La Fin de Satan

La Fin de Satan est un vaste poème épique et religieux de Victor Hugo (5700 vers). Entrepris dès 1854, prévu pour être inclus au départ dans le recueil Les Petites épopées puis devant paraître indépendamment dans le même cycle que La Légende des siècles, il reste finalement inachevé et paraît à titre posthume en 1886. Le poème commence par la chute de Satan dans les Enfers, mais l'influence du Diable se communique à l'humanité par la fille de Satan, Lilith-Isis. Ce n'est qu'avec la naissance de l'Ange Liberté que le Mal est vaincu et Satan pardonné.

CitationsModifier

— Toute la loi d'en haut est dans un mot : aimer.
— Peuple, cria le prêtre, on vient de blasphémer.

  • La Fin de Satan (Livre II), Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, p. 312


« Le livre d'en haut dit : — Qui que tu sois, qui somme
L'Être de s'expliquer et le sphinx d'être clair,
Qui que tu sois qui veux saisir l'eau, tenir l'air,
Donner à la nuée une forme, et qui plonges,
Avec ta nasse, bonne à la pêche des songes,
Dans le sinistre abîme où flotte ce mot : Dieu;
Qui que tu sois, qui viens forcer l'ombre à l'aveu,
Tâter la certitude avec ta main peu sûre,
Au temple sidéral adosser ta masure,
Et désigner à l'Être un texte, un nombre, un lieu;
Homme, qui que tu sois, qui viens faire du feu
Sous la foudre, allumer ta lampe sous l'étoile,
Et dire à l'univers sans fond : Lève-toi, voile!
Qui que tu sois qui prends l'impossible aux cheveux,
Qui prononces ces mots inutiles : Je veux,
Je sais, je suis, je crois, je sauve, je ranime;
Qui que tu sois qui dis à l'Être : « Allons, abîme,
Réponds, puisque c'est moi qui t'ai questionné ! —»
Sache que ta folie est sombre, infortuné!

  • La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. La Sibylle, p. 316


Un dogme est l'oiseleur guettant dans la forêt,
Qui, parce qu'il a pris un passereau, croirait
Avoir tous les oiseaux du ciel bleu dans sa cage.

  • La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. La Sibylle, p. 322


Quatre anges se tenaient aux quatre coins du monde;
Ces anges arrêtaient au vol les quatre vents,
Pour qu'aucun vent ne pût souffler sur les vivants,
Ni troubler le sommet des montagnes de marbre,
Ni soulever un flot, ni remuer un arbre.

  • La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. La Marche au Supplice, p. 384


Ainsi sur ce troupeau frémissant, immobile,
Lugubre et stupéfait, qu'on nomme Humanité,
Tombent, du fond de l'ombre et de l'éternité,
On ne sait quels lambeaux de chimère et d'histoire

  • La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. Le Crucifix, p. 396


Chaque fois que celui qui doit enseigner, ment,
Chaque fois que d'un traître il jaillit un serment,
Chaque fois que le juge, après une prière,
Jette au peuple ce mot : Justice ! et, par derrière,
Tend une main hideuse à l'or mystérieux,
Chaque fois que le prêtre, époussetant ses dieux,
Chante au crime hosanna, bat des mains aux désastres
Et dit : gloire à César ! là-haut, parmi les astres,
Dans l'azur qu'aucun souffle orageux ne corrompt,
Christ frémissant essuie un crachat sur son front.

  • La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. Le Crucifix, p. 398


Pas un autel sur terre, hélas ! n'est sans remords.

  • La Fin de Satan, Victor Hugo, éd. Nelson, 1912, chap. Le Crucifix, p. 401


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