Alexandre Vialatte

écrivain, critique littéraire et traducteur français

Alexandre Vialatte, né à Magnac Laval (Haute-Vienne) le 22 avril 1901 et mort le 3 mai 1971 à Paris, est un journaliste, traducteur et écrivain français.

Le Fidèle Berger, 1942

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Voir le recueil de citations : Le Fidèle Berger
Ce qu'on ne peut changer ne vaut pas un juron.
  • Le Fidèle Berger, Alexandre Vialatte, éd. Gallimard, 2000, p. 31


À moins de devenir fou, on ne se plaint pas de la tête. Et il n'est personne, sage ou fou, qui ne sache très bien qui n'est pas fou.
  • Le Fidèle Berger, Alexandre Vialatte, éd. Gallimard, 2000, p. 81


Et un homme qui veut s'évader n'est pas tenu d'emporter son bagage !
  • Le Fidèle Berger, Alexandre Vialatte, éd. Gallimard, 2000, p. 117


Ce qu'on ne peut pas changer ne vaut pas une larme.
  • Le Fidèle Berger, Alexandre Vialatte, éd. Gallimard, 2000, p. 146


L'éléphant est irréfutable, 1980

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Le bonheur est dans une idée.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 56


Il vient un âge où l'on pense librement et où l'on n'éprouve plus le besoin d'informer les gens de ce qu'on pense.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 60


Placé en face d'un cas de conscience, l'homme sage choisit toujours la solution la plus facile.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 62


Qui n'a jamais eu peur n'a pas connu la vie. Il n'y a pas de vrai plaisir sans risque.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 74


Quand l'homme n'aura plus rien faire, il fera enfin son métier.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 100


Ce qui abaisse la civilisation, c'est que la plupart des gens ne font pas un métier qu'ils aiment. Leur profession les diminue.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 195


Être inutile est le propre du beau.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 209


Les trésors durent tant qu'on les cherchent.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 209


Il faut se rattraper des lenteurs de la vitesse par la vitesse des choses qu'on eût réglé, sans elle, d'une façon beaucoup plus rapide. La vitesse accélère le retard.
  • L'éléphant est irréfutable, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1989, p. 226


Antiquité du grand chosier, 1984

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C'est le plus beau et le plus humain de la chose : le miracle ne convertit pas.
  • Antiquité du grand chosier, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 74


Faisons confiance aux évènements, ils ne manqueront pas de se produire.
  • Antiquité du grand chosier, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 89


Le rêve est l'excipient de la vie.
  • Antiquité du grand chosier, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 137


L'homme, quoi qu'il fasse, finit toujours par se trouver en caleçon au fond d'un placard.
  • Antiquité du grand chosier, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 207


Le crime est la plus vieille chose au monde. Ce fut le premier geste de l'homme.
  • Antiquité du grand chosier, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 236-237


On ne comprend rien qu'en ne cherchant pas à se rendre compte.
  • Antiquité du grand chosier, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 285


Éloge du homard et autres insectes utiles, 1987

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L'homme n'est pas un être si fort qu'il puisse échapper à la fois au remède et à la maladie.
  • Éloge du homard et autres insectes, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 22


L'excès de justice est une vision.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 35


Ce qu'il y a de fâcheux, c'est qu'en abdiquant le risque, on abdique, en très grande partie, le goût de la responsabilité.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 35


La poésie filtre toujours à travers les fentes de l'insolite.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 40


L'incohérent trouve toujours des échos dans le subconscient de celui qui le contemple. C'est la clef même de l'abîme intérieur.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 41


Un sage qui voudrait être heureux se chercherait des tas d'ennuis.
  • Éloge du homard et autres insectes, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 74


Rien n'est mieux adapté au néant qu'un squelette.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 127


L'histoire propose, le romancier dispose. La vraisemblance a souvent tort d'avoir raison. Un romancier doit être impitoyable.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 182


Tant l'habitude a d'empire sur l'homme; le sentiment, la passion, le faux pli. On voit par là qu'il faut se méfier de soi-même.
  • Éloge du homards et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 218


On ne saurait protéger à la fois le tigre et la victime du tigre. Le difficile est de définir le tigre.
  • Éloge du homard et autres insectes utiles, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 233


Les Champignons du détroit de Behring, 1988

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On croit que l'intérêt mène les hommes. Ce n'est pas vrai : ce sont les passions; et la passion c'est le rêve. Et le rêve c'est le temps perdu. Le temps perdu mène le monde.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 17


Quand on est jeune, on s'imagine que la vieillesse va donner l'impression à l'homme de se désagréger dans un monde qui survit; elle lui donne au contraire l'impression qu'il survit au sein d'un monde qui se désagrège.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 72


Nous n'existons que par la mémoire, par la référence au passé. Et le passé, c'est surtout les autres.
  • Lec Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 74


Nous n'avons droit qu'à des regrets à notre échelle. Aux grands poètes les deuils, à nous les déceptions.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 103


Car l'injustice étant la loi ne peut produire que l'erreur judiciaire, qui la corrige nécessairement.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 177


Car tel est l'homme qui pense sa destinée à l'usage des grands magazines. Il a l'air de tenir le gouvernail de la terre.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 235


Le style, c'est l'exagération.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 259


Il y a un moment où l'on ne peut restituer leur dignité aux hommes qu'en leur faisant l'honneur de n'avoir pas pitié d'eux.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 266


