Différences entre versions de « Gaston Bachelard »

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== ''Le Nouvel Esprit scientifique'', 1934 ==
{{citation|Au-dessus du sujet, au-delà de l’objet, la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique, la méditation de l’objet par le sujet prend toujours la forme du projet.}}
{{Réf Livre|titre=Le Nouvel Esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1934|page=15}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1934
|page=15}}
 
== ''La Formation de l'esprit scientifique'', 1938 ==
{{citation|La science de la réalité ne se contente plus du ''comment'' phénoménologique ; elle cherche le ''pourquoi'' mathématique.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin
|année=1938|page=5}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Vrin
|année=1938
|page=5}}
{{Choisie citation du jour
|puce=*
 
{{citation|Une expérience ''scientifique'' est […] alors une expérience qui ''contredit'' l'expérience ''commune''.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=10}}
|auteur=Gaston Bachelard
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|année=1938
|page=10}}
 
{{citation|La science est l'esthétique de l'intelligence.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=10}}
|auteur=Gaston Bachelard
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|année=1938
|page=10}}
 
{{citation|La connaissance du réel est une lumière qui projette toujours quelque part des ombres.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=13}}
|auteur=Gaston Bachelard
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|année=1938
|page=13}}
 
{{citation|La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion, de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal, elle ne pense pas, elle traduit des besoins, en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en la maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique toute connaissance est une réponse a une question. S'il n'y a pas eu de question il ne peut pas avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=14}}
|auteur=Gaston Bachelard
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|année=1938
|page=14}}
 
{{citation|Face au réel, ce qu'on croit savoir clairement offusque ce qu'on devrait savoir. Quand il se présente à la culture scientifique, l'esprit n'est jamais jeune. Il est même très vieux, car il a l'âge de ses préjugés. Accéder à la science, c'est, spirituellement, rajeunir, c'est accepter une mutation brusque qui doit contredire un passé.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=14}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Vrin
|année=1938
|page=14}}
 
{{citation|Ainsi toute culture scientifique doit commencer […] par une catharsis intellectuelle et affective.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=18}}
|auteur=Gaston Bachelard
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|année=1938
|page=18}}
 
{{citation|Nous comprenons la Nature en lui résistant.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=23}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Vrin
|année=1938
|page=23}}
 
{{citation|Une connaissance générale est presque fatalement une connaissance vague.}}
{{Réf Livre|titre=La Formation de l'esprit scientifique|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=1938|page=72}}
|auteur=Gaston Bachelard
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|année=1938
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{{Choisie citation du jour
|puce=*
== ''La Psychanalyse du feu'', 1938 ==
{{citation|Loin de s'émerveiller, la pensée objective doit ironiser.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|section=avant-propos|page=9-10}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|section=avant-propos
|page=9-10}}
 
{{citation|Il suffit que nous parlions d'un objet pour nous croire objectifs.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|section=avant-propos|page=11}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|section=avant-propos
|page=11}}
 
{{citation|Il faut donc opposer à l'esprit poétique expansif, l'esprit scientifique taciturne pour lequel l'antipathie préalable est une saine précaution.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|section=avant-propos|page=12}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|section=avant-propos
|page=12}}
 
{{citation|Le rêve chemine linéairement, oubliant son chemin en courant. La rêverie travaille en étoile. Elle revient à son centre pour lancer de nouveaux rayons.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|chapitre=2 (« Feu et rêverie »)|page=32}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|chapitre=2 (« Feu et rêverie »)
|page=32}}
 
{{citation|La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|chapitre=2 (« Feu et rêverie »)|page=34}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|chapitre=2 (« Feu et rêverie »)
|page=34}}
 
{{citation|Le rêve est plus fort que l'expérience.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|chapitre=2 (« Feu et rêverie »)|page=40}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|chapitre=2 (« Feu et rêverie »)
|page=40}}
 
{{citation|L'amour n'est qu'un feu à transmettre. Le feu n'est qu'un amour à surprendre.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|chapitre=3 (« Psychanalyse et préhistoire »)|page=48}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|chapitre=3 (« Psychanalyse et préhistoire »)
|page=48}}
 
{{citation|Avant d'être le fils du bois, le feu est le fils de l'homme.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|chapitre=3 (« Psychanalyse et préhistoire »)|page=49}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|chapitre=3 (« Psychanalyse et préhistoire »)
|page=49}}
 
