Différences entre versions de « François-René de Chateaubriand »

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{{citation|citation=Mme de Staël elle-même, bien qu'effrayée par le danger que représentait pour ses idées de perfectibilité humaine ce jeune champion du passé qui l'avait assez perfidement attaquée dans ''le Mercure'', devint son amie ; elle ne pouvait résister à tant de gloire, et poussait le goût de la chasse au lion jusqu'à la volupté de se laisser dévorer.}}
{{Réf Livre|titre=René ou la vie de Chateaubriand|auteur=André Maurois|éditeur=Grasset|collection=Les Cahiers Rouges|année=1956|année d'origine=1938|page=132|section=II ''La petite société — « Atala »''|chapitre=IV « Le Génie du Christianisme »|ISBN=2-246-18904-7}}
 
== D'autres auteurs le concernant ==
{{citation|citation=Si l'on adopte la ligne de partage très sommaire qui distingue les écrivains selon qu'ils doivent être lus avec les yeux ou avec la voix, on rangera sans aucun doute Chateaubriand dans la deuxième catégorie.}}
{{Réf Article|titre=L'homme de la mort — La présence du prédécesseur|auteur=Giovanni Macchia|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=9|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Le mythe de Chateaubriand est d'essence aristocratique. Il est irrigué par une volonté d'affirmation ou de réaction : soit en rejetant les distinctions entre le beau et le laid, l'authentique et le faux, comme le proposait [[Charles-Augustin Sainte-Beuve|Sainte-Beuve]], soit en repoussant les attaques, les offenses, les liquidations hâtives auxquelles Chateaubriand fut souvent exposé. Mythe aristocratique : respect de la cohérence. Il n'existait aucune divergence, aucun écart, aucune contradiction entre ses idées politiques, son sentiment religieux, le rôle qu'il joua dans l'histoire de son pays et la forme d'art qu'il cultiva et réalisa : une telle harmonie est en revanche introuvable, pour citer un contemporain, chez le [[Honoré de Balzac|Balzac]] monarchiste et légitimiste. Romantique au plein sens du terme, Chateaubriand ne dissimulait pas son admiration pour l'une des périodes les plus aristocratiques de la littérature française, le classicisme du Grand Siècle, en opposition à la prose sèche, économique et fonctionnelle des philosophes et des idéologues des Lumières.}}
{{Réf Article|titre=L'homme de la mort — Mythification de l'écrivain|auteur=Giovanni Macchia|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=10|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Le mythe moderne et antibourgeois de Chateaubriand me semble reposer sur trois points : l'impopularité, l'élégance, l'amour du rêve. Très significative est une phrase cinglante à l'adresse de l'académicien Villemain, liquidateur hâtif de la personnalité du vicomte : « Les Villemain — écrit [[Charles Baudelaire|Baudelaire]] — ne comprendront jamais que les Chateaubriand on droit à des immunités et à des indulgences auxquelles tous les Villemain de l'humanité ne pourront jamais aspirer. » [...] En son essence, la nature aristocrate du mythe de l'écrivain reste inaccessible à l'homme du commun. Ainsi la figure de Chateaubriand vague-t-elle dans l'irrationnel, au-delà de la critique et de l'analyse. Il n'y a pas moyen de le réduire à un détail, à un geste inadéquat, à une parole inopérante. Aucune attaque ne l'effleure. Le vieux dandy, le père du dandysme, le grand gentilhomme de la décadence, accède en littérature à une domination qui s'exerce sur le même plan que le pouvoir politique et militaire. Il fut placé à la même hauteur que son superbe adversaire, [[Napoléon Bonaparte|Napoléon]].}}
{{Réf Article|titre=L'homme de la mort — Mythification de l'écrivain|auteur=Giovanni Macchia|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=11|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Pour lui, l'Angleterre incarne le temps qui féconde, déplace sans détruire et sait même honorer la caducité qu'elle ne voit point comme une entrave, mais le dépôt précieux des âges et la victime honorable de la « conjuration des temps » — formule qui lui est chère —, une sorte d'humus où s'épanouit la double aristocratie des familles et des hommes d'exception, de la terre et du génie, toutes deux bénéfiques, qui font de la propriété de quelques-uns un gage de stabilité sans laquelle il n'y a point de liberté, et de l'orgueil né de l'exception la source d'un renouvellement de la pensée, du langage et des moeurs.}}
