Différences entre les versions de « Paul-Claude Racamier »

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== Citations propres à l'auteur ==
=== ''Les Schizophrènes'', 1980 ===
==== Préambule et divertimento ====
{{Citation|citation=''Autant savons-nous que le schizophrène combat le réel et l'objet à coups de hache et de laser, autant, plus que quiconque au monde, je soutiens que le schizophrène combat'' pour ''le réel,'' pour ''l'objet,'' pour ''la pensée et'' pour ''le Je. C'est pourquoi d'ailleurs il nous en apprend tellement à ce sujet. Il y a bien sûr un enseignement universel à tirer de l'expérience psychanalytique avec les schizophrènes. Autant qu'ils le sachent : ce n'est pas seulement pour eux que l'excursion schizophrénienne m'intéresse, et peut-être l'aurais-je trouvée trop ardue, n'était ce qu'elle nous apprend sur la psyché tout entière.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=13|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Souvenir 58-78|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>[...] ''l'idée du moi est, à mes yeux, l'héritière du conflit que j'appelle originaire'' — ''conflit entre la préservation narcissique autarcique et l'aspiration objectale antinarcissique. De même que le surmoi est l'héritier du complexe d'Oedipe, pouvu que celui-ci ait été abordé et résolu, de même l'idée du moi est héritière du conflit originaire, si celui-ci a été abordé et résolu.''
''Là où je veux en venir avec l'idée du moi, c'est à montrer qu'elle constitue l'axe discret sur lequel se rencontrent et se différencient l'image de l'autre et l'image de soi. L'idée du moi fera que jamais ces deux images ne pourront tout à fait ni s'écarteler ni se confondre. Elle demeurera comme un support discret mais essentiel du sens de la réalité psychique de l'objet et de soi-même. Or, c'est cette idée du moi, ce sens du moi, cette image de l'humain, qui se trouve désinvestie à l'origine des éruptions psychotiques et à la base des organisations schizophréniques.''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=15|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=A parte|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=Suspendu dans un temps sans durée, le schizophrène n'a point d'histoire. Ni la sienne ne compte, ni celle de la race et de la culture.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=19|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Bref|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=[...] ''l'essentiel est pour [le schizophrène] question d'appartenance, et d'une appartenance toujours douteuse.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=21|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Florence et Sienne|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>''Femme phallique aux serpents érigés, Méduse est une anti-mère, avec ses écailles pour ne rien sentir, ses mains pour ne rien tenir, ses dents pour déchirer, un amant fugitif, ces enfants qu'elle ne laisse pas naître'' — ''car s'ils naissaient ils ne seraient plus tout à fait sa chose, et révéleraient qu'elle est femme ; pour qu'ils viennent au jour, il faudra lui trancher la tête, et pour qu'ils vivent, qu'elles meure. Et ce regard : au contraire d'un regard où l'enfant peut se regarder et se voir ; d'un regard qui embrasse l'enfant comme une totalité ; d'un regard où l'on entre et par où l'enfant peut faire entrer ses émois ; d'un regard, enfin, qui admire, c'est un regard adverse, un regard dardé, un regard qui pénètre, attaque, aveugle, fige et pétrifie : le regard de la disqualification, qui mortifie la vie psychique. Regard, au demeurant, qui louche, et dont les traits, tout de même que ceux du paradoxe, se croisent mais ne s'opposent pas plus qu'ils ne se conjuguent.''
''Et la chevelure : au-delà de sa phallicité, cette chevelure pourrait bien symboliser le monde des paradoxes ; car non seulement sont érigés les serpents dont elle est faite, mais inextricablement emmêlés. S'ils sont portés par la tête, c'est certes par déplacement vers le haut, c'est aussi pour porter le combat sur le terrain mental, choisi par l'agression paradoxale. D'ailleurs, la chevelure de Méduse avait été ainsi transformée, par Athéna, en punition pour avoir voulu rivaliser avec la déesse : l'usurpation mentale n'aurait-elle pas été le méfait de Méduse ?''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=30|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Persée en paradoxie|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>''Persée part chez la Gorgone. Encore lui faut-il savoir le chemin. Sur le conseil d'Athéna il s'en alla demander d'adresse des Gorgones à leurs trois autres soeurs, les Grées. Et dès lors apparaît le thème du regard, car pour obtenir ces renseignements, Persée dérobe aux vieilles Grées l'unique oeil qu'elles se partagaient à elles trois.''
