Différences entre versions de « Léon Bloy »

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'''[[w:Léon Bloy|Léon Bloy]]''', né à Périgueux le {{Date|11|juillet|1846}} et mort à Bourg-la-Reine le {{Date|21|novembre|1917}}, est un romancier et essayiste français.
 
== Correspondance ==
== ''La Femme pauvre'', 1897 ==
=== ''Lettres de jeunesse'', 1870-1893 ===
 
''' À Georges Landry '''
{{citation|citation=[...] la ''folie'' des Croisades est ce qui a le plus honoré la raison humaine.}}
{{citation|citation=Il y a une loi d'équilibre divin, appelée la communion des Saints, en vertu de laquelle le mérite ou le démérite d'une âme, d'une seule âme est réversible sur le monde entier. Cette loi fait de nous absolument des dieux et donne à la vie humaine des proportions du grandiose le plus ineffable. Le plus vil des goujats porte dans le creux de sa main des millions de cœurs et tient sous son pied des millions de têtes de serpents. Cela il le saura au dernier jour. Un homme qui ne prie pas fait un mal inexprimable en tout langue humaine ou angélique. Le silence des lèvres est bien autrement épouvantable que le silence des astres.|précisions=Lettre du 16 octobre 1878 (?).}}
{{Réf Livre
{{Réf Livre|titre=Lettres de jeunesse (1870-1893)|auteur=Léon Bloy|éditeur=Édouard-Joseph|année=1920|page=98}}
|titre=La Femme pauvre
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Mercure de France
|collection=Folio
|année=1980
|page=234}}
 
{{citation|citation=[Sur le 14 Juillet] Cette fête, vraiment nationale, comme l'imbécillité et l'avilissement de la France, n'a rien qui l'égale dans l'histoire de la sottise des hommes et ne sera certainement jamais surpassée par aucun délire.}}
{{Réf Livre
|titre=La Femme pauvre
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Union Générale d'Editions
|collection=10-18
|année=1983
|page=283}}
 
{{citation|citation=[La Marianne] (...) le buste plâtreux d'une salope en bonnet phrygien (...).}}
{{Réf Livre
|titre=La Femme pauvre
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Union Générale d'Editions
|collection=10-18
|année=1983
|page=283}}
 
==''Je m’accuse…'', 1900 ==
{{citation|citation=Qu’est-ce, en effet, que le Protestantisme, sinon le déchet du Christianisme, la négation de l’Essence et de la Substance révélées ? Quand un homme dit : « Je suis protestant », c’est comme s’il disait : « ''Je n’existe pas'' ».}}
{{Réf Livre|titre=Je m’accuse…
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=La Maison d’Art
|année=1900
|page=75
}}
== ''Éxégèse des lieux communs'', 1902 ==
{{citation|citation=Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve !}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=9
}}
 
{{citation|citation=Le vrai Bourgeois [...] l'authentique et indiscutable bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=9-10
}}
{{Choisie citation du jour
|puce=*
|année=2010
|mois=juin
|jour=23
|commentaire=
|}}
 
 
{{citation|citation=Il est inutile de respecter les vivants, à moins qu'ils ne soient les plus forts. Dans ce cas, l'expérience suggère plutôt de lécher leurs bottes, fussent-elles merdeuses. Mais les morts doivent toujours être respectés.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=101}}
 
{{citation|citation=Par nature, le Bourgeois est haïsseur et destructeur de paradis. Quand il aperçoit un beau Domaine, son rêve est de couper les grands arbres, de tarir les sources, de tracer des rues, d'instaurer des boutiques et des urinoirs. Il appelle ça monter une affaire.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=141}}
 
{{citation|citation=L'universelle supériorité de l'homme qui n'est pas plus bête qu'un autre est ce que je connais de plus écrasant.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=184}}
 
{{citation|citation=Les moralistes ont toujours remarqué depuis longtemps qu'on a toujours assez de force pour supporter les peines d'autrui.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=212}}
 
{{citation|citation=Il faudrait n'avoir aucune expérience de la vie pour ignorer que plus on est riche, plus les charges sont pesantes parce qu'on a moins de prétextes pour s'en plaindre, et il faudrait être sourd et bien insensible pour ne pas entendre, à cet égard, les gémissements des riches et n'en avoir pas le cœur déchiré.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=256/257}}
 
{{citation|citation=On devrait fonder une chaire pour l'enseignement de la lecture entre les lignes.}}
{{Réf Livre
|titre=Éxégèse des lieux communs
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Rivages
|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque
|année=2005
|page=298}}
 
