2, 3ème et 4ème parties, 2011, traduction Geneviève Johannet, p. 510


La scélératesse, semble-t-il, est elle aussi une grandeur à « seuil ». Oui, toute sa vie, l'homme hésite, se débat entre le bien et le mal, glisse, tombe, regrimpe, se repent, s'aveugle à nouveau, mais tant qu'il n'a pas franchi le seuil de la scélératesse, il a toujours la possibilité de revenir en arrière, il reste dans les limites de notre espoir. Mais quand il en franchit soudain le seuil, par la densité de ses mauvaises actions, leur degré, ou par le caractère absolu du pouvoir qu'il exerce, il s'exclut de l'humanité. Et peut-être sans retour.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 132


Maintenant, pour la première fois, vous allez voir des gens qui ne sont pas des ennemis. Maintenant, pour la première fois, vous allez voir d'autres êtres vivants qui parcourent le même chemin que vous et que vous pouvez englober, avec vous, dans ce mot joyeux : NOUS.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 138


Avant la chute d'une société, il y a une sage catégorie d'hommes qui pensent, qui pensent et ne font rien d'autre. Et que ne s'est-on pas gaussé d'eux !
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 142


Dans la vie de chaque homme, il y a un événement qui le détermine tout entier, détermine aussi bien son destin que ses convictions et ses passions.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 162


Une patrie qui a trahi ses soldats, est-ce vraiment la Patrie ?
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 163


Les soldats dorment.

Ils ont dit ce qu'ils avaient à dire

Et pour l'éternité ils ont raison.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 181


Je crois que là-bas dans l'Altaï, je vivrai dans la plus basse et la plus sombre des isbas à l'autre bout du village, à proximité de la forêt. Et alors j'irai dans la forêt, non pas pour ramasser du bois mort ou des champignons, mais comme ça, sans but, et j'étreindrai deux troncs d'arbre : mes amis ! je n'ai besoin de rien de plus !...
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 199


Les victoires sont nécessaires aux gouvernements, les défaites aux peuples. Après la victoire, on veut d'autres victoires encore ; après une défaite, on veut la liberté, et généralement on l'obtient. Les défaites sont nécessaires aux peuples comme les souffrances et les malheurs à l'individu ; ils vous obligent à approfondir votre vie intérieure, à vous élever spirituellement.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 201


[...] la dialectique (désignée jadis par cette grossière formule : « La loi est comme le timon d'une charrette, on la tourne du côté où l'on veut aller »).
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 213


Notre univers n'est-il pas une cellule de condamnés à mort ?
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 324


Par bonheur, il se révéla que la guerre civile n'avait guère occasionné de dégâts aux centrales pénitentiaires ni aux prisons. Il fallait seulement, c'était indispensable, abandonner ces vieux mots souillés. On les appela isolateurs politiques : cette locution reconnaissait que les membres des anciens partis révolutionnaires étaient des ennemis politiques; elle signalait non le caractère punitif des barreaux, mais la nécessité (sans doute provisoire) de tenir ces révolutionnaires vieux jeu à l'écart de la marche conquérante de la nouvelle société.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Melle Jacqueline Lafond et MM. José Johannet, René Marichal, Serge Oswald et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T1, première et deuxième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 328


Quand on est mort, c'est pour longtemps.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève Johannet, José Johannet et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T2, troisième et quatrième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 87


On était à la recherche d'un nouveau stimulant pour le travail social. On pensait que ce serait la conscience et l'enthousiasme, doublés d'un désintéressement total. C'est pourquoi on saisit au bond avec tant d'ardeur la grandiose initiative des « samedis communistes » (Exécution gratuite et supplémentaire d'une tâche utile à la collectivité).
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève Johannet, José Johannet et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T2, troisième et quatrième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 159


Le travail est notre perte, mais la seule façon de na pas périr passe également par le travail. (Contestable philosophie, certainement. Il serait plus sûr de répondre : ne m'apprends pas à périr à ta façon, laisse moi périr à la mienne. Seulement, voilà, de toute façon ils ne vous laisseront pas...)
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève Johannet, José Johannet et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T2, troisième et quatrième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 123


Et ceux des rescapés qui disent d'un ton de reproche que « c'est à cause la faute des crevards s'ils en sont arrivés là », ceux-là endossent le déshonneur d'avoir sauvé leur peau.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève Johannet, José Johannet et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T2, troisième et quatrième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 159


L' « intellectuel » est un homme que ses intérêts et sa volonté tournent vers le côté spirituel de la vie, et cela de façon stable, permanente, sans qu'il soit incité par les circonstances extérieures, voire en dépit de celles-ci. L' « intellectuel » est un homme dont la pensée n'est pas imitative.
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève Johannet, José Johannet et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T2, troisième et quatrième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 212