''Persée ne part pas non plus sans armes : des Nymphes il reçoit le casque d'Hadès, qui rend invisible ; d'Hermès il reçoit des sandales ailées et une serpe ; d'Athéna enfin il reçoit un bouclier de peau poli comme un miroir, et un conseil : celui de ne regarder Méduse que dans ce miroir.''
''Après un vol sans histoire, Persée trouva enfin Méduse. Il la voit dans le miroir qui réfléchit — qui réfléchit : au lieu de se laisser piéger par les paradoxes médusants, Persée réfléchit sur le paradoxe, utilisant à cet effet l'instrument confié par la déesse de l'intelligence. Dès cet instant-là, Méduse est perdue, son pouvoir est annulé : la voilà qui dort. Alors il lui coupe le cou.''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=33|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Persée en paradoxie|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>''Une fois la tête de Méduse tranchée, une fois tranché le paradoxe, deux flots de sang jaillirent du cou de la Gorgone. Deux flots : la dissolution du paradoxe libère les courants pulsionnels associés qui fondent l'ambivalence. Persée recueille ces deux flots de sang, dont l'un, senestre, était un poison mortel, et l'autre au contraire guérissait les malades et ressuscitait les morts.''
''D'entre ces flots conjoints naquirent Pégase et Chrysaor, les enfants que portait Méduse et qu'elle n'avait pas laissé naître. Chrysaor, qui devait plus tard engendrer un monstre à trois têtes, vient au jour armé d'une épée d'or. Pégase avec ses ailes comme Éros, et Chrysaor avec son épée; ainsi se personnifient les représentations libidinales et agressives. Ces représentations, l'écheveau du paradoxe les enfermait, la dissolution du paradoxe les remet en circulation.''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=33|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Persée en paradoxie|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=''Il faut se demander pourquoi [Persée] tue Méduse, alors que du moment où il avait réfléchi (sur) le paradoxe, elle était perdue — n'avait-elle pas en effet les yeux fermés ? Certes Athéna voulait sa tête, elle l'aura. Mais il faut voir à ce geste un autre motif : Persée à son tour entendait bien s'emparer du pouvoir paradoxal. [...] quand, au péril de sa vie psychique, on a réussi à se rendre maître d'une arme pareille, peut-on résister à la tentation de s'en servir ? Qui le gêne, Persée va lui tendre la tête à paradoxes, et le pétrifier.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=35|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=Persée en paradoxie|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=[...] ''lancés comme nous sommes dans les méandres des paradoxes, irons-nous en voyage au sud de l'Italie, à Élée, aujourd'hui Velia, dans un paysage merveilleusement virgilien d'oliviers et de lauriers-roses, jadis fréquenté par Énée un des premiers armateurs grecs à la recherche d'un siège social en Italie entre le cap Palinuro où il perdit son pilote, et le cap Leucosie, où il rejoignit une starlette, ou une nymphe, qui l'attendait dans une vaste propriété aujourd'hui privée ? A Élée nous retrouverions Parménide, qui aimait l'éternité, et surtout Zénon, champion des apories et des paradoxes, Zénon qui avait installé une fabrique de flèches n'atteignant jamais leur cible mobile, et qui organisait des courses entre lièvres et tortues, que nul ne gagnait jamais. Faut-il être fou, faut-il être schizophrène pour assurer qu'on peut arrêter le temps avec sa tête ! Alors, schizo, Zénon? [[Sigmund Freud|Freud]] disait à peu près que les philosophies sont les délires des bien-portants et vous vous rappelez que j'ai pris soin de distinguer la folie de la psychose. Irons-nous cependant penser que, dirigée ainsi qu'elle l'était par des gens comme Parménide et Zénon, Élée était une cité folle ? Eh bien pas du tout. Je me suis laissé dire que nulle part aux temps antiques la démocratie n'a mieux réussi qu'à Élée ce qui donne à penser que mieux vaut penser les paradoxes, mieux vaut certes les penser, que les semer comme peaux de bananes sous les semelles de ses congénères, comme il en est qui aiment à le faire.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=36|partie=Préambule et divertimento|chapitre=|section=A Élée|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
