Méchanceté

La méchanceté est le « caractère de celui qui fait le mal intentionnellement et s'y complait ».

LittératureModifier

PoésieModifier

Anonyme, Epitaphe, XVIIIe siècleModifier

Monsieur de Langre est mort testateur olographe,
Et vous promettez, si j'en fais l'épitaphe,
Les cent écus par lui légués à cet effet.
Parbleu, l'argent est bon par les temps où nous sommes;
Comptez toujours : ci-gît le plus méchant des hommes ;
              Payez, le voilà fait.

  • « Epitaphe », Anonyme, dans Annales poétiques, ou almanach des muses. Tome XXIV., Collectif, éd. Mérigot, 1783, p. 65


Prose poétiqueModifier

Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961Modifier

Certains pays rocailleux, oubliés dans la putréfaction de la genèse, loin, loin derrière l'horizon du possible, voient ainsi naître un homme doué de méchanceté exceptionnelle. Dolman dépassait de beaucoup le plus mauvais : sa mère, prise comme une omelette de pieuse frayeur, était morte avant sa naissance. Son père, un brave pêcheur sans personnalité particulière, se sachant dénué de solides raisons de croire à sa paternité, partit en haussant les épaules vers l'Orient, sans marquer le moindre regret et sans laisser de testament.
  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 46


RomanModifier

Gilbert Keith Chesterton, L'homme qu'on appelait Jeudi, 1908Modifier

On attend du méchant qu'il soit vigilant, mais pas qu'il soit rêveur, et encore moins de cette façon aussi honnête que sincère, car nous sommes incapables d'imaginer un méchant seul avec lui-même. Un homme distrait est synonyme d'homme bon.


Robert Escarpit, Lettre ouverte au diable, 1972Modifier

Il y a toujours une certaine méchanceté à rire de quelqu’un et la méchanceté est bien le signe le plus évident d’impuissance que je connaisse.
  • Lettre ouverte au diable, Robert Escarpit, éd. Albin Michel, 1972, p. 31


PhilosophieModifier

Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885Modifier

Tout comme vos sages illustres ne me parurent, au fond, pas tellement sages, de même j'ai trouvé la méchanceté des hommes inférieure à sa réputation.
Et souvent je me suis demandé en hochant la tête : pourquoi sonner encore, serpents à sonnettes [...] ?
Il faut d'abord que vos chats sauvages soient devenus des tigres et vos crapauds empoisonnés des crocodiles : car à bon chasseur, bonne chasse !
Et en vérité, vous les hommes de bien, vous les justes ! Il y a trop de choses risibles en vous et d'abord votre crainte de ce qui, jusque-là, s'appelait «diable» !

  • Ainsi parlait Zarathoustra (1885), Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. « Les Classiques de Poche », 1979  (ISBN 978-2-253-00675-6), partie II, chap. « Du discernement humain », p. 174


SociologieModifier

François JostModifier

Si la méchanceté est atemporelle, elle a trouvé aujourd’hui des conditions favorables à son épanouissement : l’évolution des médias qui, chaque jour un peu plus, font de la vie un spectacle, un public qui trouve son bonheur dans le ridicule des autres, la possibilité pour chacun, à l’ère numérique, de se faire juge de tout sur fond de discours populistes.


Les réseaux sociaux donnent une nouvelle ampleur à des phénomènes qui, auparavant, restaient localisés (…). On prend tout le monde à témoin et il y a un plaisir à faire du « bashing », c’est-à-dire à rejoindre la meute pour multiplier les attaques contre une personne désignée comme ridicule.
  • « François Jost : « Les réseaux sociaux exacerbent la méchanceté » », François Jost (interview), La Croix, 03/07/2018 (lire en ligne)