Oh ! qu'il est donc difficile de devenir un homme ! Même quand on a été au front, qu'on a subi des bombardements, qu'on a sauté sur des mines : ce n'est encore que le début du courage. Ce n'est encore pas tout...
  • L'Archipel du Goulag 1918 - 1956, essai d'investigation littéraire, Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève Johannet, José Johannet et Nikita Struve), éd. Éditions du Seuil, T2, troisième et quatrième parties, 1974,  (ISBN 978-2020021180), p. 277


L'Erreur de l'OccidentModifier

Le stalinisme n'a existé ni en théorie ni en pratique : on ne peut parler ni de phénomène stalinien, ni d'époque stalinienne, ces concepts ont été fabriqués après 1956 par la pensée occidentale de gauche pour garder les idéaux communistes.
  • L'erreur de l'Occident, Alexandre Soljenitsyne, éd. Grasset, 1980, p. 46-47


Le Déclin du courageModifier

La devise de votre université est « Veritas ». Comme certains d'entre vous le savent déjà, et comme les autres l'apprendront au cours de leur vie, la Vérité commence à nous échapper à la seconde même où notre regard relâche sa tension, elle nous échappe en nous laissant l'illusion que nous continuons à la suivre. De très nombreuses dissensions viennent de là. Et il faut savoir aussi que la vérité est rarement douce au palais : elle est presque toujours amère.
  • Incipit.
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 15


Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l'Occident d'aujourd'hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, ainsi que, bien entendu, l'Organisation des Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière.
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 22


Moi qui ai passé toute ma vie sous le communisme, j'affirme qu'une société où il n'existe pas de balance juridique impartiale est une chose horrible. Mais une société qui ne possède en tout et pour tout qu'une balance juridique n'est pas, elle non plus, vraiment digne de l'homme. Une société qui s'est installée sur le terrain de la loi, sans vouloir aller plus haut, n'utilise que faiblement les facultés les plus élevées de l'homme. Le droit est trop froid et trop formel pour exercer sur la société une influence bénéfique. Lorsque toute la vie est pénétrée de rapports juridiques, il se crée une atmosphère de médiocrité morale qui asphyxie les meilleurs élans de l'homme.
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 29


Et, avec tout cela, la presse est devenue la force la plus importante des États occidentaux, elle dépasse en puissance les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Pourtant, voyons : en vertu de quelle loi a-t-elle été élue et à qui rend-elle compte de son activité ? Si, dans l'Est communiste, un journaliste est ouvertement nommé comme tout fonctionnaire — quels sont les électeurs de qui les journalistes occidentaux tiennent leur position prépondérante ? Pour combien de temps l'occupent-ils et de quels pouvoirs sont-ils investis ?
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 36


Une âme humaine accablée par plusieurs dizaines d'années de violence aspire à quelques chose de plus haut, de plus chaud, de plus pur que ce que peut aujourd'hui lui proposer l'existence de masse en occident que viennent annoncer, telle une carte de visite, l'écœurante pression de la publicité, l'abrutissement de la télévision et une musique insupportable.
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 44


Nous avions placé trop d'espoirs dans les transformations politico-sociales, et il se révèle qu'on nous enlève ce que nous avons de plus précieux : notre vie intérieure. À l'Est, c'est la foire du Parti qui la foule au pieds, à l'Ouest la foire du Commerce : ce qui est effrayant, ce n'est même pas le fait du monde éclaté, c'est que les principaux morceaux en sont atteints d'une maladie analogue.
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 61


Le monde, aujourd'hui, est à la veille sinon de sa propre perte, du moins d'un tournant de l'Histoire qui ne le cède en rien en importance au tournant du Moyen Âge sur la Renaissance : ce tournant exigera de nous une flamme spirituelle, une montée vers une nouvelle hauteur de vues, vers un nouveau mode de vie où ne sera plus livrée à la malédiction, comme au Moyen Âge, notre nature physique, mais où ne sera pas non plus foulée aux pieds, comme dans l'ère moderne, notre nature spirituelle.
Cette montée est comparable au passage à un nouveau degré anthropologique. Personne, sur la Terre, n'a d'autre issue que d'aller toujours plus haut.
  • Le Déclin du courage (1978), Alexandre Soljenitsyne (trad. Geneviève et José Johannet), éd. Fayard, coll. « Les Belles Lettres », 2015  (ISBN 978-2-251-20046-0), p. 64


