Hubert Reeves

astrophysicien, communicateur scientifique et écologiste franco-canadien

Hubert Reeves, né à Montréal le 13 juillet 1932, est un astrophysicien franco-québécois. Écologiste engagé par ailleurs, il plaide pour la préservation de la biodiversité comme moyen de sauvegarder les espèces, y compris l'espèce humaine.

Hubert Reeves (2014).
Hubert Reeves (2015).

Patience dans l'azur (1981)Modifier

Les mots sont modelés sur des objets à notre échelle. Ils ont acquis leur efficacité en s'adaptant à des phénomènes ou à des évènements de notre monde quotidien. Aussi quand on aborde des réalités à une autre échelle, les mots deviennent facilement des obstacles.
  • Patience dans l'azur, Hubert Reeves, éd. du Seuil, 1988, p. 52


Poussières d'étoiles (1984)Modifier

On m'a dit : Tu n'es que cendres et poussières. On a oublié de me dire qu'il s'agissait de poussières d'étoiles.
  • Tirée d'une lettre écrite par une lectrice de Patience dans l'azur.
  • Poussières d'étoiles, Hubert Reeves, éd. du Seuil, 1984, p. 9


Hubert Reeves : conteur d'étoiles (2002)Modifier

Bob Wilson, un des principaux acteurs [de la confection de la bombe atomique], a dit : « on savait que la bombe allait être chargée, personne ne savait si elle allait exploser. » C'était vraiment un tout début. Et on attendait, on attendait... Puis notre première réaction, quand on a appris que la bombe avait explosé, ça a été « bravo ! » Mais tout de suite après, Bob Wilson a dit : « je me suis mis à vomir, je suis rentré chez moi, en me disant que jamais plus je ne travaillerais sur des choses comme ça. » Il y avait eu 100 000 morts. Hans Bethe est devenu immédiatement un pacifiste. Il a combattu, par exemple, le projet de bombe hydrogène qui allait être fait plus tard. Mais Edward [Ted] Taylor, par exemple, qui est un peu Dr Strangelove – Docteur Folamour – qu'on retrouve dans le film de Kubrick, lui, est resté complètement... : « C'était très bien, il fallait le faire, il faut continuer, il faut faire la bombe hydrogène parce que les Russes vont la faire. » Il y a eu tous les cas de figure.
  • Hubert Reeves parle ici des physiciens qu'il a eu comme professeurs ou qu'il a côtoyés lorsqu'il était étudiant en astrophysique à l'Université Cornell. Certains participèrent au projet Manhattan et/ou s'engagèrent plus tard dans la course à l'armement nucléaire. Son texte contient d’ailleurs une erreur, car Hubert Reeves y mentionne Edward [Ted] Taylor, confondant peut-être avec un autre physicien, Richard Edward Taylor (1929 - 2018), un canadien, alors qu’il pense manifestement à Edward Teller (1908 - 2003) né à Budapest et mort à Stanford, un physicien nucléaire hongro-américain qui après sa participation au Projet Manhattan fut aux USA un chercheur surdoué doublé d’un promoteur infatigable et fanatique de la bombe nucléaire.
  • Office national du film., Hubert Reeves : conteur d'étoiles (2002), écrit par Iolande Cadrin-Rossignol


Frédéric Lenoir, philosophe : Tu dis très souvent, dans tes livres, dans tes conférences, que la science n'a pas vocation à répondre aux questions fondamentales – « Dieu existe-t-il ou pas ? », « Y a-t-il un sens de la vie et de la mort ? » – ça me paraît très juste et je trouve très bien que, en tant que scientifique, tu te positionnes sur les limites de la science. Alors qu'il y a d'autres scientifiques qui vont vous dire : « Dieu n'existe pas parce que je ne l'ai pas vu au bout de mon télescope » !
Hubert Reeves : Moi, personnellement, je ne crois pas, mais c'est là une croyance – je ne peux pas donner de preuves – je ne crois pas que ce soit le pur hasard. Je crois que le hasard, tout seul, ne peut pas faire Mozart ou Beethoven. Tu vois ? C'est quand je suis au concert, quand je suis pris dans une musique magnifique, j'ai ce qu'on appelle une intime conviction, mais je ne peux pas prouver – une intime conviction c'est précisément ce qu'on sent, ce qu'on ne peut pas prouver, mais on en a […] – mon intime conviction c'est qu'il y a quelque chose, ce n'est pas le fruit du pur hasard. Mais si on me demande quoi, je leur dis : « je n'en sais rien ! »
  • Office national du film., Hubert Reeves : conteur d'étoiles (2002), écrit par Iolande Cadrin-Rossignol


Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature, que l'humanité peut très bien disparaître, que nous ne sommes pas une espèce sacrée, qu'il y a eu 10 millions d'espèces animales jusqu'ici, que neuf millions ont été éliminées... On n'est pas l'espèce élue, comme on l'a cru pendant longtemps ; la nature peut très bien se passer de nous. Et elle ne nous éliminera pas ; c'est nous qui pourrions nous éliminer. Et si nous nous éliminons, la nature ne fera pas particulièrement un deuil, mais elle continuera à développer d'autres espèces, en espérant que ces espèces seront plus en mesure de se préserver et de ne pas se détruire.
  • Office national du film., Hubert Reeves : conteur d'étoiles (2002), écrit par Iolande Cadrin-Rossignol


Je chemine avec Hubert Reeves (2019)Modifier

Arriver à tirer le meilleurs de chaque étudiant en partant de là où il est – ses acquis, ses compétences, mais aussi ses lacunes et ses difficultés – devrait être la bonne attitude dans toute volonté d'enseignement.


Quand tu es une personne connue, ta parole a plus de poids. Et il y a des choses à dire. C'est un des moteurs de mon activité en faveur de l'écologie. Il faut expliquer, partager, il faut que les gens sachent. Je fais un rêve qui revient souvent. On est dans une maison, il y a une fête, on mange. Et puis, tout à coup, je sens la fumée. Je me dis : « Il y a le feu ! » Je regarde autour de moi et je vois que personne ne réagit. Je m'alarme : « C'est grave, la maison flambe et personne ne réagit. » Comme disait Jacques Chirac, il ne faut pas cesser de dire aux gens que la maison brûle, même si pour le moment ils continuent de regarder ailleurs.


Nous sommes dans un équilibre (social, écologique, politique, etc.) tout à fait précaire. [...] je rejoins les collapsologues : les systèmes actuels sont tellement fragilisés et en équilibre les uns par rapport aux autres qu'un effondrement est possible (ce qui a failli arriver avec la crise financière de 2008).


J'aime l'idée que les choses apparemment les plus certainement prévisibles puissent être déviées de leur trajectoire et donner finalement tout à fait autre chose. Pour moi, c'est l'un des aspects les plus intéressants de la science.


Je suis inquiet de savoir si la planète sera habitable dans cinquante ans, ce dont je ne suis pas sûr du tout.


Savoir que tu es capable de mener à bien des réalisations que d'autres personnes apprécient et approuvent, c'est essentiel.


La cause qui s'impose aujourd'hui : garder la Terre habitable et agréable à vivre.
  • En réponse à la question « Quelle cause veux-tu défendre ? »


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