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Croisades

pèlerinage armé

Léon Bloy, La Femme pauvre, 1897Modifier

[...] la folie des Croisades est ce qui a le plus honoré la raison humaine.
  • La Femme pauvre, Léon Bloy, éd. Mercure de France, coll. « Folio », 1980, p. 234


Michel Foucault, «Il faut défendre la société», 1976Modifier

Les Croisades, comme grand cheminement vers l'au-delà, sont pour Boulainvilliers l'expression, la manifestation de ce qui se passait lorsque cette noblesse a été entièrement tournée vers le monde de l'au-delà, cependant que dans l'en-deçà, c'est-à-dire sur leurs terres mêmes, au moment où ils étaient à Jérusalem, qu'est-ce qui se passait ? Le roi, l'Église, l'ancienne aristocratie gauloise manipulaient les lois en latin qui devaient les déposséder de leurs terres et de leurs droits.

  • «Il faut défendre la société», Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. « Hautes Études », 1997  (ISBN 978-2-02-023169-5), Cours du 18 février 1976, p. 137


René Girard, Achever Clausewitz, 2007Modifier

On peut se demander dans quelle mesure les excès des Croisades, au XIIIe siècle, ne sont pas une réponse mimétique au djihad, dont nous subissons aujourd’hui les conséquences en Europe et au Proche-Orient. Que d’énergie perdue pour conquérir un tombeau vide !


N’avoir d’autre énergie que celle de piller des nations étrangères, c’est ce que les Croisades ont commencé. La Quatrième aura été, de ce point de vue, la plus caricaturale, lâchant une bande d’antiquaires dans cette formidable accumulation de luxe qu’était Constantinople.


Gustave Le Bon, La civilisation des Arabes, 1884Modifier

Une des plus funestes conséquences des croisades fut d'avoir établi pour des siècles l'intolérance dans le monde, et de lui avoir donné ce caractère de cruauté barbare qu'aucune religion n'avait connu encore. Avant les croisades, l'intolérance était assez grande, mais il était rare qu'elle allât jusqu'à la cruauté. Pendant les croisades, elle acquit un degré de frénésie furieuse qui se prolongea presque jusqu'à nos jours. Habitué à verser le sang, le clergé appliqua bientôt à la propagation de la foi et à l'extinction des hérésies les procédés d'extermination appliqués d'abord aux infidèles. La moindre velléité d'opposition lui paraissait digne des plus affreux supplices. Les massacres des Juifs, des Albigeois et des diverses catégories d'hérétiques, l'Inquisition, les guerres de religion et toutes ces luttes qui ensanglantèrent l'Europe pendant si longtemps, furent les conséquences du funeste esprit d'intolérance développé par les croisades
  • La Civilisation des Arabes (1884), Gustave Le Bon, éd. La Fontaine au Roy, 1990, p. 350


Cécile Morrisson, Les Croisades, 2003Modifier

Le mot de « croisade » est rare et tardif : il n'apparaît pas dans le latin médiéval avant le milieu du XIIIe siècle et son correspondant arabe (hurub assalibiyya = la guerre pour la croix) ne date que de 1850. Les croisades sont, en effet, longtemps restées, aux yeux des Orientaux, des guerres comme les autres menées par les Francs.
  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. « Que sais-je? », 2003  (ISBN 2-13-053229-2), p. 3


L'élan collectif provoqué par la prédication de la Ire Croisade surprit même son initiateur, le pape Urbain II, et n'a pas encore cessé de nous étonner.
  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. « Que sais-je? », 2003  (ISBN 2-13-053229-2), p. 7


Aux excès des premiers croisés lors de la prise de Maarat an Numan ou de Jérusalem — un trait classique de tout assaut quels que soient les assaillants — avaient succédé une cohabitation acceptable.
  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. « Que sais-je? », 2003  (ISBN 2-13-053229-2), p. 118


Les croisades ont-elle produit pour autant une grande impression dans le monde musulman ? Celui-ci ignore leurs motifs religieux — il n'existe pas de terme particulier pour désigner les croisés, qui restent des « Francs » — et ces expéditions fort amoindries au demeurant quand elles parvenaient en Syrie, ne semblent pas plus menacer les pays islamiques que les offensives byzantines de la fin du Xe siècle.
  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. « Que sais-je? », 2003  (ISBN 2-13-053229-2), p. 118


[…] l'unité islamique ne peut se comparer à celle de la chrétienté occidentale.
  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. « Que sais-je? », 2003  (ISBN 2-13-053229-2), p. 119


Il serait faux de croire que les croisades ont provoqué des « contre-croisades » : si les vieux thèmes du djihad ainsi que la place de Jérusalem parmi les lieux saints islamiques ont connu un regain d'intérêt au XIIe siècle, la guerre sainte a plus été le moyen de rassembler la Djazira et la Syrie, les Arabes et les Kurdes, la Syrie et l'Égypte et d'éliminer les chiites, que le mobile de cette unification politique et religieuse.
  • Les croisades, Cécile Morrisson, éd. PUF, coll. « Que sais-je? », 2003  (ISBN 2-13-053229-2), p. 119


Régine Pernoud, Les Hommes de la Croisade, 1982Modifier

L'histoire des croisades a particulièrement retenu l'attention des historiens : rappelons seulement le grand nom de René Grousset et, après lui, ceux d'un Jean Richard ou d'un claude Cahen, qui, utilisant systématiquement les sources arabes à côté des sources occidentales, ont marqué une étape considérable dans la connaissance des royaumes latins d'Orient ; ou encore, à l'étranger, d'un Runciman, d'un Stevenson, et cette admirable synthèse que constitue la grande Histoire des Croisades publiée par l'université de Philadelphie.
  • Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud, éd. Fayard/Tallandier, 1982  (ISBN 2-213-01223-7), p. 7


Les croisades représentent (...) l'un des points culminants de l'histoire du Moyen Age : aventure unique en son genre, ni migration ni colonisation, mené par des volontaires, et des volontaires fournis par tous les peuples de l'Europe, en dehors de toutes ressources régulières et de toute organisation centralisée ; tout cela compose pour nous un spectacle assez surprenant et amène à se poser quelques questions sur les hommes qui y jouèrent un rôle.
  • Les Hommes de la Croisade, Régine Pernoud, éd. Fayard/Tallandier, 1982  (ISBN 2-213-01223-7), p. 7


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