Le chêne et le veauModifier

Khrouchtchev raconta à Tvardosvsky qu'on avait déjà rassemblé trois volumes de matériaux sur les crimes de Staline, mais que, pour l'heure on ne les publiait pas. « L'Histoire jugera ce que nous avons entrepris. » (Nikita prenait de la hauteur et s'adoucissait chaque fois qu'il parlait de la commune conditions des mortels, de l'exiguïté des délais impartis aux humains. On retrouvait cet accent jusque dans ces discours publics. C'était chez lui un trait chrétien qui échappait à sa conscience. [...])
  • Le chêne et le veau - esquisses de la vie littéraire, biographie, Alexandre Soljenitsyne (trad. René Marichal,), éd. Seuil,, 1975,  (ISBN 978-2020021210), p. 47


Il faut dire que toute la vie m'a davantage accoutumé au pire et que je crois toujours plus facilement au pire ; j'y suis tout disposé. J'étais encore au camp que je faisais déjà mien le proverbe russe : « Ne crois pas au bonheur, ne crains pas le malheur » ; je me suis habitué à vivre selon cette règle et j'espère ne jamais m'en départir...
  • Le chêne et le veau - esquisses de la vie littéraire, biographie, Alexandre Soljenitsyne (trad. René Marichal,), éd. Seuil,, 1975,  (ISBN 978-2020021210), p. 50


On voyait déjà se lever la contre-attaque des staliniens que le myope Khrouchtchev soutenait avec bonhomie. Nous entendîmes de sa bouche que la presse était une arme à longue portée qui devait être contrôlée par le parti ; qu'il n'était pas partisan de la règle « vivre et laisser-vivre » ; que la coexistence idéologique était moralement une vilenie ; et que la lutte ne souffrait pas de compromis.
  • Le chêne et le veau - esquisses de la vie littéraire, biographie, Alexandre Soljenitsyne (trad. René Marichal,), éd. Seuil,, 1975,  (ISBN 978-2020021210), p. 66-67


Six mois après le naufrage de mes archives, il devenait clair comme le jour que cette catastrophe m'avait apporté une pleine liberté de pensée et de confession : non seulement je pouvais proclamer ma foi en Dieu, moi, membre de l'Union des marxiste et athée des écrivains, mais je pouvais également professer n'importe quelle idée politique.
  • Le chêne et le veau - esquisses de la vie littéraire, biographie, Alexandre Soljenitsyne (trad. René Marichal,), éd. Seuil,, 1975,  (ISBN 978-2020021210), p. 133


« C'est quand il est seul que l'homme fort est le plus puissant » - pour l'homme seul, vaut mieux ne pas avoir d'alliés impuissants ; il a les mains plus libres.
  • Le chêne et le veau - esquisses de la vie littéraire, autobiographie, Alexandre Soljenitsyne (trad. René Marichal,), éd. Seuil,, 1975,  (ISBN 978-2020021210), p. 281


DiversModifier

L'international est une aberration, car "inter" signifie "entre" et entre les nations il n'y a aucune culture commune.
  • « Soljenitsyne: favoriser l'autogestion des établissements et la culture nationale », Alexandre Soljenitsyne, Courrier international, nº 255, 21 au 27 septembre 1995, p. XXVII


La Révolution française s'est déroulée au nom d'un slogan intrinsèquement contradictoire et irréalisable : liberté, égalité, fraternité. Mais dans la vie sociale, liberté et égalité tendent à s'exclure mutuellement, sont antagoniques l'une de l'autre! La liberté détruit l'égalité sociale - c'est même là un des rôles de la liberté -, tandis que l'égalité restreint la liberté, car, autrement, on ne saurait y atteindre. Quant à la fraternité, elle n'est pas de leur famille. Ce n'est qu'un aventureux ajout au slogan et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d'ordre spirituel.
  • « Alexandre Soljenitsyne, Un parler libre. Honneur à lui et à sa mémoire ! », Alexandre Soljenitsyne, Texte intégral du discours prononcé par Alexandre Soljenitsyne, le samedi 25 septembre 1993, aux Lucs-sur-Boulogne, pour l'inauguration de l'Historial de Vendée, cité par "Les Nouvelles de Chrétienté" n°141, 25 septembre 1993 (lire en ligne)


Sur Alexandre SoljénitsyneModifier

Quels sont vos rapports avec Alexandre Soljénitsyne?


A.Z. Je n'en ai jamais eu et je ne veux pas en avoir. Comme écrivain, son "œuvre" est médiocre, surévaluée. Et comme penseur, c'est proche de la nullité. Je suis tourné vers l'avenir, et Soljénitsyne, vers le passé.
  • « Le testament d'une sentinelle », Alexandre Zinoviev, propos recueillis par François Busnel et traduits du russe par Valéry Chemelkine., L'Expression, nº (en ligne sur lexpress.fr), 01/03/2005, p. en ligne


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