==== Les paradoxes des schizophrènes ====
{{Citation|citation=Il est essentiel de garder à l'esprit, conforme aux propositions freudiennes essentielles, une distinction clinique simple entre la psychose à l'état natif et la psychose en état d'organisation. L'état natif, cliniquement primordial, nous le décrirons comme un processus paranoïde ; il n'est jamais durable ; il est pétri d'angoisse ; le moi s'y trouve à vif et mis à nu ; les investissements se liquidifient : on pourrait par image parler de psychose liquide (après la blanche et la froide, voici donc la psychose liquide). Tout autre est l'organisation de long cours, aménagée soit pour éviter ces éclipses bouleversantes, comme maintes personnalités en marge de la psychose (et différentes des cas limites étudiés par Bergeret, 1970, 1976), soit encore, comme les schizophrénies, à partir de ces expériences.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=53|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=1. Premier coup d'oeil et panorama|section=Où l'on balance entre la catastrophe et l'aménagement|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=Tout en réduisant la seconde topique à une plus simple expression, la dépression ne la liquéfie pas comme fait l'accès psychotique, où l'appareil de la psyché semble revenir à l'état de magma originel, en vertu d'une régression structurale qui de toutes les régressions est la plus massive. E. Jacobson estime même qu'en submergeant l'organisation topique de la psyché, cette régression, que j'appelle structurale et qui est déstructurante, ramène les investissements à leur état originel d'indistinction, tant pour leur direction (autre et soi) que pour leur qualité (amour et agressivité). Il y aurait donc au départ d'une psychose aiguë une régression pulsionnelle totale, qui ramènerait le ''Ça'' au-delà de toute ambivalence.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=63|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=2. De plusieurs constantes psychotiques|section=Où l'on oppose l'anticonflictualité des schizophrènes à l'intraconflictualité des névroses|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=Entre ces deux accès psychopathologiques, la psychose aiguë et la dépression mélancolique, une différence apparaît évidente : on dirait que dans l'une la psyché fait explosion, et que dans la seconde elle implose (Racamier, 1969) ; dans l'une en effet l'extrajection prévaudra, et dans l'autre l'introjection.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=63|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=2. De plusieurs constantes psychotiques|section=Où l'on oppose l'anticonflictualité des schizophrènes à l'intraconflictualité des névroses|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=De même qu'il n'y a pas de névrose sans échec du refoulement, il n'y a pas de psychose sans échec du déni ; que le déni « réussisse », et c'est la perversion ([[Sigmund Freud|Freud]], 1927).}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=66|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=2. De plusieurs constantes psychotiques|section=Où l'on oppose l'anticonflictualité des schizophrènes à l'intraconflictualité des névroses|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=On s'attachera dans ce rapport à montrer que la schizophrénie s'organise de manière aléatoire le long du trajet qui va de la psychose aiguë à la perversion narcissique.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=66|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=2. De plusieurs constantes psychotiques|section=Où l'on oppose l'anticonflictualité des schizophrènes à l'intraconflictualité des névroses|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>Les schizophrènes ont un besoin absolu de concret. Plus vif est le désaveu qu'ils font de leur réalité — psychique de l'existence même de cette réalité intérieure propre — et plus grand leur appétit de concrétude.
