Jean-Yves Leloup

théologien, prêtre et écrivain français

Jean-Yves Leloup né en 1950 à Angers est un théologien, écrivain, philosophe et prêtre français. Il est l'auteur de près de quatre-vingt dix ouvrages traitant de spiritualité chrétienne.

Jean-Yves Leloup en 2017.

Il a traduit et commenté les évangiles canoniques et apocryphes, notamment de la bibliothèque de Nag Hammadi, selon Thomas, Philippe et Marie (Marie-Madeleine), ainsi que l'Évangile selon Jean et l'Apocalypse. Il rappelle les traditions primitives, méditatives et monastiques de l'Église orthodoxe (Mont Athos, Hésychasme) et l'enseignement des Pères de l'Église, notamment des Pères du désert, et en particulier d'Évagre le Pontique. Il s'intéresse aux thérapeutes décrits par Philon d'Alexandrie, à la part du féminin dans l'histoire du christianisme, et bien qu'enraciné en Occident, à l'ouverture vers les autres traditions spirituelles.

Sur la traductionModifier

Les langues sémitiques, faites d’images, transmettent davantage des « visions », des suites d'images. Une langue aussi exacte que le français a bien du mal à les représenter.


Traduire le Cantique des Cantiques en français, c’est mettre un étalon sauvage dans une écurie, « modèle » sans doute, mais ô combien étroite ! Pourtant, il faut oser.


Il s'agira bien ici d’un « essai de traduction », c’est-à-dire qu’on « essaie » d’approcher le cheval sauvage, sans trop le domestiquer (cela lui ferait perdre sa nature), sans lui laisser trop de liberté non plus (trop de ruades à la langue française, trop d’hébraïsme rendrait le texte illisible).
  • « La pensée métaphorique de la traduction », Claire Placial , Langues de feu. Hypothèses.org, nº n. c., 29 janvier 2012, p. n. c. (lire en ligne)


Sur l'insatisfactionModifier

C’est sa parenté avec l'infini qui fait de l'homme un animal insatisfait, un être de désir.
  • « Erôs et relation », Natalie Depraz, Alter, nº 20, 2012, p. 27-38 (lire en ligne)


La question du sens de la vieModifier

Plutôt que de réfléchir sur le sens de la vie, il s'agit de la vivre. Et le sens se révèle dans l'intensité avec laquelle nous vivons cette vie-là. Sinon, nous nous posons en dehors de la vie, et nous nous observons en train de vivre...
  • Jean-Yves Leloup tient ces propos dans Aimer… malgré tout; Éditions Dervy, page 16.
  • « La lecture des signes et l'émergence du sens », François Rosselet, InfoKara, vol. 19 nº 2, 2004, p. 41-42 (lire en ligne)


La meilleure religionModifier

« Il n’y a pas d’autre réalité que la Réalité » . Saint Augustin disait que dans l'église beaucoup de personnes portent l’étiquette « chrétien » ou « catholique », alors que leur comportement n'incarne nullement les qualités que le Christ a lui même incarnées. Il y a des personnes qui ne sont pas de tradition chrétienne, mais qui dans leur vie manifestent ces qualités d’intelligence, de patience et d'amour que le Christ a manifestées.

« Être ou ne pas être dans le « corps du Christ » n’est pas une question d'« étiquette » mais de comportement. Lorsque je demandais au Dalaï Lama : « Quelle est pour vous la meilleure religion ? » - je pensais qu’il allait me répondre le bouddhisme — il répondit : « La meilleure religion c'est celle qui vous rend meilleur ! »

« Ce n’est pas que subjectif. Il s'agit d'aller vraiment au bout du sillon, de creuser son puits jusqu'au fond …. C’est au fond du puits qu’est la source commune… À chacun de creuser son puits sans comparer ses margelles à celles d’autrui. L'important c'est qu’une source réponde à notre soif…. et quand on a soif, nous reste-t-il beaucoup de temps pour épiloguer sur les couleurs de la cruche ? »

  • Émission, For intérieur, 26 février 1998, retranscrite en introduction de l'ouvrage Un art de l'attention, collection espaces libres, Albin Michel, 2002, page 28. isbn : 978-2-226-13085-3.

La connaissance ou la gnoseModifier

Pour faire « simple », je distinguerai quatre types de gnose :

1) une gnose qui est connaissance de « l’un » (monisme).

2) une gnose qui est connaissance de « deux » (dualisme)

3) une gnose qui est connaissance de « l’entre deux » (imaginal)

4) une gnose qui est connaissance et intégration des « trois » (théosis - transfiguration)

La gnose dont nous parlons est-ce la connaissance de Dieu considéré comme l'Un, l'Infini, l'Absolu [...] ? Cette gnose sera proche d’une métaphysique et d'une mystique. Le gnostique est alors un sage qui demeure dans l’unité avec la source de son être ; quelqu’un qui s’est éveillé à la réalité ultime qui l’habite, réalité ultime qui est aussi le fondement de l’univers. La gnose est la prise de conscience de l’identité potentielle entre le sujet humain (jivâtmâ) et le sujet divin (para-mâtmâ) : « Tu es Cela » (Tat twam asi)....

  • Jean-Yves Leloup in Les profondeurs oubliées du christianisme, édition le Relié, Gordes, 2007, pages 106-107. isbn : 978-2-35490-003-8.

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