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Introduction à l'histoire universelle, 1831Modifier

Avec le monde a commencé une guerre qui doit finir avec le monde, et pas avant : celle de l'homme contre la nature, de l'esprit contre la matière, de la liberté contre la fatalité. L'histoire n'est pas autre chose que le récit de cette interminable lutte.
  • Introduction à l'histoire universelle, Jules Michelet, éd. Hachette, 1843, p. 9


Son génie propre [à la France] est précisément dans ce que les étrangers, les provinciaux même, appellent insignifiance et indifférence, et qu'on doit plutôt nommer une aptitude, une capacité, une réceptivité universelle. [...] C'est là la supériorité de la France centrale sur les provinces, de la France entière sur l'Europe. Cette fusion intime des races constitue l'identité de notre nation, sa personnalité.
  • Introduction à l'histoire universelle, Jules Michelet, éd. Wahlen, 1834, t. 1, p. 75-76


Histoire romaine, 1831Modifier

... la constitution de Rome suffisait pour amener à la longue la misère et la dépopulation (...) Or, dans une aristocratie d'argent, c'est-à-dire sans moyen de créer de nouvelles richesses, chacun cherche la richesse dans la voie qui permet de suppléer à la production, la spoliation. Le pauvre devient toujours plus pauvre, le riche toujours plus riche. La spoliation de l'étranger peut faire trêve à la spoliation du citoyen.
  • Histoire romaine., Jules Michelet, éd. Hachette, 1843, t. 2, p. 114


Histoire de France, 1833-1867Modifier

[N]ul doute que notre patrie ne doive beaucoup à l'influence étrangère. Toutes les races du monde ont contribué pour doter cette Pandore. [...] Races sur races, peuples sur peuples.
  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Hachette, 1835, t. 1, p. 129-133


La France a fait la France, et l'élément fatal de race m'y semble secondaire. Elle est fille de sa liberté. Dans le progrès humain, la part essentielle est à la force vive, qu'on appelle homme. L'homme est son propre Prométhée.
  • « Histoire de France », dans Œuvres complètes, Jules Michelet, éd. Flammarion, 1893-1894, t. 1, préface de 1869, p. VIII


C'est que l'histoire, dans le progrès du temps, fait l'historien bien plus qu'elle n'est faite par lui. Mon livre m'a créé. C'est moi qui fus son œuvre. Ce fils a fait son père.
  • « Histoire de France », dans Œuvres complètes, Jules Michelet, éd. Flammarion, 1893-1894, t. 1, préface de 1869, p. X


L'histoire de France commence avec la langue française. La langue est le signe principal d'une nationalité.
  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, t. 2, livre III (« Tableau de la France »), p. 1
L'Angleterre est un empire, l'Allemagne un pays, une race ; la France est une personne.
  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, t. 2, livre III (« Tableau de la France »), « Centralisation », p. 103


Chaque homme est une humanité, une histoire universelle.
  • Histoire de France, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1861, vol. 4, livre VIII, chap. 1er (« Le duc d'Orléans, le duc de Bourgogne »), « 1407 (23 nov.) Jean-sans-Peur le fait assassiner », p. 103


Où paraissent les chrétiens, paraît le désert; où sont les Arabes, l'eau et la vie jaillissent de toutes parts, les ruisseaux courent, la terre verdit, devient un jardin de fleurs. Et le champ de l'intelligence aussi fleurit. Barbares, que serions-nous sans eux?.
  • Histoire de France au XVIe siècle, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1857, t. 7, Renaissance, p. 161


Les Arabes ont fait au monde le plus riche présent dont aucun génie de peuple ait doué le genre humain. Si les Grecs lui ont donné le mécanisme logique, les Arabes lui ont donné la logique du nombre, l'arithmétique et l'algèbre, l'indispensable instrument des sciences.
  • Histoire de France au XVIe siècle, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1857, t. 7, Renaissance, p. 162


Des Jésuites, 1843Modifier

La liberté c'est l'homme. — Même pour se soumettre, il faut être libre ; pour se donner, il faut être à soi.
  • Des Jésuites, Jules Michelet, Edgar Guinet, éd. Hachette, 1845, IVe leçon (« Liberté, fécondité »), p. 81

Le Peuple, 1845Modifier

Par devant l'Europe, la France, sachez-le, n'aura jamais qu'un seul nom, inexpiable, qui est son vrai nom éternel : La Révolution.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, « À M. Edgar Quinet », p. XLIII


Quelle est la première partie de la politique ? L'éducation. La seconde ? L'éducation. Et la troisième ? L'éducation.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, chap. IX (« Dieu en la patrie. La jeune patrie de l'avenir. »), « La politique identique à l'éducation », p. 310


Nous sommes les fils de ceux qui par l'effort d'une nationalité héroïque, ont fait l'ouvrage du monde.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 270