{{citation|La manière dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|chapitre=3 (« Psychanalyse et préhistoire »)|page=54}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|chapitre=3 (« Psychanalyse et préhistoire »)
|page=54}}
 
{{citation|Pour être heureux, il faut penser au bonheur d'un autre.}}
{{Réf Livre|titre=La Psychanalyse du feu|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Gallimard|année=1949|collection=NRF idées|section=conclusion|page=181}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Gallimard
|année=1949
|collection=NRF idées
|section=conclusion
|page=181}}
 
== ''La Philosophie du non'', 1940 ==
{{citation|L'esprit scientifique ne peut se constituer qu'en détruisant l'esprit non scientifique. Trop souvent le savant se confie à une pédagogie fractionnée alors que l'esprit scientifique devrait viser à une réforme subjective totale. Tout réel progrès dans la pensée scientifique nécessite une conversion.}}
{{Réf Livre|titre=La Philosophie du non|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1962|page=8}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1962
|page=8}}
 
{{citation|Pour que nous ayons quelque garantie d'être du même avis, sur une idée particulière, il faut, pour le moins, que nous n'ayons pas été du même avis. Deux hommes, s'ils veulent s'entendre vraiment, ont dû d'abord se contredire. La vérité est fille de la discussion, non pas fille de la sympathie.}}
{{Réf Livre|titre=La Philosophie du non|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1962|page=134}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1962
|page=134}}
 
== ''[[w:L'Eau et les Rêves|L'Eau et les Rêves]]'', 1942 ==
{{citation|Au fond de la matière pousse une végétation obscure ; dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires. Elles ont déjà leurs velours et la formule de leur parfum.}}
{{Réf Livre|titre=L'Eau et les Rêves|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1942|page=3}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1942
|page=3}}
 
{{citation|La mort quotidienne n'est pas la mort exubérante du feu qui perce le ciel de ses flèches ; la mort quotidienne est la mort de l'eau. L'eau coule toujours, l'eau tombe toujours, elle finit toujours en sa mort horizontale. Dans d'innombrables exemples nous verrons que pour l'imagination matérialisante la mort de l'eau est plus songeuse que la mort de la terre : la peine de l'eau est infinie.}}
{{Réf Livre|titre=L'Eau et les Rêves|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1942|page=9}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1942
|page=9}}
 
{{citation|C'est près de l'eau que j'ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l'intermédiaire d'un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l'eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays. Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d'un vallon, au bord d'une eau vive, dans l'ombre courte des saules et des osières.}}
{{Réf Livre|titre=L'Eau et les Rêves|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1942|page=11}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1942
|page=11}}
 
{{citation|citation=L'être voué à l'eau est un être en vertige. Il meurt à chaque minute.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=13|partie=IV|chapitre=Introduction: Imagination et matière|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=L'individu n'est pas la somme de ses impressions générales, il est la somme de ses impressions singulières.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=14|partie=V|chapitre=Introduction: Imagination et matière|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|C'est en se tenant assez longtemps à la surface irisée que nous comprendrons le prix de la profondeur.}}
{{Réf Livre|titre=L'Eau et les Rêves|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1942|page=16}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1942
|page=16}}
 