== ''Le Mendiant ingrat'', 1892-1895 ==
 
== Écrit intime ==
=== ''Le Mendiant ingrat'', 1898 ===
{{citation|citation= [A propos du ''Christ aux outrages'' d’Henry de Groux] La renommée devait donc emboucher toutes ses trompettes et crever pour lui tous ses tambours.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=7}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=7}}
 
{{citation|citation= Il n’est rien au monde que je vomisse autant que le pessimisme, qui représente à la fois, pour l’horreur de ma pensée, toutes les impuissances imaginables (…). Je n’estime que ''le courage sans mesure'' et je n’accepterai jamais d’être vaincu, - moi !}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=21}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=21}}
 
{{citation|citation= Surtout, je ne veux pas être le ''pamphlétaire'' à perpétuité.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=30}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=30}}
 
{{citation|citation= Aperçu Gustave Guiches dans le mauvais lieu. J’ai regardé ce drôle bien de face. L’expression de ses yeux fuyants est abominable. Élégance de propriétaire cadurcien. Allure de chat mouillé. Il a toujours l’air d’avoir été rossé avec ses propres échalas, par un métayer sans douceur.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=52}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=52}}
 
{{citation|citation= M’en a-t-on assez servi du « grand pamphlétaire » ! Quand messieurs les journalistes sont forcés de me nommer, de rompre, une minute, le ''silence'' concerté qu’ils croient si mortel, ils n’ont à dire que cela et ils le disent le plus fort qu’ils peuvent. (…) Ah ! je suis autre chose, pourtant, et on le sait bien. Mais quand je le fus, c’était par indignation et par amour, et mes cris, je les poussais, dans mon désespoir, sur mon Idéal saccagé !}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=64}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=64}}
 
{{citation|citation= [Sur Rodin] Ce grand sculpteur, dont les œuvres suent la force, paraît être un homme quelconque. On pourrait le croire pharmacien ou chef de bureau.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=66}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=66}}
 
{{citation|citation= [Sur le Protestantisme] Pour discuter, il faut descendre dans un marécage. Les paroles dépensées en vain reviennent, aussitôt, comme un jusant de boue fétide, sur le cœur de l’homme qui les à proférées.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=75}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=75}}
 
{{citation|citation= J’ai l’air de parler à la foule pour l’amuser. En réalité, je parle à quelques âmes d’exception qui discernent ma pensée et l’aperçoivent sous le voile.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=78}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=78}}
 
{{citation|citation= Je suis pour l’intolérance parfaite et j’estime que ''qui n’est pas avec moi est contre moi''.}}
{{Réf Livre|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895|auteur=Léon Bloy|éditeur=Robert Laffont|collection=Bouquins|année=1999|page=118}}
{{Réf Livre
|titre=Le Mendiant ingrat – 1892-1895
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Robert Laffont
|collection=Bouquins
|année=1999
|page=118}}
 
{{citation|citation=Étonnante médiocrité intellectuelle de Napoléon. Ce grand homme est le père de tous les lieux communs du XIXe siècle et plus ils sont abjects, plus leur extraction est sensible.}}
|page=166}}
 
=== ''Mon journal'', 1896-19001904 ===
 
{{citation|citation=Depuis une dizaine de siècles, au moins, il n'y a jamais eu qu'une Question d'Orient, question à triple face et à triple tour. Extermination ou du moins expulsion des Musulmans, extermination des Grecs et conquête du Saint-Sépulcre. Tout le reste est imbécillité et mensonge.}}
{{Réf Livre
|page=310}}
 
=== ''Quatre ans de captivité à Cochons-sur-Marne'', 1900-19041905 ===
 
{{citation|citation=Qu'est-ce que le suffrage universel ? C'est l'élection du père par les enfants.}}
{{Réf Livre
|page=484}}
 
=== ''L'Invendable'', 1904-19071909 ===
 
{{citation|citation=Audience du propriétaire. Cet ami du démon appartient à la famille des oraculaires. Impossible de s'en faire écouter, le trait caractéristique du crétin étant de parler sans relâche en admirant les lieux communs qu'il éjacule.}}
{{Réf Livre
|page=651}}
 
== CorrespondanceEssai ==
=== ''Je m’accuse…'', 1900 ===
{{citation|citation=Qu’est-ce, en effet, que le Protestantisme, sinon le déchet du Christianisme, la négation de l’Essence et de la Substance révélées ? Quand un homme dit : « Je suis protestant », c’est comme s’il disait : « ''Je n’existe pas'' ».}}
{{Réf Livre|titre=Je m’accuse…|auteur=Léon Bloy|éditeur=La Maison d’Art|année=1900|page=75}}
 