Si l'on voulait entasser ce que chaque nation a dépensé de sang, et d'or, et d'efforts de toute sorte, pour les choses désintéressées qui ne devaient profiter qu'au monde, la pyramide de la France irait montant jusqu'au ciel... et la vôtre, ô nations, toutes tant que vous êtes ici, ah ! La vôtre, l'entassement de vos sacrifices, irait au genou d'un enfant.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 275


Il faut bien que Dieu l'éclaire plus qu'une autre nation, puisqu'en pleine nuit, elle voit quand nulle autre ne voit plus ; dans ces affreuses ténèbres qui se faisaient souvent au moyen âge et depuis, personne ne distinguait le ciel ; la France seule le voyait. Voilà ce que c'est que la France.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 276


Toute autre histoire est mutilée, la nôtre seule est complète ; prenez l'histoire de l'Italie, il y manque les derniers siècles ; prenez l'histoire de l'Allemagne, de l'Angleterre, il y manque les premiers. Prenez celle de la France ; avec elle, vous savez le monde.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 279


Cette tradition, c'est celle qui de César à Charlemagne, à Saint Louis, de Louis XIV à Napoléon, fait de l'histoire de France celle de l'humanité.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 280
Cette nation, considérée ainsi comme l'asile du monde, est bien plus qu'une nation ; c'est la fraternité vivante. [...] Le jour où, se souvenant qu'elle fut et doit être le salut du genre humain, la France s'entourera de ses enfants et leur enseignera la France, comme foi et comme religion, elle se retrouvera vivante, et solide comme le globe. [...] C'est le seul [pays] qui ait droit de s'enseigner ainsi lui-même, parce qu'il est celui qui a le plus confondu son intérêt et sa destinée avec ceux de l'humanité. C'est le seul qui puisse le faire, parce que sa grande légende nationale, et pourtant humaine, est la seule complète et la mieux suivie de toutes, celle qui, par son enchaînement historique, répond le mieux aux exigences de la raison. [...] La légende nationale de France est une traînée de lumière immense, non interrompue, véritable voie lactée sur laquelle le monde eut toujours les yeux. L'Allemagne et l'Angleterre, comme race, comme langue et comme instinct, sont étrangères à la grande tradition du monde, romano-chrétienne et démocratique.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 281


Qu'il [l'enfant] sache, tout d'abord, que Dieu lui a fait la grâce d'avoir cette patrie, qui promulgua, écrivit de son sang, la loi de l'équité divine, de la fraternité, que le dieu des nations a parlé par la France. La patrie d'abord comme dogme et principe. Puis, la patrie comme légende .
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 308


Le brouillard se lèvera un jour ou l'autre entre les deux rives [de la méditerranée], et l'on se reconnaîtra. L'Afrique, dont les races se rapprochent tellement de nos races du Midi, l'Afrique que je reconnais parfois dans mes amis les plus distingués des Pyrénées, de la Provence, rendra à la France un grand service ; elle expliquera en elle bien des choses qu'on méprise et qu'on n'entend pas.
  • Le Peuple, Jules Michelet, éd. Paulin, 1846, p. 218


Histoire de la Révolution française, 1847-1853Modifier

L'époque humaine et bienveillante de notre Révolution a pour acteur le peuple même, le peuple entier, tout le monde. Et l'époque des violences, l'époque des actes sanguinaires où plus tard le danger la pousse, n'a pour acteurs qu'un nombre d'hommes minime, infiniment petit.
  • Histoire de la Révolution française, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1850, t. 1er, p. XVI


Histoire du XIXe siècle, 1874Modifier

Un spirituel Anglais, M. Disraeli, voudrait faire croire Bonaparte Juif d'origine. Et comme la Corse fut autrefois peuplée par les Sémites d'Afrique, Arabes, Carthaginois ou Maures, Maranes, disent les Espagnols, il semble appartenir à ceux-ci plus qu'aux Italiens. L'amour de thésauriser, tant de millions entassés aux caves des Tuileries, cela sent aussi le Marane. De Pradt dit à merveille : "L'Empereur est tout ruse, ruse doublée de force. Mais il attache plus de prix à sa ruse. Pour lui, triompher n'est rien; c'est attraper qui est tout : "Je suis fin" m'a-t-il cent fois."
  • Histoire du XIXe siècle (1874), Jules Michelet, éd. Adamant Media Corporation, 2002, t. 3-Jusqu'à Waterloo, p. 421


Ceux qui vivent, vivent d'une idée ; les autres, ce sont les morts.
  • Histoire de la Révolution française, Jules Michelet, éd. Chamerot, 1850, t. 5, livre IX, chap. V (« Le procès du roi. Essai de la gauche pour terroriser la droite. Saint-Just »), p. 94

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