{{citation|citation=Plus qu'aucun autre élément peut-être, l'eau est une réalité poétique complète. Une poétique de l'eau, malgré la variété de ses spectacles, est assurée d'une unité. L'eau doit suggérer au poète une obligation nouvelle : ''l'unité d'élément''. Faute de cette unité d'élément, l'imagination matérielle n'est pas satisfaite et l'imagination formelle n'est pas suffisante pour lier les traits disparates. L'oeuvre manque de vie parce qu'elle manque de substance.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=24|partie=VI|chapitre=Introduction: Imagination et matière|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=L'imagination n'est pas, comme le suggère l'étymologie, la faculté de former des images de la réalité ; elle est la faculté de former des images qui dépassent la réalité, qui ''chantent la réalité''. Elle est une faculté de surhumanité.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=25|partie=VII|chapitre=Introduction: Imagination et matière|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=Une psychologie de l'esprit en action est automatiquement la psychologie d'un esprit exceptionnel, la psychologie d'un esprit que tente l'exception : l'image nouvelle greffée sur une image ancienne.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=25|partie=VII|chapitre=Introduction: Imagination et matière|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=[...] le narcissisme n'est pas toujours névrosant. Il joue ainsi un rôle positif dans l'oeuvre esthétique, et par des transpositions rapides, dans l'oeuvre littéraire. La sublimation n'est pas toujours la négation d'un désir ; elle ne se présente pas toujours comme une sublimation ''contre'' des instincts. Elle peut être une sublimation ''pour'' un idéal.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=33|partie=II|chapitre=I Les eaux claires, les eaux printanières et les eaux courantes, les conditions objectives du narcissisme, les eaux amoureuses|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=La vie réelle se porte mieux si on lui donne ses justes vacances d'irréalité.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=34|partie=II|chapitre=I Les eaux claires, les eaux printanières et les eaux courantes, les conditions objectives du narcissisme, les eaux amoureuses|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L'oeil véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas «cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes»? [Claudel, ''L'Oiseau noir dans le Soleil levant''].}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=39|partie=V|chapitre=I Les eaux claires, les eaux printanières et les eaux courantes, les conditions objectives du narcissisme, les eaux amoureuses|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=Devant l'eau profonde, tu choisis ta vision ; tu peux voir à ton gré le fond immobile ou le courant, la rive ou l'infini ; tu as le droit ambigu de voir et de ne pas voir ; tu as le droit de vivre avec le batelier ou de vivre avec «une race nouvelle de fées laborieuses, douées d'un goût parfait, magnifiques et minutieuses». La fée des eaux, gardienne du mirage, tient tous les oiseaux du ciel dans sa main. Une flaque contient un univers. Un instant de rêve contient une âme entière.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=63|partie=III|chapitre=II Les eaux profondes — Les eaux dormantes — Les eaux mortes, «L'eau lourde» dans la rêverie d'Edgar Poe|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=Dans la rêverie d'Edgar Poe, pour un rêveur vivant, fidèle à la clairvoyance du rêve, comme Edgar Poe, une des fonctions du végétal est de produire de l'ombre comme la seiche produit de l'encre. A chaque heure de sa vie la forêt doit aider la nuit à noircir le monde.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=67|partie=IV|chapitre=II Les eaux profondes — Les eaux dormantes — Les eaux mortes, «L'eau lourde» dans la rêverie d'Edgar Poe|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=L'eau est ''l'élément'' de la mort jeune et belle, de la mort fleurie, et, dans les drames de la vie et de la littérature, elle est ''l'élément'' de la mort sans orgueil ni vengeance, du suicide masochiste.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=98|partie=V|chapitre=III Le complexe de Caron, le complexe d'Ophélie|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|La barque de Caron va toujours aux enfers. Il n'y a pas de nautonier du bonheur.}}
{{Réf Livre|titre=L'Eau et les Rêves|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1942|page=108}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1942
|page=108}}
 