Vivre la schizophrénie consiste à bien à vivre hors de soi.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=68|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=2. De plusieurs constantes psychotiques|section=Où l'on oppose l'anticonflictualité des schizophrènes à l'intraconflictualité des névroses|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>Si nous venons plus près de la phénoménologie, ce sera pour décrire les expériences psychotiques, au sens d'expériences vécues, consistant dans un vécu d'évanouissement du Je, de syncope ou de lipothymie du sentiment du moi, se traduisant par une impression, non dépourvue d'angoisse, d'étrangeté indicible, de vacillation, de chute ou d'éclipse, et de confusion ou tout au contraire de contact extrême et cru : une ultra-dépersonnalisation momentanée, c'est-à-dire une dépersonnation, au sens où je l'entendais naguère (Racamier, 1963). A l'origine de ces expériences : une modification massive et soudaine du régime général des investissements ; un désinvestissement d'objets, dira-t-on à la suite de [[Sigmund Freud|Freud]] ; plus précisément, les investissements retournent momentanément à leur « liquidité » originelle.
Ces expériences psychotiques, je ne puis pas seul à prétendre qu'elles peuvent survenir et qu'elles survienent dans toute existence, et non pas seulement dans celle des psychotiques, mais, normalement, fugitives et ponctuelles, maîtrisées après coup, enkystées comme des corps étrangers, et sitôt oubliées, même lorsqu'elles sont reprises par le ''moi'' pour se mettre au service de l'expérience créatrice ; ne faut-il pas en effet perdre une seconde le sens du monde, pour lui en donner un nouveau ? [...] ces expériences psychotiques « normales », maîtrisées, voire exploitées par le ''moi'', sont à distinguer des expériences psychotiques des psychotiques, lesquelles sont plus extensives et moins maîtrisables, et en viennent à corroder le ''moi'', dont elles traduisent aussi la foncière incertitude.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=73|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=3. De la folie dans la schizophrénie|section=Où l'on voit que la folie n'est pas encore psychose|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=La procréation est bien au centre des fantasmes des schizophrènes : c'est la procréation non seulement de l'objet, mais d'eux-mêmes. Leur fantasme est peut-être moins primitif, mais certainement plus fou que celui d'une procréation avant les sexes, puisqu'il est d'êre le créateur de toutes choses et d'eux-mêmes.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=98|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=4. Omnipotence inanitaire omnipotence créatrice|section=Où l'on voit le travail du vide éviter la perte du réel|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=Je suis pleinement d'accord avec F. Pasche (1965-1969, 1971) pour estimer que le conflit fondamental des psychotiques se rapporte au conflit originaire entre le narcissisme et l'antinarcissisme. L'antinarcissisme, Pasche nous le montre à l'oeuvre : il est cette force qui très tôt tire le sujet hors de soi, lui soutire sa substance et l'arrache à sa chair en l'aspirant vers l'objet — s'opposant au narcissisme qui, s'il était pur, ne poursuivrait qu'unité totale, intégrité absolue et, comme un oeuf, parfaite autarcie.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=99|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=5. De deux ou trois réalités|section=Où l'on voit le schizophrène aux prises avec l'impossible choix entre son monde et son Moi|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>Développement précoce, conduisant à la découverte harmonieuse et corrélative de l'Autre et du Je, et à leur installation structurante et conjuguée dans la psyché, résulte évidemment de l'intrication des pulsions narcissiques et antinarcissiques [...]. Non seulement on sait aujourd'hui que le narcissisme poursuit son propre développement (Grunberger, 1971 Kohut, 1971), sous l'influence des stades libidinaux et au contact de l'objet, mais on sait aussi que les investissements narcissiques et objectaux sont intriqués dès l'origine comme ils le sont plus tard et dans la cure (''cf''. J. Cosnier, 1970), si bien qu'il n'est pas d'investissement de soi qui ne « rapporte » à l'objet, ni d'investissement d'objet ou du monde qui ne rapporte au moi (ou soi, ou ''self'') sa prime narcissique (''cf''. Racamier, 1963).
La rupture de cette alliance est à l'origine des psychoses.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=99|partie=Les paradoxes des schizophrènes|chapitre=5. De deux ou trois réalités|section=Où l'on voit le schizophrène aux prises avec l'impossible choix entre son monde et son Moi|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
==== Schizogrammes ====
{{Citation|citation='''aimer''' ''Prends garde aux schizophrènes qui t'aiment sans te laisser voir qu'ils te haïssent de t'aimer.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=187|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>'''cathares d'aujourd'hui''' ''Si les schizophrènes avaient une religion, ce serait celle des cathares pour qui leb monde fut inventé par le Diable.
