Les Vieux Fourneaux

Série de bande dessinée.

Les Vieux Fourneaux est une série de bande dessinée française, scénarisée par Wilfrid Lupano, illustrée par Paul Cauuet et publiée par Dargaud.

CitationsModifier

1. Ceux qui restent (2014)Modifier

Pierrot : Magne-toi d'aller passer un costard.
Mimile : Merde, le costard.
Pierrot : Ben ça y est, on a déjà une heure de retard. Tout ça pour te trouver des nippes d'après-guerre.
Mimile : Oui, ben, heureusement que M. Padoux m'a dépanné, hein...
Pierrot : Une pelure en couille retournée et un falzar trop court, j'appelle pas ça un dépannage. Si on croise la police du bon goût, on est bons.
Mimile : Il est sympa, Monsieur Padoux. Sans lui, la résidence Meuricy ne serait pas la même.
Pierrot : Meuricy ! Tu parles d'un nom à la con pour une maison de retraite.


Mimile : Dis, tu vas klaxonner et faire des appels de phares tout le long, comme ça ?
Pierrot : Oui. J'ai remarqué que els gens sont plus attentifs quand je fais ça.


Antoine (accueillant Mimile et Pierrot venus en retard à l'enterrement) : J'aurais dû vous dire que c'était un apéro, vous seriez peut-être arrivés à l'heure.


Janine : Pierre Mayou ? J'ai vu votre dossier dans les archives ! 1954 ! Le sabotage de la chaîne de conditionnement !
Pierrot : Pas sabotage : duel pour l'honneur.
Antoine : Un an de prison qu'il a fait, mon Pierrot. On lui a dit un jour qu'une machine ferait mieux le travail que lui, alors il a défié ladite machine en combat singulier. À la masse de chantier. Victoire par K.O. au premier round.


Antoine (contemplant le laboratoire pharmaceutique Garan-Servier) : Et voilà comment passe une vie, tiens. Quarante piges à charger des camions dans cette saleté d'usine à bonbons. De la drogue légale à pleines palettes.


Pierrot : Des non-voyants anarchistes ! "Ni yeux ni maîtres", qu'on s'appelle ! On fait du terrorisme situationnel, c'est bidonnant.


Pierrot : À nos âges, il n'y a plus guère que le système qu'on peut encore besogner. Du coup, ma libido s'est reportée sur la subversion.


Pierrot (menaçant le notaire) : Parle ou c'est l'automne des gencives !


Berthe (au téléphone) : Tu étais tout le temps à tes réunions, il n'y avait que ça qui comptait, ton syndicat, tes réunions...
Antoine : J'essayais de défendre nos droits.


Berthe : Et donc, vous l'aviez pas revue depuis longtemps ?
Pierrot : 1978.
Berthe : La vache, j'étais pas née !
Pierrot : Bah voilà. On fait partie de ces cons qui auront pas été fichus de se rabibocher avant le passage de la faucheuse.


Sophie : Vous autres, les vieux, vous êtes toujours là à vous extasier devant les enfants ! "Et qu'il est mignon, et gnagnagna !" Vous feriez mieux de vous excuser, ouais ! Regardez autour de vous ! Vous nous laissez un monde tout pourri, vous avez tout salopé, et ensuite vous venez souhaiter bon courage aux locataires suivants ! Vous manquez pas d'air !
Deuxième vieille dame : Mais qu'est-ce qu'on vous a fait ?
Sophie : Vous m'avez fait, ma petite dame, que votre génération est à l'origine de tous les fléaux du monde moderne ! La mondialisation, l'ultralibéralisme, la pollution, la surexploitation, l'agriculture intensive, les paradis fiscaux, la communication ! Tout ! Vous êtes inconséquents, rétrogrades, bigots, vous votez à droite, vous avez sacrifié la planèté, affamé le tiers-monde ! En quatre-vingts ans, vous avez fait disparaître la quasi-totalité des espèces vivantes, vous avez épuisé les ressources, bouffé tous les poissons ! Il y a cinquante milliards de poulets élevés en batterie chaque année dans le monde, et les gens crèvent de faim. Historiquement, vous... Vous êtes la pire génération de l'histoire de l'humanité ! Et un malheur n'arrivant jamais seul, vous vivez hyper vieux ! Je vais faire pipi ! Et mon bébé, il vous dit merde !
Mimile : C'est les hormones, excusez-la.


