Delphine de Girardin

femme de lettres et journaliste française
Delphine de Girardin.

Delphine de Girardin, née Delphine Gay, le à Aix-la-Chapelle et morte le à Paris, est une écrivaine et journaliste française.

Lettres parisiennes, 1843Modifier

Le bonheur n'est pas autre chose que cela, une suite de petites joies, de niais contentements, de satisfactions imbéciles : chacun les prend selon ses goûts et son caractère ; mais le bonheur est là, il ne faut pas le chercher ailleurs. Un regard, un mot, un sourire pour ceux qui aiment ; un chapeau bien fait pour celle-ci, un bouquet de violettes pour celle-là ; un bon dîner pour les uns, une bonne rime pour les autres ; une promenade en bateau ; des fraises nouvelles ; un livre amusant ; une jolie romance ; du feu en hiver ; de la glace en été ; du vin passable pour le pauvre ; un cheval anglais pour le riche : tels sont les détails, les ingrédients dont se compose le bonheur. Depuis des siècles on se figure que le bonheur est une grosse belle pierre précieuse qu'il est impossible de trouver, que l'on cherche, mais sans espérance. Point du tout, le bonheur, c'est une mosaïque composée de mille petites pierres qui, séparément et par elles-mêmes, ont peu de valeur, mais qui, réunies avec art, forment un dessin gracieux.
  • Lettres parisiennes, Delphine de Girardin, éd. Charpentier, 1843, Lettre XII, 14 juin 1837, p. 131


Ah ! quel bonheur d’être libre, libre de la plus belle de toutes les libertés, celle de la pensée ; de ne porter la chaîne d’aucun parti, d’être indépendant du pouvoir, et de n’avoir fait aucune alliance avec ses ennemis ; de n’avoir à défendre ni la sottise des uns, ni la mauvaise foi des autres ; de n’être responsable des actions de personne, de pouvoir agir en son nom et pour soi ; de ne rendre compte qu’à Dieu seul de sa vie ; de n’attendre d’avis que de sa conscience ; de se fier sans crainte à ce pur instinct de la vérité que le ciel a mis en nos cœurs, et que nous avons nommé la foi ; d’admirer sans se croire flatteur, d’être juste sans se croire généreux ; de chercher le bon côté de toutes les choses, comme l’abeille cherche le miel de toutes les fleurs ; de regarder avec un œil pur, d’écouter avec une oreille indépendante ; de voyager sans ordre, et de s’arrêter, selon sa fantaisie, là où le site est plus beau, là où le soleil est plus brillant ; de n’avoir pas besoin de demander à qui appartient un pays, pour savoir si l’on doit s’y plaire ; de n’avoir pas besoin de demander le nom d’un acteur, pour savoir s’il faut l’applaudir ; de retenir indifféremment tous les airs, s’ils sont harmonieux ; de s’enivrer impartialement de tous les parfums, de s’amuser de tous les esprits, de jouir de tous les talents, quelles que soient les couleurs dont ils se parent, d’honorer tous les courages, quelle que soit la bannière qu’ils défendent.
  • Lettres parisiennes, Delphine de Girardin, éd. Henri Plon, 1861, t. Œuvres complètes de Delphine de Girardin. Tome IV, chap. 1837, p. 119-124 (texte intégral sur Wikisource)


En France, excepté les bas bleus, toutes les femmes ont de l’esprit..
  • Lettres parisiennes, Delphine de Girardin, éd. Henri Plon, 1861, t. Œuvres complètes de Delphine de Girardin. Tome V, chap. 1844, p. 240-250 (texte intégral sur Wikisource)


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