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L'Oracle.

L'Oracle est un roman de Roger Peyrefitte, publié en 1948.

Citations

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C'était l'heure la plus divine de la Grèce : celle qui fait oublier les Grecs, celle qui fait croire que les dieux ne sont pas morts.


Tout le monde a parlé de la Grèce et personne ne l'a comprise.


La Grèce ne se livre pas à tout venant ; elle ne cherche pas à conquérir, mais elle garde ceux qu'elle a conquis. Elle demande une longue initiation, pour débarrasser les esprits des « lyres d'or » et des « chants de rossignols », pour habituer les yeux à se passer de frondaisons, pour faire comprendre que la beauté est dans les lignes nues, que la grandeur est dans la simplicité, que tout se ramène à l'unité, comme tous les dieux se ramènent à ce dieu intérieur, dont la possession était l'idéal des anciens Grecs.


Annie Teacher :
Sachez donc que je ne viendrais jamais à un rendez-vous d'amour, si ce n'était le premier.

[...]

Il n'y a d'amour que si c'est chaque fois la première fois.


Jean Guibert :
Je vous aime et vous aimez l'amour, si ce n'est simplement le plaisir.


Annie Teacher :
L'amour se fait ou ne se fait pas, mais il ne se discute pas. Que resterait-il, si on le discutait ? On n'oserait aimer personne. On commence par vous faire aimer vos parents, comme s'il n'y avait qu'eux au monde ; ensuite on vous fait aimer Dieu, comme s'il n'y avait que lui ; enfin, on voudrait ne vous faire aimer qu'un homme, auquel on prétend vous lier pour la vie.


Annie Teacher :
L'honneur consiste à bien faire sa tâche du moment.


Annie Teacher :
C'est le propre des savants : ils savent ce que nul ne sait et ils paraissent ignorer ce que nul n'ignore.


Annie Teacher :
Une Anglaise ne saurait mépriser des gens qui ont un yacht.


Prince d'Elbassan :
[...] rien ne m'est plus délassant que la compagnie des enfants. Ils me rendent le goût de vivre. Je ne crois à la vie qu'en les regardant, comme ce Romain qui ne croyait au printemps que lorsque les roses étaient venues.


Prince d'Elbassan :
En France, plus encore que partout ailleurs, les enfants sont regardés comme des objets sacrés, qui ne doivent pas quitter le tabernacle. L'homme qui s'intéresse à eux est toujours suspect.


Annie Teacher :
Je bénis mon déséquilibre. N'essayez pas de me le faire perdre. J'y tiens autant que vous tenez à votre équilibre.


Prince d'Elbassan :
Les enfants nous montrent l'Amour et ne peuvent nous le faire atteindre. Ils n'en sont que l'image, mais c'est ce qui m'attache à eux, pour ce que chacun d'eux en reflète, quelques instants. Cette image de l'Amour, c'est celle de notre propre enfance, morte à jamais en nous, à jamais immortelle en eux.


Prince d'Elbassan :
Ma satisfaction à moi, c'est de peser l'âme des enfants.


Prince d'Elbassan :
Dans presque tout système d'éducation, on part de ce principe que tous les enfants sont suspects, comme partout est suspect un homme qui s'intéresse à eux. En les surveillant à l'excès, on leur rend désirable ce dont il est question de les détourner.


Prince d'Elbassan :
Les enfants sont comme les sages [...] : ils ne peuvent rien faire de mal. Fourbes, ils restent francs ; gourmands, ils restent sobres ; impurs, ils restent purs.


Prince d'Elbassan :
« Impudique », « obscène », que ces mots paraissent misérables ! Je ne sais si j'ai une âme d'enfant ou une âme de païen, mais je ne puis absolument rien voir ni concevoir d'obscène ni d'impudique.


Prince d'Elbassan :
Ne voyez-vous donc pas que le secret d'une éducation bien dirigée, c'est de prévenir, non la pratique, mais la connaissance du mal ? Loin de la prévenir, vous l'induisez, par des conseils et des sanctions. Il faut faire confiance à des êtres sains et bien portants. Il ne faut les surveiller que par manière d'acquit, ou, comme moi, par plaisir, mais certainement pas par conviction. Aucune surveillance ne les empêchera d'être ce qu'ils sont.
J'ai cru, deux ou trois fois, dans mon enfance, perdre ma qualité d'enfant, et je me souviens de la joie que je ressentis, en me rendant compte que j'avais passé dans le feu sans me brûler, dans la boue sans me crotter et par les piques sans me piquer.


Jean Guibert :
Il est bon de regagner de temps en temps sa bibliothèque [...] : cela repose de la vie.


Prince d'Elbassan :
Il faut aller à son bonheur tranquillement et le saisir hardiment.