Antoine : Mimile, c'est trois tours du monde en bateau ! C'est peut-être le seul Blanc à avoir joué première ligne au rugby aux îles Samoa. C'est un type qui parle six langues du Pacifique, qui a fait fortune puis faillite avec une mine de cuivre en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Rien qu'avec ses histoires de bagarres, on ferait trois tomes de la Pléiade. Et je ne parle pas des femmes.


Pierrot : Ça brûle encore, dans ce vieux fourneau !


2. Bonny and Pierrot (2014)Modifier

Baba : C'est un attentat gériatrique. Quand un endroit de ce genre devient problématique, on s'y rassemble tous les soirs pendant un certain temps. Ça fait monter d'un coup la moyenne d'âge de l'établissement. Généralement, il ne s'en relève pas. Le vieux est l'ennemi du bien, de nos jours. À quoi ça tient, la branchitude, quand même...


Baba : Allez, en route ! Salut, les vioques ! Je ramène Jean-Chi.
Antoine : Jean-Chi ?
Baba : C'est Jean-Childéric, mais on l'appelle Jean-Chi, alias "Human Bomb". C'est notre plus belle arme. Ce gars-là, il se vide le moutardier sur demande, n'importe où, n'importe quand, tu vois... C'est une arme de destruction massive !
Antoine : Le mout... ?!? AH NAAN...
Baba : Si. L'incontinence au service de la cause. C'est beau. Je te dis pas la déflagration, au milieu d'un meeting UMP ou d'un cocktail des anciens de Sciences Po. L'odeur est insoutenable. Il est très âgé...
Antoine : C'est ignoble.
Baba : Non mais il contrôle, hein ! Il y a qu'un seul truc qui lui déclenche un relâchement total de la plomberie, c'est...
Antoine : NAAAAN ?
Baba : J'te jure. Un mystère pour la science. Cela dit, il doit pas être le seul. Faudrait faire une enquête...


Baba : Le viajeune, ça consiste à héberger des jeunes activistes fauchés, pour leur donner les moyens de faire chier le système dans de bonnes conditions.


Arno : Mais non, Fanfan, c'est pas l'URSS, c'est un flux RSS. Rien à voir.
Fanfan : Ah bon. Je préfère.


Antoine : Dites donc, vous êtes drôlement organisés, pour des anarchistes.
Baba : HAHAHA ! Mais l'anarchie, c'est pas le bordel, mon cher ! C'est l'ordre moins le pouvoir, nuance.


Baba (infiltrant une soirée mondaine) : Bon, à partir de là, tâchez d'avoir l'air con comme des bourgeois. Il s'agit de pas se faire repérer.


5. Bons pour l'asile (2018)Modifier

Pierrot : Pfioouu ! C'est plus de mon âge, des frayeurs pareilles ! Pourquoi ils sont venus chez moi, les poulagas, bon dieu ? Déjà que j'ai passé la matinée en gardav' !
Mimile : P'têt un voisin qui...
Pierrot : Un voisin, ça se peut pas ! Y a la petite étudiante du troisième, qu'est sympa comme tout ! Au deuxième, c'est les Benchétrit, ils sont pas du genre à poucaver... En bas, c'est le magasin de godasses, je vois pas comment... C'est pas dieu possible... Arno, fais chauffer ton bouzin, il m'faut le numéro de France terre d'asile fissa ! Y a les condés qui nous reniflent le derche !
Arno : Ah merde.


Pierrot : Non, mais je rêve ! Il connaît même pas la loi, celui-là !
Un policier : Ouuuh, ça commence à sentir la prolongation de garde à vue, ici.
Pierrot : C'est ça, ouais. Fasciste.
Un policier : Ah, bah voilà. On y est. Prolongation.
Pierrot : Et après la prolongation, y a quoi ?!? Les tirs au but ? 'bruti !