{{citation|citation=Comme le dit Salvador Dali, la «montre molle» est chair, elle est «fromage». Ces déformations sont souvent mal comprises parce qu'elles sont vues statiquement. Certains critiques ''stabilisés'' les prennent aisément pour des insanies. Ils n'en vivent pas la force onirique profonde, ils ne participent pas à l'imagination de riche viscosité qui donne parfois à un clin d'oeil le bénéfice d'une divine lenteur.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=123|partie=IV|chapitre=IV Les eaux composées|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=Si la ''provocation'' est une notion indispensable pour comprendre le rôle actif de notre connaissance du monde, c'est qu'on ne fait pas de la psychologie avec de la défaite. On ne connaît pas tout de suite le monde dans une connaissance placide, passive, quiète. Toutes les rêveries constructives — et il n'est rien de plus essentiellement constructeur que la rêverie de puissance — s'animent dans l'espérance d'une adversité surmontée, dans la vision d'un adversaire vaincu. On ne trouvera le sens vital, nerveux, réel des notions objectives qu'en faisant l'histoire psychologique d'une victoire orgueilleuse remportée sur un élément adverse. C'est l'orgueil qui donne à l'unité dynamique à l'être, c'est lui qui crée et allonge la fibre nerveuse. C'est l'orgueil qui donne à l'élan vital ses trajets rectilignes, c'est-à-dire son succès absolu. C'est le sentiment de la victoire certaine qui donne au réflexe sa flèche, la joie souveraine, la joie mâle de perforer la réalité.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=181|partie=I|chapitre=VIII L'eau violente|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=Nietzsche a instruit patiemment sa volonté de puissance par ses longues marches dans la montagne, par sa vie en plein vent sur les sommets. Sur les sommets, il a aimé : «L'âpre divinité de la roche sauvage». La pensée dans le vent ; il a fait de la marche un combat. Mieux, ''la marche est son combat''. C'est elle qui donne le rythme énergétique de Zarathoustra. Zarathoustra ne parle pas assis, il ne parle pas en se promenant, comme un péripatéticien. Il donne sa doctrine en marchant énergiquement. Il la jette aux quatre vents du ciel.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=183|partie=II|chapitre=VIII L'eau violente|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=Les larmes du ''marcheur combattant'' ne sont pas de l'ordre des peines, elles sont de l'ordre de la rage. Elles répondent par la colère à la colère de la tempête. Le vent ''vaincu'' les essuiera.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=184|partie=II|chapitre=VIII L'eau violente|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=La marche contre le vent, la marche dans la montagne est sans doute l'exercice qui aide le mieux à vaincre le ''complexe d'infériorité''. Réciproquement, cette marche qui ne désire pas de but, cette ''marche pure'' comme une ''poésie pure'', donne de constantes et d'immédiates impressions de volonté de puissance.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=184|partie=II|chapitre=VIII L'eau violente|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=L'appel de l'eau réclame en quelque sorte un don total, un don intime. L'eau veut un habitant.}}
{{Réf Livre|titre=L'eau et les rêves — Essai sur l'imagination de la matière|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1993|année d'origine=1942|page=187|partie=III|chapitre=VIII L'eau violente|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
== ''L'Air et les Songes'', 1943 ==
 
{{citation|citation=<poem>Le poème est essentiellement ''une aspiration à des images nouvelles''. Il correspond au besoin essentiel de ''nouveauté'' qui caractérise le psychisme humain.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=6|partie=I|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=6
|partie=I
|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Par l'imagination nous abandonnons le cours ordinaire des choses. Percevoir et imaginer sont aussi antithétiques que présence et absence. Imaginer c'est s'absenter, c'est s'élancer vers une vie nouvelle.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=8|partie=I|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=8
|partie=I
|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Parce que le poète nous découvre une nuance ''fugitive'', nous apprenons à imaginer toute nuance comme un ''changement''. Seule l'imagination peut voir les nuances, elle les saisit au passage d'une couleur à une autre.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=9|partie=II|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=9
|partie=II
|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Un être privé de la ''fonction de l'irréel'' est un névrosé aussi bien que l'être privé de la ''fonction du réel''. On peut dire qu'un trouble de la fonction de l'irréel retentit sur la fonction du réel. Si la fonction ''d'ouverture'', qui est proprement la fonction de l'imagination, se fait mal, la perception elle-même reste obtuse. On devra trouver une filiation régulière du réel à l'imaginaire.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=13|partie=III|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=13
|partie=III
|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>M. Edouard Le Roy a apporté de nombreux développements à la théorie de la matière chez Bergson. Il a montré que l'habitude était l'inertie du devenir psychique. De notre point de vue très particulier, l'habitude est l'exacte antithèse de l'imagination créatrice. L'image habituelle arrête les forces imaginantes. L'image apprise dans les livres, surveillée et critiquée par les professeurs, bloque l'imagination.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1992|année d'origine=1943|page=18|partie=IV|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=18
|partie=IV
|chapitre=Introduction: « Imagination et mobilité »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|L'homme en tant qu'homme ne peut vivre horizontalement. Son repos, son sommeil est le plus souvent une chute.}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1950|année d'origine=1943|page=19|section=Introduction}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1950
|page=19
|section=introduction}}
 
{{citation|Le verbe n’est-il pas la première allégresse ? La parole a une tonicité si elle espère.}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1950|année d'origine=1943|page=20|section=Introduction}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1950
|page=20
|section=introduction}}
 