Est-ce une raison pour les convertir ?''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=188|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>'''décompression''' ''Est-ce à régresser qu'on risque le plus ?''
''Plongeur sous-marin, plongeur psychotique, remonte sans hête: tu risques ta tête.''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=191|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''écriture''' ''Écrire intérieurement sa vie, chacun le fait sans cesse, le névrosé le fait en hyéroglyphes, et le psychotique sur un écran qui ne prend pas l'encre''.}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=192|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''épouvantail'''' ''Certains schizophrènes, tant ils tiennent la garde pour écarter les oiseaux, font songer à des épouvantails usés.
Mais attention, quand la vie, de nouveau timidement, les habite sous les mêmes oripeaux, attention à ne pas manquer cette éclosion fragile. Combien de schizophrènes sont-ils retournés à leur vide, épouvantails maintenant définitifs, parce qu'on n'a pas entendu revenir un murmure de vie ?''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=192|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>'''façon d'aimer, façon de haïr''' ''Les schizophrènes ont une façon d'aimer étrangement semblable aux façons de la haine.''
''On ne compte pas les gens qui s'y sont laissé prendre''.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=192|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''fusée''' ''Combien de fusées mises à feu pour qu'une parvienne au but, et combien de processus paranoïdes enclenchés pour que l'un d'eux arrive à la schizophrénie.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=194|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''illusion''' ''Il ne faudrait quand même pas s'imaginer qu'un débile qui devient schizophrène soit pour autant intelligent.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=197|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>'''miroirs''' ''Miroirs grossissants, miroirs déformants qui supporteraient, à la foire, de s'y voir plus qu'un instant ? Bien souvent pourtant, c'est miroirs que sont les psychotiques ; et dans le miroir qu'ils nous tendent sous le nez, nous faisons une drôle de tête pas belle à voir et qui nénmoins nous ressemble assez.
Miroirs insupportables d'être à la fois si fidèles et si déformants, combien êtes-vous qu'on a brisés ?''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=199|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''muscle''' ''Délirer, c'est prendre son cerveau pour un muscle.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=200|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''musique''' ''Lorsque la petite musique de l'objet intérieur s'arrête, il se fait un vacarme terrible, qui est le bruit de la psychose.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=200|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>'''peau''' ''Mal dans leur peau : les névrosés. Mais hors de leur peau : les schizophrènes.
They act out, they feel out, they dream out, they think out : ils vivent décidément déportés.''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=201|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''penser''' ''De penser qu'il pense fait peur au schizophrène autant qu'au névrosé de penser qu'il désire.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=202|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=(vie) '''privée''' ''Une vie privée de fantasmes au lieu d'une vie privée fantasmatique : une vie de psychotique.''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=202|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>'''rêve''' ''Qui donc peut avoir des rêves, qui est soi-même un rêve ? Qui est, veut être et doit être, de son objet, le rêve incarné, à la fois déréel et matérialisé ?
Ainsi vont les schizophrènes, bien plutôt rêvés que rêveurs : « dreamed out ».
To dream in or to be dreamed out, that is the question.
D'où l'air qu'ont les schizophrènes d'être des fantômes ambulants, des fragments oniriques, des apparitions.
Ardu d'être le rêve d'autrui, continuellement. Ardu, très ardu — mais fascinant...''</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=203|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
{{Citation|citation='''vulcanologie des schizophrènes''' ''Les uns, dévastés comme le Krakatoa ; d'autres actifs mais organisés comme l'Etna ; certains encore assoupis comme le Vésuve ; et d'autres enfin, comme le Mont-Dore, éteints, érodés, mornes. Morts ?...''}}
{{Réf Livre|titre=Les Schizophrènes|auteur=Paul-Claude Racamier|éditeur=Payot & Rivages|collection=Petite bibliothèque Payot|année=2001|année d'origine=1980|page=207|partie=Schizogrammes|chapitre=|section=|ISBN=978-2-228-89427-2}}
 
=== ''Pensée perverse et décervelage'', 1992 ===
==== Préambule ====
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