{{Réf Article|titre=Chateaubriand et l'Angleterre|auteur=Jean-Paul Clément|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=60|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Pour un regard capable de prendre du recul et d'observer les autres comme des insectes, en faisant abstraction de la contrariété personnelle, il y a [...] quelque-chose de divertissant à voir les sbires, fouillant l'appartement suspect, se demander à voix basse si le grand sabre de mamelouck qu'il a rapporté de ses voyages constitue un péril pour la sûreté de l'Etat ; ou le geôlier s'imaginer qu'il révèle le nom d'un de ses complices lorsqu'il réclame un ''Gradus'' ! Cette police est moins méchante qu'obtuse, comme ceux qui l'emploient. Même à ses échelons supérieurs, elle s'empêtre dans de risibles contradictions : ce régime sait tellement qu'il est né sans légitimité constitutionnelle qu'il en rajoute dans le juridisme pour faire oublier sa douteuse origine ; Chateaubriand se moque du soin exagéré qu'il met à respecter les formes de la loi, après en avoir violé la substance.|précisions=Il est ici question de Chateaubriand et de son incarcération.}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=67|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Autour de Chateaubriand, inébranlable et ''semper idem'', se déploie tout l'arsenal, congénital au système qui a triomphé en 1830, de la mauvaise foi et du mensonge, ici révélé non seulement dans l'absurde hypocrisie de l'appareil judiciaire, mais dans les déguisements carnavalesques des exécuteurs de ses basses oeuvres : le vicomte assiste au retour des mouchards, venus rendre compte des faits et gestes de la nuit, dans leurs travestis dérisoires (faux marchands de salade, faux joueurs d'orgue, faux invalides), à grand renfort de perruques maladroites ; toute une cour des miracles sinistrement bouffe, surgie de l'ombre, dont l'accoutrement pue le théâtre sordide et les coups tordus. Ce que confirme ce sabbat de pauvres fantômes bientôt dissipés par le jour, c'est le truquage généralisé du monde qui les suscite. Philippe fait semblant d'être roi, ses recors font semblant d'être chiffoniers ; postiches partout.}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=67|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Avec une totale sincérité, qui coïncide aussi avec un art consommé de se forger un personnage imaginairement — littérairement — « rentable », devant le désordre établi de Juillet, Chateaubriand se dresse en homme du Non définitif. Il veut déjà être pour Philippe ce que voudra être [[Victor Hugo|Hugo]] pour [[Napoléon III|Napoléon le petit]] : celui qui empêche de dormir, l'inassimilable, l'indigérable (dans un régime qui est essentiellement digestion), la fausse note têtue de la Conscience (et du Génie, par la même occasion) dans le concert de l'adulation intéressé. S'il n'en reste qu'un, ce sera lui et, de ce point de vue, en commettant la bourde magistrale de l'arrêter, le pseudo-souverain félon lui offre le plus merveilleux des cadeaux: la palme du martyre. C'est presque trop beau : la prison était justement ce qui lui manquait pour donner le coup de ciseau final à sa statue de Grand Résistant. Aussi ne peut-on douter de l'intense satisfaction qu'il éprouve en secret à se voir ainsi maltraité. Tout se déroule dès lors selon un plan parfaitement mis au point, où son rôle est tracé d'avance, à la [[Plutarque]] (quel épisode soigneusement programmé pour une postérité avide de ''senilia'' exemplaires : le plus illustre écrivain français, sexagénaire de surcroît, traîné comme un malfaiteur sur la paille humide des cachots... Digne de l'antique). Récusant, dans son essence même, le pouvoir qui veut le placer hors d'état de nuire, Chateaubriand, docile physiquement, manifeste une rebellion morale intraitable face aux manoeuvres émanant d'une instance politique pour lui nulle et non avenue. Lorsqu'on le questionne, il refuse de répondre et de signer quoi que ce soit (attitude dont il note, non sans complaisance, qu'elle a fait école depuis auprès de plusieurs républicains poursuivis), arguant avec une parfaite dignité, à la fois naturelle et très étudiée, qu'il ne reconnaît pas un gouvernement qui n'a pour lui ni l'ancien droit héréditaire, ni l'élection du peuple, puisque la France n'a point été consultée et qu'aucun congrès national n'a été assemblé.}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=68|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=<poem>Le dernier des purs dans un monde vendu, il restera la ''vox claman in deserto'', le prophète maigre et nu prêchant en vain une parousie que personne n'attend plus.