{{citation|citation=<poem>Les images poétiques sont [...] toutes, pour Shelley, des ''opérateurs d'élévation''. Autrement dit, les images poétiques sont des ''opérations'' de l'esprit humain dans la mesure où elles nous allègent, où elles nous soulèvent, où elles nous élèvent. Elles n'ont qu'un axe de référence : l'axe vertical. Elles sont essentiellement aériennes. Si une seule image du poème manque à remplir cette fonction d'allègement, le poème s'écrase, l'homme est rendu à son esclavage, la chaîne le blesse.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=55|partie=VI|chapitre=I. « Le Rêve de vol »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=55
|partie=VI
|chapitre=I. « Le Rêve de vol »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>La poétique de Shelley est une poétique de l'''immensité bercée''. Le monde est pour Shelley un immense berceau — un berceau cosmique — d'où, sans cesse, s'envolent des rêves.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=59|partie=VI|chapitre=I. « Le Rêve de vol »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=59
|partie=VI
|chapitre=I. « Le Rêve de vol »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Le paon est éminemment ''terrestre''. C'est un musée minéral.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=87|partie=I|chapitre=II. « La poétique des ailes »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=87
|partie=I
|chapitre=II. « La poétique des ailes »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|Imaginer, c'est hausser le réel d'un ton.}}
{{Réf Livre|titre= L'Air et les Songes|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1950|année d'origine=1943|page=98}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1950
|page=98}}
 
