Différences entre les versions de « Albert Caraco »

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→‎Post Mortem : Ajout des citations de la deuxième moitié
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{{citation|Elle avait tant souffert d'être orpheline, elle avait tant pleuré sa mère qu'elle voulut en quelque sorte se venger de la fortune et n'avoir qu'un enfant pour le choyer avec une fureur outrée. Elle m'a dégoûté de toutes les tendresses à m'accabler de ses embrassements et dès avant le milieu de ma vie je ne voulais plus être baisé de personne, je suis gavé jusqu'à la mort de procédés aimables, je suis rassasié de mignardises, c'est une force et je l'en remercie, je n'irai pas mendier les caresses, à l'instar de tant d'hommes mal aimés qu'une ombre de sourire amorce.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=59}}
 
<!--{{citation|}}
{{citation|Madame Mère vit en moi, je n'ai plus de raison de la pleurer, elle s'est incarnée et je la porte dans mon sein, c'est elle mon enfant, je crus d'abord que j'allais l'oublier. Vaine présomption ! Non, Monsieur Père, elle n'est pas anéantie et vous la retrouverez en moi, séchez vos larmes.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=68}}-->
 
{{citation|Nous allons remonter le cours de notre vie à la recherche de la morte et nous nous promenons le long des rues où je l'accompagnais jadis. Paris n'a pas beaucoup changé depuis l'an 1929, nous retrouvons cent fois les lieux nous connûmes et je deviens le mystagogue et l'herméneute, je mène Monsieur Père de reposoir en reposoir et d'autel en autel et je lui communique ma science, une géographie de souvenirs et de symboles.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=69}}
 
{{citation|Le temps a pris une dimension nouvelle, il fuyait comme un torrent de montage et le voilà soudain proche de l'immobilité dans une plaine immense, le lit du fleuve n'a plus de limites, les heures qui se suivaient inlassables se traînent mollement pour languir en chemin et revenir parfois sur elles, nous éprouvons un étourdissement dont la nature échappe à l'analyse et nous procure un avant-goût de l'éternel : c'est l'œuvre du passé qui ressuscite et qui freinant l'écoulement de la durée, nous multiplie nous-mêmes à travers l'identité qui nous assemble. Madame Mère ainsi nous comble, morte.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=72}}
 
{{citation|Avec un air de bonheur indicible et qui m'émeut encore, elle me retraça ces petits riens, en l'écrivant ma gorge se resserre. Il me paraît que la souffrance ne va pas si loin que la félicité parfaite et que Madame Mère éprouva la seconde en récompense de ses dispositions qui la rendaient aimable souverainement. Madame Mère fut, j'en conviens, une tourmentée, mais elle portait ses remèdes avec elle et ses contentements avaient la force que ses peines n'avaient pas, je sens d'ailleurs que je fus l'un de ces remèdes et que mon mariage l'eût rendue inconsolable pour de bon.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=77}}
 
{{citation|Alors je n'osais pas la regarder, de peur que cette image ne se substituât à mille autres, je maudissais notre morale qui nous oblige à révérer ce qu'il vaudrait mieux abréger. L'aimable femme méritait de mourir doucement et non de se défaire au milieu de ses médecins impuissants et glacés...}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=79}}
 
{{citation|Je n'aime ni la douleur ni la jouissance, le monde de la femme a beau me charmer qu'il ne me convainc, la femme présente en ma Mère ne m'attira jamais, mes profondeurs sont impassibles, je hais le désir et la crainte, Madame Mère n'était pas sans admirer ces dispositions, elle y voyait la source de ma liberté. La mort ne m'ébranlera pas longtemps, puisque rien ne m'affecte désormais et que Madame Mère emporte le reliquat de mes angoisses, sa fin achève de me libérer et je ne vois plus qu'ordre sous mes pieds, le chaos se dissipe, la lumière est partout et je sens naître en moi comme une tranquille assurance.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=83}}
 
{{citation|Bientôt il ne me sera plus loisible de songer à Madame Mère, les travaux et les jours vont reprenant leurs droits, je m'y rengagerai par lassitude et la mémoire de la morte s'effacera dans un symbole. Madame Mère m'a sauvé des femmes et je l'en remercie, elle m'a libéré du poids de la fatalité, qui rend l'esprit esclave et consentant de l'être, c'est maintenant que je serai ce que, sous elle, je ne pouvais devenir, et l'éternel enfant, que je parus tant qu'elle était en vie, achève de périr à ses côtés. Je pense que ce sont deux morts qu'on va brûler ensemble : ce que je fus pour elle, elle l'emporte et je lui sais gré de m'en affranchir.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=84}}
 
