Anne Brontë

écrivaine britannique
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Anne Brontë (19 janvier 1820 - 28 mai 1849) est une romancière britannique, sœur de Charlotte Brontë et d'Emily Brontë.

RomanModifier

La Recluse de Wildfell Hall, 1848Modifier

Je souhaitais dire la vérité, car la vérité exprime toujours sa propre morale à qui sait la voir. Mais, puisque l’inestimable trésor est trop souvent caché au fond du puits, il faut du courage pour s’enfoncer à sa recherche, d’autant qu’on a toute chance de récolter plus de mépris et d’opprobre à plonger dans la boue et l’eau, que de remerciements pour le joyau exhumé ; de même, qui entreprend de nettoyer l’intérieur d’un célibataire négligent se verra davantage reprocher la poussière soulevée que félicité pour l’ordre qu’il instaure.
  • « Préface » (trad. Guillaume Villeneuve), dans La Recluse de Wildfell Hall (1848), Anne Brontë (trad. Frédéric Klein, Georges Charbonnier et André Frédérique), éd. Phébus, 2007  (ISBN 978-2-7529-0310-5), p. 3


Lorsqu’on traite du vice et de caractères vicieux, je soutiens qu’il vaut mieux les peindre comme ils sont vraiment plutôt que comme ils voudraient l’être. Représenter le mal sous le jour le moins blessant, voilà sans doute la route la plus commode pour l’auteur de fiction, mais est-ce la plus honnête, ou la plus sûre ? Vaut-il mieux révéler les pièges et les chausse-trapes de la vie au voyageur jeune et irréfléchi, ou les couvrir de branches et de fleurs ? Ô lecteur ! Si l’on s’interdisait davantage ces délicates dissimulations des réalités, ces « Paix ! Paix ! » chuchotés là où il n’y a pas de paix, péchés et souffrances ne toucheraient pas tant la jeunesse des deux sexes, réduite à extraire l’amère vérité de l’expérience.
  • « Préface » (trad. Guillaume Villeneuve), dans La Recluse de Wildfell Hall (1848), Anne Brontë (trad. Frédéric Klein, Georges Charbonnier et André Frédérique), éd. Phébus, 2007  (ISBN 978-2-7529-0310-5), p. 4


Je suis pour moi assuré qu’un bon livre ne doit pas son excellence au sexe de son auteur. Tous les livres sont écrits — ou devraient l’être — pour être lus des hommes comme des femmes, et je ne vois pas pourquoi un homme se permettrait d’écrire ce qui serait vraiment déshonorant chez une femme, et pas davantage pourquoi l’on reprocherait à une femme d’écrire ce qui serait convenable et bienséant chez un homme.
  • « Préface » (trad. Guillaume Villeneuve), dans La Recluse de Wildfell Hall (1848), Anne Brontë (trad. Frédéric Klein, Georges Charbonnier et André Frédérique), éd. Phébus, 2007  (ISBN 978-2-7529-0310-5), p. 5


Lorsque je te conseille de ne pas te marier sans amour, cela ne veut pas dire que l'amour seul suffit… il y a bien d'autres questions à envisager. Garde ton cœur et ta main le plus longtemps possible, ne les donne pas sans réfléchir. Si tu ne trouves jamais le mari idéal, console-toi en te disant que si les joies du célibat ne sont pas nombreuses, les douleurs du moins n'en sont jamais insupportables. Il est possible que ta vie de femme mariée soit plus heureuse que ta vie de jeune fille, mais bien souvent c'est le contraire qui se produit.
  • La Recluse de Wildfell Hall (1848), Anne Brontë (trad. Guillaume Villeneuve (Préface), Frédéric Klein, Georges Charbonnier et André Frédérique), éd. Phébus, 2007  (ISBN 978-2-7529-0310-5), p. 374


Agnès Grey, 1859Modifier

il n’y a rien comme un esprit joyeux pour tenir le corps en santé.
  • Agnès Grey, Anne Brontë (trad. Ch. Romey et A. Rolet), éd. Ch. Lahure et Cie, 1859, chap. Agnès Grey, p. 235-240 (texte intégral sur Wikisource)


Le meilleur moyen d’être heureux est de faire le bien et de ne haïr personne. Le but de la religion n’est pas de nous apprendre comment il faut mourir, mais comment il faut vivre ; et plus tôt l’on devient sage et bon, mieux on assure son bonheur.
  • Agnès Grey, Anne Brontë (trad. Ch. Romey et A. Rolet), éd. Ch. Lahure et Cie, 1859, chap. Agnès Grey, p. 353-356 (texte intégral sur Wikisource)


Le cœur humain est comme le caoutchouc : un faible effort l’allonge, un grand ne le rompt pas. Si un peu plus que rien peut le troubler, il ne faut guère moins que tout pour le briser.
  • Agnès Grey, Anne Brontë (trad. Ch. Romey et A. Rolet), éd. Ch. Lahure et Cie, 1859, chap. Agnès Grey, p. 284-290 (texte intégral sur Wikisource)


Que ceux qui ont la beauté s’en montrent reconnaissants et en fassent bon usage, comme de tout autre talent ; que ceux qui ne l’ont pas s’en consolent et fassent de leur mieux pour s’en passer.
  • Agnès Grey, Anne Brontë (trad. Ch. Romey et A. Rolet), éd. Ch. Lahure et Cie, 1859, chap. Agnès Grey, p. 313-322 (texte intégral sur Wikisource)


Je me demandais pourquoi tant de beauté avait été donné à qui en faisait un si mauvais usage et refusée à quelques-unes qui en eussent fait un bienfait pour elles et pour les autres.
  • Agnès Grey, Anne Brontë (trad. Ch. Romey et A. Rolet), éd. Archipoche, 2012, chap. Chapitre 14, p. 177


Toutes les histoires vraies portent avec elles une instruction, bien que dans quelques-unes le trésor soit difficile à trouver, et si mince en quantité que le noyeau sec et ridé ne vaut souvent pas la peine que l'on a eue de casser la noix.
  • Agnès Grey, Anne Brontë, éd. Archipoche, 2012, chap. chapitre 1. Le presbytère, p. 15


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