{{citation|citation=<poem>Pour comprendre Blake, il faut que le lecteur s'apprenne à alerter tous les muscles du corps, et qu'il y joigne essentiellement à l'effort un souffle, un souffle de colère. Il arrivera ainsi à donner son vrai sens à ce qu'on pourrait appeler pour caractériser l'inspiration blakienne: l'''inspiration rauque''.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=105|partie=VI|chapitre=II. « La poétique des ailes »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=105
|partie=VI
|chapitre=II. « La poétique des ailes »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Henri Wallon a montré que l'agoraphobie n'était, au fond, qu'une variété de la peur de tomber. Elle n'est pas une peur de rencontrer des hommes, mais une peur de ne pas rencontrer d'appui.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=117|partie=VI|chapitre=III. « La chute imaginaire »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=117
|partie=VI
|chapitre=III. « La chute imaginaire »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>N'imagine pas qui veut ! Il ne s'agit pas d'imaginer n'importe quoi. La révolution euphorique se trouve au contraire devant cette tâche difficile qu'est l'''unité d'imagination''. Pour gagner cette unité d'imagination, pour avoir le schème dynamique directeur du bonheur, il faut donc revenir à l'un des grands principes de l'imagination matérielle. Ce n'est pas là une condition suffisante du bonheur, mais c'est une condition nécessaire. L'on ne peut être heureux avec une ''imagination divisée''. La sublimation — tâche positive de l'imagination — ne peut être occasionnelle, hétéroclite, scintillante. Un principe de calme doit venir auréoler toutes les passions, même les passions de la force.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=146 |partie=VI|chapitre=IV. « Les travaux de Robert Desoille »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=146
|partie=VI
|chapitre=IV. « Les travaux de Robert Desoille »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Dans le règne de l'imagination, l'air nous libère des rêveries substantielles, intimes, digestives. Il nous libère de notre attachement aux matières : il est donc la matière de notre liberté. A Nietzsche, l'air n'apporte ''rien''. Il ne donne ''rien''. Il est l'immense gloire d'un Rien. Mais de ''rien donner'' n'est-il pas le plus grand des dons. Le grand donateur aux mains vides nous débarrasse des désirs de la main tendue. Il nous habitue à ne rien recevoir, donc à tout prendre. [...] l'air est la véritable patrie du ''prédateur''. L'air est cette ''substance infinie'' qu'on traverse d'un trait, dans une liberté offensive et triomphante, comme la foudre, comme l'aigle, comme la flèche, comme le regard impérieux et souverain. Dans l'air on emporte au grand jour sa victime. On ne se cache pas.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=175|partie=III|chapitre=V. « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=175
|partie=III
|chapitre=V. « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Le nietzschéisme est essentiellement un vertige surmonté. Près de l'abîme, Nietzsche vient chercher des images dynamiques d'ascension. Le réel du gouffre donne à Nietzsche, par une dialectique bien connue de l'orgueil, la conscience d'être une force surgissante.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=190|partie=VII|chapitre=V. « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=190
|partie=VII
|chapitre=V. « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>La volonté nietzschéenne prend appui sur sa propre vitesse. Elle est une accélération du devenir qui n'a pas besoin de matière. Il semble que l'abîme, comme un arc toujours tendu, serve à Nietzsche à lancer ses flèches vers le haut. Près de l'abîme, le destin humain est de tomber. Près de l'abîme, le destin du surhomme est de jaillir, tel un pin vers le ciel bleu.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=191|partie=VII|chapitre=V. « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=191
|partie=VII
|chapitre=V. « Nietzsche et le psychisme ascensionnel »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Sur cet immense tableau d'une nuit céruléenne, la rêverie mathématicienne a écrit des épures. Elles sont toutes fausses, délicieusement fausses, ces constellations ! Elles unissent, dans une même figure, des astres totalement étrangers. Entre des points réels, entre des étoiles isolées comme des diamants solitaires, le rêve constellant tire des lignes imaginaires. Dans un pointillisme réduit au minimum, ce grand maître de peinture abstraite qu'est le rêve voit tous les animaux du zodiaque.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=227|partie=I|chapitre=VII. « Les Constellations »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=227
|partie=I
|chapitre=VII. « Les Constellations »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>«Connaître» les constellations, les nommer comme dans les livres, projeter sur le ciel une carte scolaire du ciel, c'est brutaliser nos forces imaginaires, c'est nous enlever le bienfait de l'onirisme étoilé. Sans le poids de ces mots qui «soulagent la mémoire», — la mémoire des mots, cette grande paresseuse qui refuse de rêver, — chaque nuit nouvelle serait pour nous une rêverie nouvelle, une cosmogonie renouvelée. Le conscient mal fait, le conscient tout fait est aussi nocif pour l'âme rêvante que l'inconscient amorphe ou déformé. Le psychisme doit trouver l'équilibre entre l'imaginé et le connu. Cet équilibre ne se satisfait pas de vaines substitutions où, subitement, les forces imaginantes se voient associées à des schémas arbitraires. L'imagination est une force première. Elle doit naître dans la solitude de l'être imaginant.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais
|année=1992|année d'origine=1943|page=228|partie=I|chapitre=VII. « Les Constellations »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=228
|partie=I
|chapitre=VII. « Les Constellations »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>L'imagination a besoin d'un allongement, d'un ralenti. Et en particulier, plus que tout autre, l'imagination de la matière nocturne a besoin de lenteur.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=233|partie=II|chapitre=VII. « Les Constellations »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=233
