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Vassieux-en-Vercors, Mémorial de la Résistance

LittératureModifier

RomanModifier

Renée DunanModifier

– Il doit pourtant résister un peu partout comme nous des gens qui philosophent en attendant le hasard. S'il consent à les servir ?...


Joseph KesselModifier

Alors Gerbier dit à l'oreille de Legrain :
– On ne lâche jamais un camarade chez nous dans la résistance.
Legrain s'était tu.
– La résistance. Tu entends ? dit encore Gerbier. Endors-toi avec ce mot dans la tête. Il est le plus beau, en ce temps, de toute la langue française. Tu ne peux pas le connaître. Il s'est fait pendant qu'on te détruisait ici. Dors, je promets de te l'apprendre.


J'ai su que nous faisions la plus belle guerre du peuple français. Une guerre matériellement peu utile puisque la victoire est assurée même sans notre concours. Une guerre à laquelle personne ne nous oblige. Une guerre sans gloire. Une guerre d'exécution et d'attentats. Une guerre gratuite en un mot. Mais cette guerre est un acte de haine et un acte d'amour. Un acte de vie.
– « Pour qu'un peuple soit aussi généreux de son sang », disait un jour le patron avec son rire silencieux, « cela prouve tout au moins qu'il a des globules rouges. »


Et Saint-Luc a ajouté :
– Nous sommes seulement quatorze, mais nous sommes portés par des milliers et sans doute par des millions d'hommes. Pour nous protéger, des groupes de combat veillent sur tous les accès qui mènent à cette retraite. Et se feront tuer avant que de laisser arriver jusqu'à nous. Cependant, personne n'a l'orgueil ni même le sentiment de la puissance. Nous savons que nos soldats changent cent fois de nom et qu'ils ne possèdent ni abri ni visage. Ils vont en secret dans des chaussures informes sur des chemins sans soleil et sans gloire. Nous savons que notre armée et famélique et pure. Qu'elle est une armée d'ombres. L'armée miraculeuse de l'amour et du malheur. Et j'ai pris conscience ici que nous étions seulement les ombres de ces ombres et le reflet de cet amour et de ce malheur. Cela surtout, Gerbier, valait la peine.


Yasmina KhadraModifier

L’homme a inventé la guerre ; la femme a inventé la résistance.


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