=== ''Éxégèse des Lieux Communs'', 1902 ===
=== À Georges Landry ===
{{citation|citation=Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve !}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=9}}
 
{{citation|citation=Le vrai Bourgeois [...] l'authentique et indiscutable bourgeois est nécessairement borné dans son langage à un très petit nombre de formules.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=9-10}}
{{Choisie citation du jour|puce=*|année=2010|mois=juin|jour=23|commentaire=|}}
 
 
{{citation|citation=Il est inutile de respecter les vivants, à moins qu'ils ne soient les plus forts. Dans ce cas, l'expérience suggère plutôt de lécher leurs bottes, fussent-elles merdeuses. Mais les morts doivent toujours être respectés.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=101}}
 
{{citation|citation=Par nature, le Bourgeois est haïsseur et destructeur de paradis. Quand il aperçoit un beau Domaine, son rêve est de couper les grands arbres, de tarir les sources, de tracer des rues, d'instaurer des boutiques et des urinoirs. Il appelle ça monter une affaire.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=141}}
 
{{citation|citation=L'universelle supériorité de l'homme qui n'est pas plus bête qu'un autre est ce que je connais de plus écrasant.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=184}}
 
{{citation|citation=Les moralistes ont toujours remarqué depuis longtemps qu'on a toujours assez de force pour supporter les peines d'autrui.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=212}}
 
{{citation|citation=Il faudrait n'avoir aucune expérience de la vie pour ignorer que plus on est riche, plus les charges sont pesantes parce qu'on a moins de prétextes pour s'en plaindre, et il faudrait être sourd et bien insensible pour ne pas entendre, à cet égard, les gémissements des riches et n'en avoir pas le cœur déchiré.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=256/257}}
 
{{citation|citation=On devrait fonder une chaire pour l'enseignement de la lecture entre les lignes.}}
{{Réf Livre|titre=Éxégèse des lieux communs|auteur=Léon Bloy|éditeur=Rivages|collection=Rivages poche / Petite Bibliothèque|année=2005|page=298}}
 
=== ''Sur la tombe de Huysmans'', 1913 ===
''' Les Représailles du Sphinx '''
{{citation|citation=<poem>Oedipe croyait bien l’avoir vaincu, le monstre immortel ! vaincu à jamais ! et, pour sa victoire, les Thébains stupides l’avaient fait roi et quasi-Dieu, ce divinateur aux ''pieds gonflés'', cet aveugle terrible, parricide et incestueux sans le savoir !
Depuis près de trente siècles, l’esprit humain tette ce symbole, le plus complet que l’antiquité grecque ait laissé. Dans son irrémédiable déval des plateaux lumineux de l’Éden et dans les successives dégringolades postérieures, l’animal raisonnable a ainsi toujours retenu l’idée d’un central rébus dont l’inespérable solution donnerait l’empire du monde aux cloportes subtils qui la découvriraient.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=13|section=''Avant la Conversion'' : Les Représailles du Sphinx}}
 
{{citation|citation=<poem>La forme littéraire de [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] rappelle ces invraisemblables orchidées de l’Inde qui font si profondément rêver son des Esseintes, plantes monstrueuses aux exfoliations inattendues, aux inconcevables floraisons, ayant une manière de vie organique quasi animale, des attitudes obscènes ou des couleurs menaçantes, quelque chose comme des appétits, des instincts, presque une volonté.
C’est effrayant de force contenue, de violence refoulée, de vitalité mystérieuse. [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] tasse des idées dans un seul mot et commande à un infini de sensations de tenir dans la pelure étriquée d’une langue despotiquement pliée par lui aux dernières exigences de la plus irréductible concision. Son expression, toujours armée et jetant le défi, ne supporte jamais de contrainte, pas même celle de sa mère l’Image, qu’elle outrage à la moindre velléité de tyrannie et qu’elle traîne continuellement, par les cheveux ou par les pieds, dans l’escalier vermoulu de la Syntaxe épouvantée.
Après cela, qu’importe la multitude des contradictions ou des erreurs qui tapissent, à la manière d’anormales végétations, le fond d’un livre où se déverse, comme dans la nappe d’un golfe maudit, tout l’azur de l’immense ciel ?</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=19|section=''Avant la Conversion'' : Les Représailles du Sphinx}}
 
