Gustav Mahler

compositeur et chef d'orchestre autrichien

Gustav Mahler né à Kaliště dans l'Empire d'Autriche le 7 juillet 1860 et mort à Vienne le 18 mai 1911, est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste autrichien.

Gustav Mahler (1909).

CitationsModifier

La conception et la création d'une oeuvre sont mystiques d'un bout à l'autre; On est poussé inconsciemment, comme si on était sous l'emprise d'une volonté extérieure, à créer quelque chose dont on reconnaît à peine l'origine par la suite. Je me sens souvent comme la poule aveugle qui a trouvé un diamant.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 33


[Excepté peut être pour les plus grands génies] pour moi la création artistique est comparable à une perle, qui, née des grandes souffrances de l'huître, offre au monde son trésor.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 43


[...] Le but de l'art me paraît toujours être la libération suprême vis à vis de la douleur et le moyen de la transcender [...].
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 58


La composition exige la plus sévère des auto-critiques. Dans n'importe quelle belle œuvre il ne faut pas permettre que les proportions, la construction, la progression, etc. soit malmenées. Chaque chose doit se tenir à sa place, en lien organique avec l'ensemble et en corrélation harmonieuse avec toutes les parties.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 84


[La devise de Mahler] Quoi que tu fasses, fais-le aussi bien que tu le peux !
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 93


Le plus important dans la composition est la clarté de la ligne ; que chaque voix soit chantante, comme dans le quatuor vocal, qui est la pierre de touche, la balance à peser de l'or. Dans un ensemble de cordes cette transparence joue encore. Plus l'orchestre est grand, moins c’est évident, mais la règle reste valable. De la même façon que les formes les plus parfaites de la plante, la floraison et les milliers de branches d'un arbre se développent à partir du modèle d'une simple feuille ; de même que la tête humaine n'est rien d'autre qu'une vertèbre ; de même les lois de la polyphonie vocale doivent être observées dans la pureté de leurs lignes jusque dans le tissu orchestral le plus complexe.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 100


Nous tirons probablement tous nos rythmes et thèmes originels de la Nature, qui nous les offre déjà, pleins de significations, dans chaque son animal. C'est ainsi que l'homme et en particulier l'artiste emprunte la forme et la substance au monde qui l'entoure, évidemment dans un sens tout à fait différent et élargi. Soit qu'il se sente dans une heureuse et harmonieuse unité avec la Nature, soit qu'il se tienne vis-à-vis d'elle dans une opposition douloureuse ou hostile et négative, soit qu'il cherche à en finir avec elle, d’un point de vue supérieur, avec l'humour ou avec l'ironie : sur son attitude envers elle s'établit la base, au sens le plus précis du terme, de son style artistique, qu'il soit sublime, sentimental, tragique, ou humoristique et ironique.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 124


Un « musicien » (c'est à dire un artisan) ne suffit pas, même s'il maîtrise très bien les difficultés techniques ou ce qui relève de la mesure. Ce qu'il faut, c'est un être humain complet et supérieur, qui puisse méditer et éprouver ce que le compositeur a lui-même pensé et ressenti quand il a créé son œuvre.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 149


Comme je déteste vivre sous les feux de la rampe ! Et comme les gens vous admirent et rampent devant vous ! Je voudrais vraiment leur dire à quel point je me sens pitoyable et humble, et que je n'attends rien d'autre de ma position, que de faire mon devoir.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 151


La musique doit toujours contenir un ardent désir pour ce qui est au-delà de ce monde.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 178


La composition est comme un jeu avec des pierres de construction ; il en résulte toujours un bâtiment nouveau avec les mêmes pierres. Les pierres sont là dès la jeunesse, qui est le seul moment pour les assembler et les conserver ; tout est fixé dès lors.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 179


Il ne faut pas s'imaginer qu'une pensée véritablement remplie de signification artistique peut tomber dans le sein de quelqu'un par hasard ! S'il y a quelque chose qui est vraiment le signe de la grâce divine, c'est bien l'invention ; si on pouvait avoir des idées comme des gains dans un jeu de loterie, il suffirait de miser suffisamment souvent (de jouer !) et peut-être que quelque chose de tout à fait marquant tomberait par chance. Mais tout enjeu ici est vain ; si l'on n'a pas reçu le gros lot du ciel dès le berceau, aucun hasard aveugle ne vous fera de cadeau !
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 186