|partie=II
|chapitre=VII. « Les Constellations »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Le ciel étoilé est le plus lent des mobiles naturels.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=233|partie=III|chapitre=VII. « Les Constellations »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=233
|partie=III
|chapitre=VII. « Les Constellations »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Dans la contemplation, l'être rêvant apprend à s'animer de l'intérieur, il apprend à vivre le temps régulier, le temps sans élan et sans heurt. C'est le ''temps de la nuit''.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943|page=235|partie=III|chapitre=VII. « Les Constellations »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=235
|partie=III
|chapitre=VII. « Les Constellations »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>[...] la rêverie des nuages reçoit un caractère psychologique particulier : elle est une rêverie sans responsabilité.
L'aspect immédiat de cette rêverie, c'est d'être, comme il a été souvent dit, un jeu aisé des formes. Les nuages sont une matière d'imagination pour un pétrisseur paresseux. On les rêve comme une ouate légère qui se travaillerait elle-même.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|page=239|partie=I|chapitre=VIII. « Les Nuages »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=239
|partie=I
|chapitre=VIII. « Les Nuages »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>La première tâche du poète est de désancrer en nous une matière qui veut rêver.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=245|partie=II|chapitre=VIII. « Les Nuages »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=245
|partie=II
|chapitre=VIII. « Les Nuages »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Impossible d'imaginer un petit nuage qui disparaisse en tombant. Le petit nuage, le nuage léger est le thème d'ascension la plus régulière, la plus sûre. Il est un conseil permanent de sublimation.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=248|partie=III|chapitre=VIII. « Les Nuages »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=248
|partie=III
|chapitre=VIII. « Les Nuages »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>La poésie totale, la ''poésie parfaite'', dit Hugo von Hofmannsthal, «c'est le corps d'un elfe, transparent comme l'air, le messager vigilant qui porte à travers les airs une parole magique : en passant il s'empare du mystère de nuages, des étoiles, des cimes, des vents; il transmet la formule magique fidèlement, mêlée cependant aux voix mystérieuses des nuages, des étoiles, des cimes et des vents». Le messager ne fait plus qu'un avec le message. Le monde intime du poète rivalise avec l'univers.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=260|partie=II|chapitre=IX. « La Nébuleuse »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=260
|partie=II
|chapitre=IX. « La Nébuleuse »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>La végétation ne connaît pas de contradiction. Il vient des nuages pour contredire le soleil du solstice. Aucune tempête n'empêche l'arbre, à son heure, de devenir vert.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=288|partie=IX|chapitre=X. « L'arbre aérien »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=288
|partie=IX
|chapitre=X. « L'arbre aérien »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Il n'y a pas de ''poésie'' antécédente à l'acte du verbe poétique. Il n'y a pas de réalité antécédente à l'image littéraire. L'image littéraire ne vient pas habiller une image nue, ne vient pas donner la parole à une image muette. L'imagination, en nous, parle, nos rêves parlent, nos pensées parlent. Toute activité humaine désire parler. Quand cette parole prend conscience de soi, alors l'activité humaine désire écrire, c'est-à-dire agencer les rêves et les pensées. L'imagination s'enchante de l'image littéraire. La littérature n'est donc le succédané d'aucune autre activité. Elle achève un désir humain. Elle représente une ''émergence'' de l'imagination.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=324|partie=IX|chapitre=Conclusion I: « L'image littéraire »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=324
|partie=IX
|chapitre=Conclusion I: « L'image littéraire »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>L'image littéraire promulgue des sonorités qu'il faut appeler, sur un mode à peine métaphorique, des ''sonorités écrites''. Une sorte d'oreille abstraite, apte à saisir des voix tacites, s'éveille en écrivant; elle impose des canons qui précisent les genres littéraires. Par un langage amoureusement écrit, une sorte d'audition projetante, sans nulle passivité, se prépare. La ''Natura audiens'' prend le pas sur la ''Natura audita''. La plume chante!</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=324|partie=IX|chapitre=Conclusion I: « L'image littéraire »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=324
|partie=IX
|chapitre=Conclusion I: « L'image littéraire »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|citation=<poem>Comme elle est injuste, la critique qui ne voit dans le langage qu'une sclérose de l'expérience intime ! Au contraire, le langage est toujours un peu en avant de notre pensée, un peu plus bouillonant que notre amour. Il est la belle fonction de l'imprudence humaine, la vantardise dynamogénique de la volonté, ce qui exagère la puissance. A plusieurs reprises, au cours de cet essai, nous avons souligné le caractère dynamique de l'exagération imaginaire. Sans cette exagération, la vie ne peut pas se développer. En toutes circonstances, la vie prend trop pour avoir assez. Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez. Il faut que la volonté imagine trop pour réaliser assez.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=L'Air et les Songes — Essai sur l'imagination du mouvement|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Le Livre de Poche|collection=Biblio Essais|année=1992|année d'origine=1943
|page=329|partie=IX|chapitre=Conclusion I: « L'image littéraire »|ISBN=978-2-253-06100-7}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Le Livre de Poche
|collection=Biblio Essais
|année=1992
|page=329
|partie=IX
|chapitre=Conclusion I: « L'image littéraire »
|ISBN=978-2-253-06100-7}}
 