''' [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] et son dernier Livre '''
{{citation|citation=<poem>Une occasion superbe de baver se présente inopinément. Que la multitude des visqueux soit dans l’allégresse ! Le nouveau livre de [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]], ''En Rade'', vient de paraître.
Cet artiste fut beaucoup traîné dans les ordures et conspué royalement dès son début. On se souvient encore de l’ouragan de salive et du compissement procellaire de toutes les presses à l’apparition de ''Marthe et des Sœurs Vatard''. Les traditionnelles archives du bégueulisme et de la pudicité sociale dont la critique des journaux est l’immaculée chambellane furent, en ces temps-là, vidées de leurs trésors, et la besogne de vitupérer ce romancier fut si copieuse, que la clef des sacrées chancelleries de l’indignation, qui se vert-de-grisait auparavant dans les dos des fonctionnaires fut jetée au rancart. Ce fut un débordement fluvial d’humeurs pudibondes, une éruption de pus moral, une évacuation exanthémateuse des fluides blanchâtres de la vertu !</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=23|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=<poem>L’aquatique pureté du feuilleton se sentit menacée jusque dans sa colle la plus intime par ce moraliste indépendant qui ne craignait pas de retrousser les âmes et de visiter les cœurs au spéculum de la plus imperturbable analyse.
Et puis, [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] avait le malheur d’être un écrivain, il avait cette inéligible tare qui doit être unanimement réprouvée par l’opinion de toutes les obédiences de la muflerie publique, en attendant qu’une juste loi la flétrisse enfin de quelque infamante peine.
Nul n’est censé ignorer, d’ailleurs, que tout écrivain véritable est radicalement inapte à la production d’une congruente philosophie. Critique d’art, psychologie, sciences morales ou naturelles, tout est interdit à cet empêtré d’azur.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=24|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=L’importance oraculaire universellement conférée à d’épouvantables cuistres, tels que Prévost-Paradol ou M. Renan, est assez concluante, semble-t-il, et la gloire voltaïque de ce récent potache, surnommé « le Psychologue », qui inventa de ne jamais écrire, fût-ce par hasard, est suffisante contre-épreuve du mot de [[Gustave Flaubert|Flaubert]], mort dans l’indigence : « Ce siècle a horreur de la page écrite. » Le plus grand penseur de la terre — à supposer qu’un tel monstre pût naître viable avec une seule tête — se coulerait ci se fricasserait lui-même à jamais, s’il s’avisait, une seule fois, d’écrire avec éloquence. Telle est la norme fatidique, inéluctable !}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=24|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=[...] les âmes contemporaines sont matelassées d’une épaisse toison de bêtise impénétrable à n’importe quelle balistique de l’Art.}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=26|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=Depuis le scandale des ''Sœurs Vatard'', [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] est en pleine jouissance d’une étiquette que rien ne pourra décoller. Son nom est devenu synonyme de « pornographe », absolument comme celui du signataire de ces pages est évocateur de tout vocable scatologique. Nul remède à ces identiques radotages. On userait les plus célestes dictionnaires à raconter l’empyrée que l’augurale formule ne varierait pas. Dans une fin de siècle aussi profondément hypocrite, où le signe de la pensée paraît avoir enterré la pensée défunte, le plus légitime emploi de certains mots est un attentat que nul ne pardonne, et jusqu’à la plus défoncée des immémoriales catins récupère, un instant, sa virginité pour s’en indigner, dans son puisard !}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=27|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=La genèse intellectuelle de [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] est commune à la plupart des écrivains de sa génération, plus ou moins inférieurs à lui. Si l’on veut à toute force qu’il ait eu un maître, c’est [[Gustave Flaubert|Flaubert]] qu’il faudrait nommer, et encore, l’hermétique [[Gustave Flaubert|Flaubert]] de ''L’Education Sentimentale'', celui que personne ne lit. [[Gustave Flaubert|Flaubert]] et Goncourt pour la langue, [[Charles Baudelaire|Baudelaire]] pour le spiritualisme décadent et [[Arthur Schopenhauer|Schopenhauer]] pour le pessimisme noir, telles furent les incontestables influences qui déterminèrent au début ce protagoniste du mépris.}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=28|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=Au fait, ce titre d’''En Rade'' est une contre-vérité lamentable. Il n’y a pas de rade du tout, ni d’abri, ni de sécurité d’aucune sorte. On crève d’angoisse, de dégoût et d’ennui dans ce croulant château de Lourps, où l’on avait espéré trouver un refuge. Il vaudrait mieux cent fois — pour ne pas sortir de la métaphore — reprendre la haute mer et risquer tous les naufrages !}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=35|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=<poem>C’est l’histoire pure et simple d’un pauvre diable d’homme distingué, mais faiblement doué du génie des affaires, qui, ruiné de la veille par la faillite judicieuse d’un alerte banquier, espère trouver un peu de relâche à ses tourments dans une solitude de la Brie où les parents de sa femme, paysans peu connus de lui, ont offert l’hospitalité d’un amas de décombres à ces Parisiens décavés dont ils ignorent la détresse.
Jacques Marles ne tarde guère à découvrir l’ignoble cupidité de ses hôtes qui ne l’ont attiré dans leur taudis que dans l’espoir de le carotter à cœur de journée et, ceux-ci, non moins rapides à subodorer sa pénurie, ne se donnent bientôt plus la peine de dissimuler leur cannibalisme de naufrageurs.</poem>|précisions=Il est ici question du roman de [[Joris-Karl Huysmans]] : ''En Rade''.}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=35|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=Certaines explorations dans le noir des cœurs — en ces fourmillants abîmes où réside ce que [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]] appelle « l’inconsciente ignominie des âmes élevées » — pourront donner le hérissement de poil et le frisson d’agonie d’une tombée dans un cratère. La correcte abomination des simagrées familiales, par exemple, ne pouvait être dénoncée de façon plus atrocement exquise, ni par une plume diabolique aussi goguenardement justicière.|précisions=Il est ici question du roman de [[Joris-Karl Huysmans]] : ''En Rade''.}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=43|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
{{citation|citation=<poem>Quand des livres tels que celui dont il vient d’être si longuement parlé font écho à l’état moral de tout un monde, il se peut très bien qu’à l’aurore on ait entendu d’harmonieux soupirs, mais le soir — c’est un hurlement !</poem>|précisions=Il est ici question du roman de [[Joris-Karl Huysmans]] : ''En Rade''.}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=44|section=''Avant la Conversion'' : Huysmans et son dernier Livre}}
 
