Philippe Djian

écrivain français

Philippe Djian est un romancier français né le 3 juin 1949 à Paris. Il est parfois présenté comme un héritier de la Beat generation en France. Il est notamment l'auteur de 37°2 le matin, adapté au cinéma par Jean-Jacques Beineix.

Philippe Djian (2009).

Lent dehors (1991)

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Ma classe ressemblait à une cité engloutie, peuplée de fantômes et de carcasses piquant du nez dans un courant d'eau tiède.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 22


Il n'y avait aucune chair, aucune substance, ce n'était qu'une triste enfilade de mots qui jouaient la comédie et grimaçaient dans leur costume, mais il n'y avait pas la moindre trace de vie. C'était de la veine de ce qu'on publiait aujourd'hui, des livres qui se soucient plus de leur apparence que de leur âme et qui semblaient inscrits à un concours de beauté – de beaux nichons mais frigides.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 39


Je m'étais demandé ce qui pouvait pousser quelqu'un à garder ses lunettes de soleil après la tombée du jour : était-ce la marque d'une profonde simplicité ou de la connerie à l'état pur ?
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 73


Alors j'ai préféré coucher mon roi sur l'échiquier plutôt que de continuer une partie où tous les prochains coups n'étaient que blessures inutiles, soubresauts dérisoires, bouffonneries et gâchis en tout genre.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 117


Certaines avaient de belles paires de fesses, de jolies poitrines. Elles avaient des cris clairs, des dents blanches, des poses étudiées. Les garçons les observaient comme du bétail et souriaient aux obscénités qu'ils échangeaient. Ils avaient des yeux vifs, des dents blanches, des manières brutales. Ce qu'ils partageaient, les uns et les autres, ce qu'évoquait leur visage, était la cruauté et l'ennui.

  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 192


Elle se déclarait prête à attendre une demi-heure pour avoir une place au milieu de touristes avinés, contents de se trouver là, des faces rouges, luisantes et cuites comme des culs de singe.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 287


C'était une chose que d'accueillir une femme qui vous tombait sous la main, une autre que d'avoir à la tendre.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 297


Sans doute le bruit courait-il que je l'avais ensorcelée ou que j'étais un baiseur de première. Au point que je me demandais parfois s'il n'y avait pas comme un parfum de vérité là-dessous.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 318


Elle se coupait de la réalité, s'évaporait quand un soupçon d'humilité était le prix à payer.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 324


[Je me suis installé] dans un fauteuil que j'avais chéri autrefois et pratiquement érodé à mes formes. J'ai senti qu'on l'avait utilisé en mon absence, qu'il avait subi comme un nettoyage de cerveau.

  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 398


Si ingrat était leur physique qu'on imaginait mal un père s'acharner sur le tableau vivant de ses maladresses, lever la main sur des figures que les miroirs se chargeaient de gifler tous les matins.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 423


C'est une soirée très parisienne, avec de jolies femmes qui ne baissent pas les yeux. Mon mépris pour cette ville ne concerne pas les femmes. Ni les cafés. Ni les rues au petit matin. Ni la tombée de la nuit.
  • Lent dehors (1991), Philippe Djian, éd. Folio, 1993, p. 436


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