{{citation|Il faut que l'imagination prenne trop pour que la pensée ait assez.}}
{{Réf Livre|titre= L'Air et les Songes|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1950|année d'origine=1943|page=288}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1950
|page=288}}
 
== ''La Terre et les Rêveries du repos'', 1946 ==
{{citation|L'imagination n'est rien d'autre que le sujet transporté dans les choses.}}
{{Réf Livre|titre=La Terre et les Rêveries du repos|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1948|page=3}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1948
|page=3}}
 
{{citation|L'imagination […] trouve plus de réalité à ce qui se cache qu'à ce qui se montre.}}
{{Réf Livre|titre=La Terre et les Rêveries du repos|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1948|page=25}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1948
|page=25}}
 
== ''La Terre et les Rêveries de la volonté'', 1948 ==
{{citation|L'imagination créatrice a de tout autres fonctions que celles de l'imagination reproductrice. À elle appartient cette ''fonction de l'irréel'' qui est psychiquement aussi utile que la ''fonction du réel'' si souvent évoquée par les psychologues pour caractériser l'adaptation d'un esprit à une réalité estampillée par les valeurs sociales.}}
{{Réf Livre|titre=La Terre et les Rêveries de la volonté|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1948|page=3}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1948
|page=3}}
 
{{citation|Ainsi une statue, c’est aussi bien l’être humain immobilisé par la mort que la pierre qui veut naître dans une forme humaine. La rêverie qui contemple une statue est alors animée dans un rythme d’immobilisation et de mise en mouvement. Elle est naturellement livrée à une ambivalence de la mort et de la vie.}}
{{Réf Livre|titre=La Terre et les Rêveries de la volonté|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=José Corti|année=1948|page=227-228}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=José Corti
|année=1948
|page=227-228}}
 
== ''La Dialectique de la durée'', 1950 ==
{{citation|La pensée pure doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c'est la pensée du néant.}}
{{Réf Livre|titre= La Dialectique de la durée|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1950|page=9}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1950
|page=9}}
 
== ''La Poétique de l'espace'', 1957 ==
{{citation|La devise du mollusque serait alors : il faut vivre pour bâtir sa maison et non bâtir sa maison pour y vivre.}}
{{Réf Livre|titre=La Poétique de l'espace|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1961|page=106}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1961
|page=106}}
 
{{citation|La paix de la forêt est […] une paix de l'âme. La forêt est un état d'âme.}}
{{Réf Livre|titre=La Poétique de l'espace|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1961|page=171}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1961
|page=171}}
 
{{citation|Si l'on nous demandait le bienfait le plus précieux de la maison, nous dirions : la maison abrite la rêverie, la maison protège le rêveur, la maison nous permet de rêver en paix.}}
{{Réf Livre|titre=La Poétique de l'espace|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1961|page=25-26}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1961
|page=25-26}}
 
{{citation|Les mots — je l'imagine souvent — sont de petites maisons, avec cave et grenier. Le sens commun séjourne au rez-de chaussée, toujours prêt au « commerce extérieur », de plain-pied avec autrui, ce passant qui n'est jamais un rêveur. Monter l'escalier dans la maison du mot c'est, de degré en degré, abstraire. Descendre à la cave, c'est rêver, c'est se perdre dans les lointains couloirs d'une étymologie incertaine, c'est chercher dans les mots des trésors introuvables. Monter et descendre, dans les mots mêmes, c'est la vie du poète. Monter trop haut, descendre trop bas est permis au poète qui joint le terrestre à l'aérien. Seul le philosophe sera-t-il condamné par ses pairs à vivre toujours au rez-de-chaussée ?}}
{{Réf Livre|titre=La Poétique de l'espace|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=PUF|année=1961|page=139}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=PUF
|année=1961
|page=139}}
 
== ''Philosopher ou l'art de clouer le bec aux femmes'', 2006 ==
Quant à Gaston Bachelard, membre d'un jury de la Sorbonne qui, dans les années 1950, faisait passer un examen pour adultes, il se trouva face à une candidate âgée qui, au lieu de parler, se mit à pleurer. Bachelard en eut à son tour les larmes aux yeux. Il déclara alors à [[:w:Jean Guitton|Jean Guitton]], qui raconte la scène :
{{citation|Nous allons lui mettre dix et demi, c'est ce que nous méritons tous.}}
{{Réf Livre|titre=Philosopher ou l'art de clouer le bec au femmes|auteur=Frédéric Pagès|éditeur=Mille et une nuits|année=2006|page=16-17|ISBN=978-2-84205-978-1}}
{{Réf Livre
|titre=Philosopher ou l'art de clouer le bec au femmes
|auteur=Frédéric Pagès
|éditeur=Mille et une nuits
|année=2006
|page=16-17
|ISBN=978-2-84205-978-1}}
 
== ''Études'' ==
{{citation|C'est l'objectivation qui domine l'objectivité ; l'objectivité n'est que le produit d'une objectivation correcte.}}
{{Réf Livre|titre=Études|auteur=Gaston Bachelard|éditeur=Vrin|année=2002|page=61|ISBN=2711600467}}
|auteur=Gaston Bachelard
|éditeur=Vrin
|année=2002
|page=61
|ISBN=2711600467}}
 
 
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