''' L'Incarnation de l'Adverbe '''
{{citation|citation=<poem>Un jour [[Émile Zola]], dont l’esprit graisseux n’est huilé que pour glisser sur les surfaces, s’avisa de peindre [[Joris-Karl Huysmans|Huysmans]].
Le fantômatique « Souvarine » de ''Germinal'' est le portrait physique, ressemblant à faire peur, de ce virtuose de fascination. Mais ce n’est qu’un portait ''physique'', le seul dont [[Émile Zola]] soit capable.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Sur la tombe de Huysmans|auteur=Léon Bloy|éditeur=Paris|collection=Collection des ''Curiosités littéraires''|année=1913|page=60|section=''Après la Conversion'' : L'Incarnation de l'Adverbe}}
 
== Roman ==
=== ''La Femme pauvre'', 1897 ===
{{citation|citation=[...] la ''folie'' des Croisades est ce qui a le plus honoré la raison humaine.}}
{{Réf Livre|titre=La Femme pauvre|auteur=Léon Bloy|éditeur=Mercure de France|collection=Folio|année=1980|page=234}}
 
{{citation|citation=[Sur le 14 Juillet] Cette fête, vraiment nationale, comme l'imbécillité et l'avilissement de la France, n'a rien qui l'égale dans l'histoire de la sottise des hommes et ne sera certainement jamais surpassée par aucun délire.}}
{{Réf Livre|titre=La Femme pauvre|auteur=Léon Bloy|éditeur=Union Générale d'Editions|collection=10-18|année=1983|page=283}}
 
{{citation|citation=[La Marianne] [...] le buste plâtreux d'une salope en bonnet phrygien.}}
{{Réf Livre|titre=La Femme pauvre|auteur=Léon Bloy|éditeur=Union Générale d'Editions|collection=10-18|année=1983|page=283}}
 
{{citation|citation=Il y a une loi d'équilibre divin, appelée la communion des Saints, en vertu de laquelle le mérite ou le démérite d'une âme, d'une seule âme est réversible sur le monde entier. Cette loi fait de nous absolument des dieux et donne à la vie humaine des proportions du grandiose le plus ineffable. Le plus vil des goujats porte dans le creux de sa main des millions de cœurs et tient sous son pied des millions de têtes de serpents. Cela il le saura au dernier jour. Un homme qui ne prie pas fait un mal inexprimable en tout langue humaine ou angélique. Le silence des lèvres est bien autrement épouvantable que le silence des astres.|précisions=Lettre du 16 octobre 1878 (?).}}
{{Réf Livre
|titre=Lettres de jeunesse (1870-1893)
|auteur=Léon Bloy
|éditeur=Édouard-Joseph
|année=1920
|page=98}}
 
{{interprojet|s=Léon Bloy|w=Léon Bloy}}
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