{{citation|La douleur est partout et le premier devoir consiste à l'éviter, elle est la monnaie de l'amour, l'amour et la douleur marchent sur une ligne, moins nous aimons et moins nous sommes menacés, le propre de l'amour est de dégénérer en tremblement, alors nous apprenons à trembler pour les autres et nous portons la chaîne du souci. Nos destinées sommeillent dans les yeux des vierges les plus innocentes, dans l'ombre des plus ravissantes filles la servitude marche armée, l'illusion renaît à chaque génération et les embrassements la perpétuent, voilà des siècles et des millénaires que le seul remède est en la continence.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=85}}
 
{{citation|Les femmes sont nos ennemis, les mères ne font pas exception à cette règle désolante, les mères servent à nous affranchir des femmes, les œuvres servent à nous libérer des mères, les œuvres sont les filles de l'Esprit, les oeuvres sortent comme Pallas de nos têtes.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=86}}
 
{{citation|Nous devons le respect aux femmes, nous leur devons infiniment de politesse, ceux qui les blâment tombent sous leur coupe et ceux qui les déchirent ne manquent de se traîner à leurs pieds: nous les honorerons pour mieux les éviter, nous les encenserons pour mieux les repousser et nous les diviniserons pour mieux les écraser sous leur symbole.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=86}}
 
{{citation|Une semaine a donc passé depuis le décès de Madame Mère et ce fut la semaine la plus longue de ma vie, elle m'aura duré je n'entends plus combien de mois, je me retrouve non pas seul, mais véritablement multiplié, je me retrouve les mains pleines, une présence à mes côtés et dans mon être une lumière. La morte a répandu sur moi les dons que je n'osais attendre de personne, le vide qu'elle avait laissé s'emplit de grâces débordantes et de faveurs incessantes. Bonne Madame Mère, je vous remercie, vous m'avez révélé ce que je croyais impossible et votre mission se continue au travers de la mienne.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=91}}
 
{{citation|Pardonnez-moi ces éclaircissements, mais le remède à la douleur est en la transcendance et nulle douleur n'y résiste, le chemin n'est pas long et nos vertus servent à l'accourcir, la récompense des vertus est en la disposition qu'elles impriment à nos habitudes et comme la plupart du temps nous subsistons par les secondes, nos habitudes finiront par naturaliser les vertus les moins naturelles, nous sommes transformés et nous le découvrons au résultat, le mouvement qui nous transforme nous échappe, enfin nous mûrissons et nous passons par d'insensibles acheminements de l'état de Nature à l'état de Grâce.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=94}}
 
{{citation|La perfection se ramasse en l'Archétype, c'est lui que nous aimons à travers la personne.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=98}}
 
{{citation|Madame Mère en tant que personne avait ses défauts, elle avait aussi ses limites, les femmes les plus remarquables de l'histoire ont leurs petits côtés propres aux femmes, les unes fussent-elles reines, les autres fussent-elles saints, nous devons les leur pardonner, c'est la rançon que leur nature paye à l'ordre et l'ordre nous a pour auteurs : le rôle que nous faisons jouer à la femme, la femme ne l'a pas choisi, les femmes devenues prêtresses et maîtresses nous en imposeraient de plus humiliants et qui nous rendraient plus petits qu'elles ne semblent, nous ne devons pas oublier qu'en attendant elles sont nos victimes.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=101}}
 
{{citation|Il est bien rare qu’une femme se rende auteur d'une œuvre remarquable, mais il est fréquent – avouons-le – qu'elle la suscite, l'ombre où la femme se dérobe est une source de grandeur et plus que la lumière où trop de femmes cherchent à paraître.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=102}}
 
{{citation|Madame Mère était sage et coquette, elle jouait avec le feu, parce qu'elle était sûre d'elle, elle était la réserve même et ne perdait jamais la tête, elle pensait et calculait sans en avoir la mine, elle avait le génie tactique, elle tirait de faibles apparences des conclusions très recevables et nul ne pénétrait mieux son prochain.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=106}}
 
{{citation|Non, je ne pleure pas Madame Mère, les larmes que nous donnons à nos morts c'est notre complaisance qui nous les arrache et l'homme pleure sur soi-même. Il m'est indifférent de mourir ou de vivre et je fus toujours dans ces dispositions, les femmes et l'amour ne sauraient m'émouvoir, la femme que fut en son temps Madame Mère ne m'attira jamais, mes profondeurs sont flegmatiques, leur calme me surprend, je ne me connaissais encore et cette révélation m'enseigne que j'étais né pour être un philosophe. La tourmentée ce fut Madame Mère, mais ses alarmes nous sauvèrent tous, son tremblement valait une sagesse.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=108}}
 