Reste qu'au-delà de l'insoumission instantanée, la seul manière efficace de renverser à son profit le rapport de force, l'arme absolue du (provisoirement) faible est évidemment l'écriture. Sa fonction restauratrice (c'est le cas de le dire) de justice et de vérité, mais aussi libératrice, s'affirme avec une force particulière lorsque l'imposture régnante paralyse le corps de ses antagonistes. L'écrivain retenu dans les chaînes — fussent-elles, comme ici, toutes métaphoriques — témoigne pour l'inaliénable souveraineté d'un principe spirituel. La Préfecture de police se voit ainsi, par la grâce de son hôte forcé, transfigurée en laboratoire de littérature en soi, elle est déjà littérature, et pas la meilleure : son arsenal de clefs, de grilles, ses échos glaçants de pas sur les dalles suintantes d'immenses corridors, renvoient au bric à brac du roman « gothique », de même que la nudité, la saleté de la cellule, son « meuble infâme », ses graffiti [...] répondent aux canons d'un ''topos'' misérabiliste qui ne manque jamais d'être exploité par les feuilletons populaires, au cours d'un épisode d'embastillement rigoureusement incontournable et non moins convenu. Or tout se passe comme si, très vite, Chateaubriand se débarrassait de ce décor bon marché pour s'évader intérieurement, grâce à la poésie, vers des régions sublimes, inaccessibles aux cerbères qui l'ont sous bonne garde. Son premier soin, à peine bouclé, est de se nettoyer le corps (et l'âme) de toute cette souillure primaire en faisant le ménage avec une bonne humeur inattendue, et l'étrange sentiment d'un regain de jeunesse : après avoir procédé à ses ablutions et rangé ses petites affaires, Chateaubriand n'a plus l'impression d'être dans un bouge, mais « dans la cabine d'un vaisseau » ; le voilà en partance pour une traversée immobile, sur l'océan du souvenir et du songe ; le rite lustral lui a redonné ses vingt ans : il saute sur la table comme un jeune homme pour regarder par son hublot (hélas, aucune vue: on n'est pas à la tour Farnèse) ; il se retrouve magiquement revenu en arrière, démuni comme dans son galetas londonien, lorsque flottaient dans sa tête les premiers rêves de René. Et aussitôt, pour estampiller l'authenticité de cette expérience régénératrice, il reçoit la récompense réservée aux poètes pauvres : la visite rayonnante de la Muse, qui vient tout inspirée embrasser son favori. Lorsque la vie débarrasse de l'inessentiel par lequel elle se laisse trop souvent encombrer, elle redonne toutes ses chances à la création : si quelqu'un a jamais été persuadé qu'en art « qui perd gagne », c'est bien Chateaubriand.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=70|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=<poem>La prison chateaubrianesque est hantée de hautes figures tutélaires de poètes au cachot : non seulement [[Miguel de Cervantes|Cervantes]], mais le pauvre Lovelace et surtout le plus emblématique de tous pour l'imaginaire collectif, le Tasse (liste à laquelle il faut ajouter, implicitement, Silvio Pellico et peut-être [[André Chénier|Chénier]]). [...] il existe, ''mutatis mutandis'', une solidarité de fond, touchant aux enjeux les plus importants, entre tous les artistes qui ont peu ou prou à pâtir de la criminelle ou imbécile oppression des puissants ; vieille histoire toujours recommencée, haine immémoriale de la matière pour l'Esprit. Chateaubriand sait que, de toute légitimité (et, pour une fois, dans tous les sens du terme...), il appartient à cette famille des « immortelles victimes » — de l'immortalité mortelle des civilisations et des bibliothèques... —, et entre de plain pied dans le martyrologe. Ce qu'il a dû affronter a été à la taille de la modernité : c'est-à-dire incurablement médiocre. Mais, pour lui comme pour ses frères plus héroïques, il s'agissait bien de défendre, pour démarquer [[André Breton]], le même « infracassable noyau » de sens.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=72|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=<poem>Dans le récit de ses prisons, Chateaubriand peut [...] se donner les gants de ne pas lâcher à fond les grandes orgues outragées, voire de se divertir sous cape : ses adversaires ne sont pas seulement ignobles, ils sont bêtes. Le combat est trop inégal : il méritait mieux. Dans la fadeur de la monarchie de Juillet, on en viendrait presque à regretter l'Empire...