Pierrot : Tu vas m'donner des leçons de militantisme ? La dernière fois que t'as manifesté, c'était pour le retour de Julien Lepers !


Fanfan : La danse, c'est la liberté !


Fanfan : La mairie a fait installer des cailloux pour empêcher des migrants de dormir sous un pont. Tu te rends compte de la bêtise, un peu ?


Fanfan : On a réfléchi et on s'est dit : quand c'est le Qatar qui rachète les musées, les plages privées et les clubs de foot, personne ne crie à l'invasion arabe. Tout le monde est content. Donc ce ne sont pas les étrangers qui font peur, ce sont les étrangers pauvres.


Fanfan : Disons qu'on a estimé qu'après avoir habillé les nazis des bottes à la casquette, Hugo Boss pouvait bien fournir quelques costumes gratos à des nécessiteux basanés. C'est de bonne guerre.


Fanfan : Alors quoi ? On oublie tout ça ? Les Italiens ? Les Polonais ? Les Arméniens ? Les 600 000 tirailleurs sénégalais ? C'est tout le pays qui a Alzheimer, ou quoi ?!? On est 500 millions de guignols en Europe, et on veut nous faire croire qu'on peut pas accueillir 1 million de pauvres gens ? Ça fait même pas un par village !


(La plaque à l'entrée de l'immeuble.) Dave HIOCK & Demi GRANTS. Global Investments expertise.
Fanfan : Des vioques et des migrants. Tu vois, c'est écrit dessus, c'est comme le Port-Salut.


Bastien (écoutant les messages de Mimi sur le répondeur de Pierrot) : Mais c'est quoi, cette façon de parler ?! C'est des bouts de phrases sans rien dedans !
Pierrot : Quatre-vingts piges que ça dure... C'est ce qu'on appelle le "mimimalisme".


Émile (danse une danse océanienne, puis dénoue son pagne sur lequel est écrit) : Nauru was paradise. What happened? (Nauru était le Paradis. Que s'est-il passé ?)


Pierrot : Depuis la nuit des temps, notre pays enracine son union nationale dans la défaite. Alésia, Azincourt, Pavie, Waterloo, Sedan, Trafalgar, Diên Biên Phu... C'est un concept purement français. C'est peut-être même ça, la France. On se trouve glorieux dans la défaite, ce qui nous rend quasi invincibles.


6. L'Oreille bouchéeModifier

Pierrot : Je pisse à la vitesse que je veux, c'est ma dernière liberté !


Pierrot : Je t'en foutrai, moi, de la mouvance ! À mon âge, c'est davantage de la traînance que de la mouvance.


Pierrot : L'air pollué aux microparticules, les fruits et légumes exposés toute la journée aux gaz d'échappement sur les trottoirs, l'incubation microbienne du métro, les bols de cacahuètes sur le comptoir chez Claude, tout ça, ça ne me fait rien. Mais ici, je suis en danger ! Ici, la nature est trop naturelle !


Antoine : J'ai l'air un peu con, moi, avec mon faux perroquet.


Errol : J'ay fait la différence entre, d'un côté, l'économie, la vraie ! Celle qui est nécessaire, qui fait circuler la monnaie et produit de la richesse. Et de l'autre côté, un truc que j'ay appelé en grec la "chrématistique", qui est une sorte de maladie qui consiste à aquioumouler, aquioumouler, aquioumouler de la rwichesse, comme un grwos débile.

  • Errol explique aux enfants la pensée d'Aristote avec l'accent anglais.


Sophie : Auri sacra fames.

  • "La soif maudite de l'or", expression employée par les auteurs latins.


Blandine : Si je me plante, avec un peu de chance, je pousserai !


Clémence : Une bague en or nécessite la production d'environ 20 tonnes de déchets toxiques dans la forêt.


Mimile : Il n'y a pas d'or propre. Ça n'a jamais existé, ça n'existera jamais.


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