La peine de mort empêche toute récidive. Or, la plupart des criminels se recrutent chez les récidivistes.
  • Les Champignons du détroit de Behring, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1990, p. 295


Chroniques des grands micmacs, 1989

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Le ridicule confère une grande autorité.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 25


La jeunesse a besoin d'évènements. Quand il n'y en a pas, elle en crée.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 92


Les paroles sont la lie, ou la rosée des songes; la trace, le dépôt, l'essentiel. Et l'essentiel reste ineffable, pareil au contour d'une vapeur.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 105


On ne saurait être précis que par l'inexactitude. L'imprécision a beaucoup moins de prestige, mais bien plus de rigueur scientifique.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 133


Une médiocrité bien gérée conduit plus vite aux sinécures qu'un génie mal administré.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 176


Il est des choses que la foudre tire mieux de l'ombre que le soleil.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 264


Toute civilisation se bâtit sur le temps perdu.
  • Chroniques des grands micmacs, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1994, p. 269


Profitons de l'Ornithorynque, 1991

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Où serait le plaisir sans la mauvaise foi ? On en a dit beaucoup trop de mal. Elle aide beaucoup au triomphe des causes. Même des mauvaises. Elle égalise les chances quand un adversaire est perfide. Elle permet de triompher d'un adversaire loyal. Tant d'arguments sont à double tranchant et peuvent se retourner contre qui les emploie ! La mauvaise foi, bien au contraire, sert toujours la cause qui l'emploie. Elle va toujours dans le sens de la cause qu'elle défend.
  • Profitons de l'Ornithorynque, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1991, p. 75


La porte de Bath-Rabbim, 1986

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Il y a des choses qui dépassent l'homme comme le vin dépasse le vigneron. Il y faut une saison heureuse.
  • La porte de Bath-Rabbim, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1986, p. 15


La prose n'est que le caviar qu'on mange, la poésie celui qu'on voudrait manger.
  • La porte de Bath-Rabbim, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1986, p. 35


Qui ponctue mal ne pense pas bien.
  • La porte de Bath-Rabbim, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1986, p. 68


L'orgueil est quelquefois plus fort que la paresse.
  • La porte de Bath-Rabbim, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1986, p. 225


On a tout essayé pour trouver du nouveau : le roman sans histoire, le roman sans personnages, le roman ennuyeux, le roman sans talent, peut-être même le roman sans texte. La bonne volonté a fait rage. Peine perdue, on n'est parvenu à créer que le roman sans lecteur. C'est un genre connu depuis longtemps !
  • La porte de Bath-Rabbim, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1986, p. 153


Dernières nouvelles de l'homme, 1978

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L'homme propose, l'insecte le mène.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 35


La désobéissance arrivée au pouvoir juge celles qui lui désobéissent. L'objection de conscience est permise au défaitiste, ou même au traître, et refusée au patriote.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 58


Une enfance sans grenier est comme un cheval sans ailes : Pégase sans ailes n'est plus qu'un percheron.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 60


La main commence, l'esprit s'adapte. Le hasard catalyse l'idée, l'obstacle inspire.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 87-88


Je revois encore la salle de classe. J'avais affaire à des élèves-maîtres, qui venaient enseigner tour à tour, dirigés par l'instituteur. Plusieurs d'entre eux étaient des nègres : M. Buffon, M. Sénèque. Ils arrivaient de la Martinique et prononçaient les « r » avec difficulté ; c'est pourquoi ils nous exerçaient à répéter cette phrase magique, qu'on devait leur faire dire à eux-mêmes : « Un très gros rat dans un très grand trou ». Ils nous apprenaient, en histoire, à détester l'odieux Louis XV qui avait bradé les colonies, et nous disaient que nos aïeux étaient blonds : les nôtres, les leurs, les Gaulois. C'étaient les mêmes. Et ils avaient cent fois raison : on a les aïeux qu'on mérite. Ils avaient choisi les Gaulois, qui leur apportaient, en passant par les Romains et la Révolution, la République et la Patrie. Après quoi, ils se firent tuer pour leurs ancêtres adoptifs. Nous avions tout mis en commun, nos rois, nos origines, la prise de la Bastille, la haine de Louis XV et les « r » difficiles. Quand nous hésitions à répondre, ils nous tapaient sur le crâne avec un long roseau. Je n'ai cessé de leur en garder une affectueuse gratitude. On m'a expliqué depuis que je ne les aimais pas, que je les battais, qu'ils n'aimaient pas la France et que j'étais un colonialiste. On est venu me raconter que je n'étais pas leur frère. J'en demande pardon à ces parfaits Français.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1978, p. 91


Les hommes ne savent pas bien ce qu'ils disent, ou agissent rarement comme ils pensent.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 96


Ce n'est pas avec les bons sentiments qu'on fait de la bonne littérature, ni avec les mauvais mais avec les violents; avec l'intense.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 108


Les causes appellent surtout ceux qui vont les chercher.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 179


Nous vivons d'habitude. Les enfants sont déçus quand on change un seul mot d'une histoire qu'ils connaissent. Et pourtant la loi de l'art est qu'il faut étonner.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 237


Que la science réalise les rêves, le rôle de la littérature est de rêver de la réalité.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 250


Sans naïveté, il n'y a pas de création.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 259


C'est en étant d'accord sur le vocabulaire qu'on a pu aller dans la Lune.
  • Dernières nouvelles de l'homme, Alexandre Vialatte, éd. Julliard, 1982, p. 271


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