Ce ne sont pas seulement les performances exceptionnelles de la voix ou de l'art du chanteur, prises isolément, qui produisent la plus grande impression. Cela vient de ce que toute une forme, pleine de chaleur et de vie, est donné à voir. Si c'est le cas, quelques passages peuvent être plus ou moins bien réussis, et cela ne gênera pas trop ; mais la personnalité, qui se prête ainsi à un rôle, de façon à l'éveiller pleinement à la vie, en se sacrifiant elle-même, se grave dans les auditeurs plus profondément que le plus brillant petit morceau de virtuosité.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 204


[Lors d'une promenade à vélo, Mahler évitait d'écraser sur la route tous les petits scarabées] J'ai de plus en plus conscience que chacun d'eux est aussi un individu, dont il faut respecter la vie ; de la même façon, notre être dépend certainement de la protection d'entités cent fois plus élevées que nous (comme notre Terre, qui est sûrement l'une de ces individualités supérieures).
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 207


La plupart des gens n'ont aucune idée de ce que signifie respecter la liberté personnelle de quelqu'un. Tout est bon seulement pour satisfaire leur désir immédiat, enfantin, de la même façon qu'ils arrachent les fleurs, tuent ou capturent des animaux sans raison, et bien d'autres choses dans le genre.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 209


Les gens croient toujours que la Nature se tient à la surface ! C'est vrai, en ce qui concerne ses aspects extérieurs. Mais ceux qui, devant la Nature, ne sont pas impressionnés par son mystère infini, par sa divinité (que nous pouvons seulement pressentir, mais non comprendre et pénétrer), ceux-là ne peuvent l'approcher. [...] Une trace de cet infini, qui est dans la Nature, doit se retrouver dans chaque oeuvre d'art, comme un reflet.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 211


La musique laisse la poésie loin derrière elle ; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu'ils n'arriveront jamais à faire avec des mots.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 211


Je m'en aperçois de plus en plus : on ne compose pas. On est composé.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 212


On sait que notre second moi est actif pendant le sommeil, qu'il grandit, évolue et apporte ce que le vrai moi cherchait et désirait en vain. Le créateur en particulier possède d'innombrables preuves de cela. [...] La plupart des hommes n'ont pas encore découvert ce second moi, ils le fuient et l'assomment dans les va-et-vient et les fréquentations ; ils ne savent pas que leur salut se tient dans la solitude, où il commence aussitôt, une fois installé et sans qu'on le remarque, à fonctionner et à créer.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 212


Dans Bach se trouvent tous les germes vivants de la musique réunis, comme le monde est en Dieu. Il n'y a jamais eu de polyphonie plus grande ! [...] Et c'est une sottise, tout le bavardage à propos de ses prédécesseurs qui mènent vers lui et qui lui ont préparé la voie ! Il se tient là, tout à fait solitaire et sans intermédiaires ; il est tombé du ciel comme un monde nouveau, comme tout génie justement. La merveille de sa polyphonie est inouïe, non seulement pour son temps, mais pour tous les temps.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 244, 251


[Incité par un ami à faire davantage pour la création et la diffusion de ses œuvres, Mahler a rétorqué :] Elles feront tôt ou tard le nécessaire : faut-il être là en personne, quand on devient immortel ?
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 247


Le chanteur intelligent façonne, amène la note à partir du mot et lui donne ainsi un contenu et une âme, qui se communiquent à tous. Le chanteur inintelligent lance la note sans articuler, il se contente de la porter sur le plan sonore, sans penser au texte, sans égard pour sa compréhension ni son contenu ; mais il plaque sur ceux-ci la mélodie, comme une chose qui ne lui est rattachée qu’extérieurement et accidentellement, sans poids et sans signification ; pour l'auditeur, ni le texte ni l'action ne sont compréhensibles, pas plus de l'intérieur que de l'extérieur, et il n'y prend aucun intérêt.
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Natalie Bauer-Lechner (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 260


[Sur les raisons de croire en Dieu] N'est-ce pas, quand vous voyez une machine compliquée, une automobile, allez-vous contester l'existence d'une force motrice, sous prétexte que vous ne la voyez pas ? Et chez les êtres humains, ne croyez-vous pas qu'il existe une telle force motrice invisible ?
  • Souvenirs de Gustav Mahler, Ernst Decsey (trad. Isabelle Werck), éd. L'Harmattan, 1998, p. 288


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