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Pitié

sentiment qui rend sensible aux souffrances, au malheur d'autrui

LittératureModifier

Écrit intimeModifier

Jean-Jacques Rousseau, Les Rêveries du promeneur solitaire, 1782Modifier

En pensant à la dépendance où ils se sont mis de moi pour me tenir dans la leur ils me font une pitié réelle. Si je ne suis malheureux ils le sont eux-mêmes, et chaque fois que je rentre en moi je les trouve à plaindre.


RomanModifier

Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, 1948Modifier

Ainsi de ma pitié. Te voilà qui déclames sur les tortures d'enfants et tu me surprends à bailler. Mais tu ne m'as conduit nulle part. Tu me dis : « Tel naufrage a noyé dix enfants... », mais je ne comprends rien à l'arithmétique et ne pleurerai pas deux fois plus fort si le nombre est de deux fois plus grand. D'ailleurs, bien qu'ils soient morts par centaines de millier depuis l'origine de l'empire, il t'arrive de goûter la vie et d'être heureux. Mais je pleurerai sur tel si tu peux me conduire à lui par le sentier particulier, et, de même qu'à travers telle fleur j'accède aux fleurs, il se trouve qu'à travers lui je retrouverai tous les enfants, pleurerai et non seulement sur tous les enfants mais sur tous les hommes.
  • Citadelle, Antoine de Saint-Exupéry, éd. Gallimard, coll. « La Pléiade », 1953, chap. CXCIX, p. 934-935