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=== ''Ma confession'' (1975) ===
{{citation|J'ai cinquante ans et c'est le moment ou jamais de rentrer en moi-même. Je n'aime pas la vie et je ne me souviens pas de l'avoir aimée, l'idée que je pouvais mourir fut de tout temps ma consolation et plus le terme approche, plus ma joie s'en augmente, je suis pressé de quitter ce bas monde. A part les travaux de l'esprit, rien ne m'attache à l'existence, je fis toujours profession de méprise les voluptés, ma chair n'est pas à moi, mon sexe est à mes yeux un étranger et l'idée que certains l'aient appelé leur frère, me semble une aberration.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=11}}
 
{{citation|Le paradoxe est qu'étant l'un des bons auteurs, que l'on trouve à présent en France, le recul du français me remplit d'aise et son délabrement me met en joie, il me paraît qu'anticipant sur l'avenir, je passerai pour l'un des derniers mainteneurs du style et que mes morceaux feront l'ornement de leurs anthologies.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=12}}
 
{{citation|Pourquoi me rendis-je écrivain ? parce que j'avais quelque chose à dire et que, de plus, j'étais sujet au désespoir, mon métier m'empêcha de me détruire volontairement, au moins jusqu'à cette heure, cela m'arrivera pourtant, la gloire ne m'étant venue, la gloire eût traversé ma volonté de mort.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=13}}
 
{{citation|Je suis vivant parmi des hommes, qui le semblent, et dont je sais bien qu'ils sont morts, aussi morts que leurs dieux. [...] Je suis vivant et c'est pourquoi les Français ne m'entendent, ce sont des morts qui se trémoussent, ce sont des ombres qui ne se conçoivent plus, ce n'est qu'en cessant d'être Catholiques – je vais plus loin – ce n'est qu'en se rendant enfin persécuteurs féroces de l'Eglise, iconoclastes et profanateurs, qu'ils surmonteront ce qui les abaisse et qu'ils terrasseront ce qui les désassemble.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=17}}
 
{{citation|Les grands artistes de la vie passaient pour inhumains, au jugement des simples, les simples ne savaient par où les prendre, et Gœthe nous en fournit le modèle, il se servait des passions, il n'en servait aucune, on alla jusqu'à le lui reprocher. C'est qu'il est des sincérités à plusieurs battements, chose trop difficile à concevoir, si nous ne sommes en possession de l'éprouver nous-mêmes.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=19}}
 
{{citation|Nous vivons dans un monde où la plupart des hommes sont en trop et ce trop d'hommes, à son tour, engendre, les moralistes approuvant l'affaire et qui suffit à prouver l'athéisme. Nous sommes bel et bien à plaindre et nous ne sortirons du labyrinthe que saignés, saignés à blanc et réduits je ne sais à quelle fraction du présent nombre.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=21}}
 
{{citation|Il n'est provision qui ne s'épuise un jour et voilà plusieurs générations que la France est à s'imiter, en ne se renouvelant point, elle se croit nantie et se complaît en l'idée d'une précellence devenue imaginaire, au lieu de reconquérir l'héritage et de rentrer dans ses prérogatives. La France aurait besoin d'être violentée, les maîtres qu'elle se donna, la fortifient dans ses erreurs, ils lui ressemblent trop pour réformer quoi que ce soit, elle leur obéit, à cause qu'ils lui renvoient son image et ce faisant, elle se perpétue en l'aberration.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=22}}
 
{{citation|La différence entre le rêve et la réflexion, c'est que le premier se cantonne dans le virtuel, où la seconde prenant source dans le fait et le fait accompli, le soumet à son examen et le réduit au rang d'un phénomène, au lieu de le placer sur un autel et de l'y révérer avec une soumission rampante. Le lot du rêveur est la servitude, le rêveur s'accommode de n'importe quoi sur terre, le philosophe non et l'esprit d'examen lui permet un recul, le recul méthodique où se renferme notre liberté.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=26}}
 
{{citation|Autant je hais l'orgasme sexuel, autant je prise l'état fait de contemplation et de transport, de calme et de ravissement, de certitude et de vertige, où je me retrouve autre en devenant moi-même et ce durant parfois trois heures. Qu'est-ce auprès de cette félicité, que l'épilepsie d'une chair ébranlée durant trois minutes ?}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=27}}
 
{{citation|J’ai beaucoup réfléchi sur le pourquoi de l’ennui que les gens répandent, c’est une affaire d’éducation et de loisir, mes contemporains semblent excédés et tracassés, de plus ils sont toujours pressés, l’air de besogne est consubstantiel à leur nature, et le moyen d’être charmant et prévenant dans ces conditions ? Chacun de nous est un petit Atlas et chacun porte l’univers sur ses épaules, chacun répond de l’évidence et chacun reste seul avec une montagne de problèmes insolubles, de là notre fatigue.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=28}}
 
{{citation|L’instruction religieuse est un délire en un temps où les dieux sont morts et bien que la plupart des hommes, en Europe, n’osent se déclarer athées, il n’en subsiste pas un tiers, parmi ceux qui professent le Papisme, pour soutenir ses dogmes et pour s’avouer de la Conception Immaculée et de la Maternité Virginale, de la Virginité Perpétuelle et de la Royauté Céleste, pas même de la Trinité, voire de l’Incarnation ni de la Transsubstantiation, enfin deux tiers des Catholiques se partagent entre un théisme qui n’engage à rien, un dualisme qui ne détermine rien, un fatalisme qui ne vise à rien, un conformisme qui n’avance à rien, et j’oubliai l’astrolâtrie, de plus en plus envahissante. Un pêcheur d’hommes n’aurait plus qu’à jeter ses filets, comme avant deux mille ans, les mortels sont à prendre, il se prépare un changement de sensibilité, qui sera suivi d’une révolution spirituelle. Je me demande quels dieux nous encenseront demain ? notre avenir est décidé par les aveugles que nous sommes, j’en ai, moi, le vertige.}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=29}}
 
{{citation|Le but de l'éducation quel serait-il ? De rendre clairvoyants ceux qu'on défriche ou de les automatiser selon certaines lignes, de préférence à d'autres ? Hélas ! il n'est pas besoin de répondre et cela fait trembler pour l'avenir de notre espèce. Avec les moyens, qui sont dans le monde, la clairvoyance seule est en possession de nous sauver. L'on m'objectera que les hommes, rendus clairvoyants, seraient ingouvernables... et comment le savoir, puisque jamais ils ne le furent ?}}
{{Réf Livre|titre=Ma confession|auteur=Albert Caraco|éditeur={{w|L'Âge d'Homme (édition)|L'Âge d'Homme}}|année=1975|page=33}}
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