{{citation|Madame Mère connaissait les femmes, elle m'apprit leurs faibles et m'instruisit sur leurs menées, elle dissipa mes illusions et je l'en remercie encore, elle alla jusqu'à se diminuer afin de me désabuser, son procédé cruel m'a fortifié dans mon flegme. Elle me conseilla de ne pas chercher le bonheur et m'assura que tous les malheurs se dérivent de la quête, je pense qu'elle n'avait pas si tort, la moindre ivresse est un engagement et l'on est jamais puni de se refuser. Madame Mère, louée soit votre sagesse ! Vous m'avez refroidi, c'était le plus grand des services à me rendre.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=109}}
 
{{citation|Madame Mère me prêchait un bonheur négatif, une félicité sans incommodités, un ascétisme volontaire, un égoïsme vertueux, et je professe qu'elle avait raison. Madame Mère avait compris le monde et c'est du monde qu'elle m'a sauvé, je sens que je ne lui reproche rien et je lui dois peut-être d'avoir moins souffert que si je fusse devenu ce que mon naturel m'insinuait parfois. Ce naturel, elle le plia sous le joug de ses principes, car elle était la femme forte, accoutumée à surmonter ses défaillances, et le tout non sans une douceur prévenante et de continuelles gentillesses, qui partaient, elles, de son cœur.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=110}}
 
{{citation|Il ne m'importe de savoir que l'univers est vide, il ne m'importe d'éprouver que la nécessité gouverne et que les lois du monde sont impersonnelles, la vérité ne fut jamais une autre et je proteste qu'elle me suffit, je n'ai que mépris pour les faibles qui s'imaginent qu'ils les reverront, leurs morts.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=112}}
 
{{citation|Nous ne les reverrons jamais et c'est pourquoi nous les aimons, le néant est la rançon de l'amour et du néant l'amour est la couronne, il est bon qu'il en soit ainsi, le temps et la personne se confondent, l'amour et le néant se correspondent, ceux qui nous pipent là-dessus je les appelle des sophistes. L'école du consentement prélude à la grandeur et la vie éternelle est celle dont nous participons ici-bas, jamais ailleurs, ailleurs n'est plus quand nous ne sommes. Voilà ce qu'il faut enseigner, voilà ce que nous méritons d'apprendre et voilà pourtant ce qu'on nous refuse et qu'on nous punirait même de croire !}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=113}}
 
{{citation|Je savais que Madame Mère était mortelle et voilà des années que l'idée de sa mort exerçait mon imagination, je voulus doucement m'y préparer et quand l'événement eut lieu, l'horreur m'en était familière et j'éprouvai comme un soulagement, voyant que la mort n'était rien, ni même celle de Madame Mère. Les morts ne souffrent d'être morts et les vivants ne souffrent que parce qu'ils vivent.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=114}}
 
{{citation|Il n'est pas raisonnable de toujours souffrir, à moins que la douleur ne nous amende, les morts que nous pleurons n'en savent rien et si nous nous rendons inconsolables, nous deviendrons la proie de notre complaisance. [...] Allais-je pleurer sur moi-même et me substituer en pensée à la morte ? Tous les inconsolables en arrivent là, je sens que je vaux mieux que mes regrets...}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=115}}
 
{{citation|Car même en la douleur il est plus de présomption que l'on ne pense et plus de volupté que l'on n’avoue. Le deuil, qui nous isole, achève par nous rengager, en nous forçant à nous appesantir : alors nous ressemblons à tout le monde et devenus pareils à tous, nous formons avec tous la masse de perdition, enveloppés dans les filets que tissent le désir, la crainte, l'amour et la haine, les jouets de l'illusion et les esclaves de la contingence. En vérité, je l'ai rompue, la chaîne, Madame Mère le savait, elle m'aura fourni les premiers éléments de cette liberté, qui m'affranchiront à leur tour de sa mémoire.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=116}}
 
{{citation|Je veux aimer Madame Mère par estime et par reconnaissance, après l'avoir chérie par inclination, car autrement je resterais, au milieu des vivants, le fils inconsolable d'une morte. Je servirais mal sa mémoire en jouissant d'une amertume savamment renouvelée et je me trahirais moi-même en faisant de mon deuil une raison de vivre.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=117}}
 
{{citation|Ma Mère fut l'unique événement de ce que je n'ose appeler mon existence, sa victoire est totale et je n'ai de chair qu'autant qu'il en faut pour me sentir esprit. Ma Mère est devenue l'autel, où malgré moi, j'allais offrir à ce principe, dont elle ne savait pas qu'elle était ici-bas l'annonce. Car chaque femme porte en soi l'image de ce moi profond, auquel nous n'accédons qu'en renonçant au nôtre.}}
{{Réf Livre|titre=Post Mortem|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|Collection=La Merveilleuse Collection|année=1968|page=119}}
 
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