Avec l'Autre, au moins, l'empoignade signifiait, et puissamment. Mais avec le Prudhomme couronné, ce mode gélatineux du non-être ?</poem>}}
{{Réf Article|titre=Les prisons du poète|auteur=Philippe Berthier|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=73|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Tout relève des beaux-arts pour le regard de Chateaubriand. Même si le ''Voyage en Italie'' n'est pas ''Atala'' — le genre littéraire est complètement différent — le récit de voyage témoigne dans quelques rares passages du désir de l'écrivain de s'aventurer personnellement dans le domaine des arts plastiques : « Si j'étais Raphaël, je ferais un tableau », dit-il en admirant une jeune femme qui « ressemble à une Madone » ; quant aux femmes de Rome, ce sont presque « des statues antiques de Junon ou de Pallas, descendues de leur piédestal ». Toujours l'oeil d'artiste qui associe au monde de l'art les choses vues et cherche à dessiner leurs équivalents épurés dans l'écriture littéraires.}}
{{Réf Article|titre=Aux origines des ''Mémoires d'Outre-tombe'' — Les beaux arts et le ''Voyage en Italie''|auteur=Hans Peter Lund|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=79|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=[...] ce n'est pas la femme, jamais atteinte, mais le père, le grand générateur de silence à Combourg. Son mouvement vital automatisé est réglé par le son répété et identique de l'horloge, et, figure de mort, il projette le vide et l'incommunication autour de lui.
Déjà le château lui-même est un immense tombeau, dont la construction intérieure rappelle celle de la grande pyramide. Espace retentissant, il subsume la sonorité potentielle en silence absolu, de la même façon qu'il absorbe en obscurité toute possibilité de lumière. La métonymie de l'Histoire, à partir de la figure castratrice du père est assez évidente, car le château est le symbole spatial d'un âge révolu.|précisions= Il est ici question de la jeunesse de Chateaubriand à Combourg.}}
{{Réf Article|titre=Dernier chant, dernier témoin|auteur=Maria-Concepcion Perez|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=87|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=<poem>Le manque du toi, dans lequel se réalise l'expérience existentielle, configure déjà ce que Chateaubriand lui-même désigne comme « le germe de ''René'' », principe de déchirure qui donnera un fruit douloureux.
Mais dans le silence, il y a toute une ambiguïté, car en même temps qu'il témoigne d'un manque, il est signifiant de pureté et il mène à la découverte d'un certain bonheur dans le repliement sur soi (voilà sans doute le sens de la « joie effrayée » ressentie par Chateaubriand dans la remémoration de son arrivée à Combourg). Le bruit de l'Histoire est alors un bruit menaçant, en tant qu'il est produit par un monde qui s'écroule à partir de l'expérience révolutionnaire.</poem>|précisions= Il est ici question de la jeunesse de Chateaubriand à Combourg.}}
{{Réf Article|titre=Dernier chant, dernier témoin|auteur=Maria-Concepcion Perez|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=87|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=<poem>Aux époques de plénitude ontologique, le moi « se suffit à soi-même, comme Dieu ». Aux époques de défaillance, vide de substance, le moi part à la recherche d'une matière qui puisse le combler ou le soutenir.
Aucun mouvement littéraire n'a vécu comme le premier romantisme cette expérience de la défaillance ontologique. Personne mieux que Chateaubriand n'a su exprimer cette situation. Dès le début de son ''Essai sur les révolutions'', l'écrivain construit un point de vue qui soutiendra, tout au long de son oeuvre, le tissu métaphorique du vide en fluence qui signifie cette insuffisance d'être.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Moi, métonymie, histoire|auteur=Javier del Prado|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=108|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=La morphologie du vide apparaît toujours, dans le texte de Chateaubriand liée au spectre mythique de la faute ; et je ne peux résister ici à la tentation de l'étymologie, où l'expérience de la faute est reliée à l'expérience du manque.}}
{{Réf Article|titre=Moi, métonymie, histoire|auteur=Javier del Prado|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=108|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=[Chateaubriand] naît à la noblesse — sa raison d'être — juste après la mort de celle-ci.}}
{{Réf Article|titre=Moi, métonymie, histoire|auteur=Javier del Prado|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=108|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=<poem>Le moi est en défaut parce que le présent, qui devrait fonder l'être dans son immanence, n'est qu'un point de repère pour regarder vers le passé ou le futur, à la seule fin de se rassasier dans l'expérience du manque [...].
