Léon Cladel

romancier et nouvelliste français

Léon Cladel, né le 15 mars 1835 à Montauban et décédé le 21 juillet 1892 à Sèvres est un romancier et nouvelliste français.

Portrait par Benque et Cie (1893).

Les martyrs ridicules, 1862Modifier

La dignité personnelle nécessite parfois de sublimes sacrifices, mais il est des transactions et des accommodements qu'elle doit constamment repousser. Que celui qui a connu la pauvreté et la faim, se lève, et ose proclamer que quelques lambeaux de sa dignité ne sont point accrochés aux buissons de la route.
  • Les martyrs ridicules (conforme à l'édition Henri Kistemaeckers, Bruxelles, 1880), Léon Cladel, éd. éditions d'aujourd'hui, 1979, p. 45-46


On juge les hommes d'après l'écorce, sans s'enquérir en rien des détails de leur vie intime, qui constitue cependant un infaillible diagnostic.

  • Les martyrs ridicules (conforme à l'édition Henri Kistemaeckers, Bruxelles, 1880), Léon Cladel, éd. éditions d'aujourd'hui, 1979, p. 137


Chacun porte en soi un bourgeon qu'il faut soigneusement émonder, ou sur ce bourgeon se produira l'égoïsme, et dès lors nos actions n'émaneront plus de notre coeur : ce bourgeon, c'est la vanité.

  • Les martyrs ridicules (conforme à l'édition Henri Kistemaeckers, Bruxelles, 1880), Léon Cladel, éd. éditions d'aujourd'hui, 1979, p. 142


Sommes-nous ainsi faits, dans notre égoïsme, que les catastrophes seules provoquent des retours vers l'amour le plus pur, un amour qui n'a jamais menti, l'amour maternel enfin... alors que tant de fois, pendant qu'il attendait et veillait infatigable, nous le sacrifions aux fantaisies de la route, nous laissant arrêter par tous les mensonges, par toutes les chimères, par un baiser banal?

  • Les martyrs ridicules (conforme à l'édition Henri Kistemaeckers, Bruxelles, 1880), Léon Cladel, éd. éditions d'aujourd'hui, 1979, p. 216


Si les grandes catastrophes ne précipitent pas toujours l'homme dans les vertiges d'un désespoir qui l'enlève, l'homme est affaissé, terrassé, mais non pas sans retour, car il ne peut vivre sans cesse dans un abattement morne, sans ressentir au coeur le besoin d'aimer ou de haïr. L'indifférence systématique, éternelle, est un mensonge.

  • Les martyrs ridicules (conforme à l'édition Henri Kistemaeckers, Bruxelles, 1880), Léon Cladel, éd. éditions d'aujourd'hui, 1979, p. 225


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