L'ontologie de Chateaubriand se construit toujours à la croisée de ces deux constantes: le futur qui n'existe pas, utopique, même quand on a du devenir ; le passé qui n'existe pas davantage, funèbre.</poem>}}
{{Réf Article|titre=Moi, métonymie, histoire|auteur=Javier del Prado|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=109|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=L'un et l'autre sont sans doute semblables à ces deux poissons décrits par [[John Ruskin]] dans son ''Journal'' : le premier « se tient en équilibre dans l'eau par un battement régulier des nageoires pectorales. Il ne reste jamais tranquille, mais il n'est jamais agité » ; le second, en revanche, « gît lové au fond de la cuvette » mais, poursuit Ruskin, « si je touche à la cuvette, si, d'une manière ou d'une autre, je dérange son sens de la propriété, le voilà soudain dans les quatres coins de la cuvette à la fois, volant comme un fou, fouettant, filant comme une flèche, sautant, se renversant, et m'aspergeant le visage à chaque mouvement: une véritable explosion de furie ». Mario Praz, de son côté, voyait dans cette comparaison l'illustration possible de deux tempéraments esthétiques, classique et romantique. Or, la tentation est vive de confondre ici les caractères humains suggérés par Ruskin avec les tempéraments littéraires déduits par Praz, et de situer [[Joseph Joubert|Joubert]] et Chateaubriand de part et d'autre du nouveau siècle : le premier goûterait ainsi les feux mourants du classicisme, et figurerait alors cet « honnête homme » cher au Grand Siècle, tandis que le second consommerait avec ardeur les énergies propres de ce début du XIXe siècle.}}
{{Réf Article|titre=Chateaubriand et [[Joseph Joubert|Joubert]] — En regard d'une amitié|auteur=Jean-Paul Corsetti|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=133|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Certaines pages de [[Joseph Joubert|Joubert]] respirent les aubes du romantisme et Chateaubriand, le fervent d'« orages désirés » se livre bien, dans son ''Génie du christianisme'', aux accords inquiets de « cet instrument harmonieux dont les auteurs du siècle de Louis XIV se servaient pour trouver le ton de leur éloquence ». Les classifications d'école sont trompeuses et le vrai génie leur échappe.}}
{{Réf Article|titre=Chateaubriand et [[Joseph Joubert|Joubert]] — En regard d'une amitié|auteur=Jean-Paul Corsetti|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=134|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Vallon ombreux de ce paysage auquel Chateaubriand allait donner son trop-plein de clarté apollinienne, les ''Carnets'' privilégient l'écriture du fragment, la fugue ou l'ellipse. Ils obéissent à une économie de la rétention ainsi qu'au souci d'une expression minimaliste que [[Joseph Joubert|Joubert]] formule ainsi : « Tourmenté par la maudite ambition de mettre toujours tout un livre dans une page, toute une page dans une phrase et cette phrase dans un mot. C'est moi. »}}
{{Réf Article|titre=Chateaubriand et [[Joseph Joubert|Joubert]] — En regard d'une amitié|auteur=Jean-Paul Corsetti|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=135|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{citation|citation=Là où [[Joseph Joubert|Joubert]] souhaita donner de l'âme aux choses — « Nul n'est bon, ne peut être utile et ne mérite d'être aimé, s'il n'a quelque chose de céleste, soit dans l'intelligence par des pensées, soit dans la volonté par des affections qui sont dirigées vers le ciel. » —, Chateaubriand y vit de définitifs avènements, des signes du ciel, des édens à portée d'encre, mais aussi, vraisemblablement, d'austères miroirs qui le renvoyaient à la perte la moins avouable de lui-même.}}
{{Réf Article|titre=Chateaubriand et [[Joseph Joubert|Joubert]] — En regard d'une amitié|auteur=Jean-Paul Corsetti|publication=Chateaubriand — Revue Littéraire Europe|numéro=775-776|page=137|date=Novembre-décembre 1993|ISSN=0014-2751}}
 
{{interprojet|s=Auteur:François-René de Chateaubriand|commons=François-René de Chateaubriand|w=François-René de Chateaubriand}}
{{DEFAULTSORT:Chateaubriand, Francois-Rene de}}
[[Catégorie:Naissance en 1768]]
[[Catégorie:Décès en 1848]]
[[Catégorie:Personnalité française]]
[[Catégorie:Politicien]]
[[Catégorie:Romantisme]]
[[Catégorie:Membre de l'Académie française]]
[[Catégorie:Romancier]]
[[Catégorie:Essayiste]]
[[Catégorie:Mémorialiste]]
 
[[bg:Франсоа Рене дьо Шатобриан]]
[[cs:François René de Chateaubriand]]
[[de:François-René de Chateaubriand]]
[[en:François-René de Chateaubriand]]
[[es:François-René de Chateaubriand]]
[[hy:Ֆրանսուա-Ռենե դե Շատոբրիան]]
[[it:François-René de Chateaubriand]]
[[he:פרנסואה רנה דה שאטובריאן]]
[[lt:Fransua Renė Šatobrianas]]
[[no:François-René de Chateaubriand]]
[[pl:François-René de Chateaubriand]]
[[pt:François-René de Chateaubriand]]
[[ru:Франсуа Рене де Шатобриан]]
[[sk:François-René de Chateaubriand]]
[[sl:François-René de Chateaubriand]]
[[tr:François-René de Chateaubriand]]
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