Différences entre versions de « Andreï Makine »

2 381 octets ajoutés ,  il y a 5 ans
Ajout de citations "Le testament français"
m (Ajout des "autres projets")
(Ajout de citations "Le testament français")
[[Fichier:Andreï Makine IMG 1909 C.JPG|vignette|Andreï Makine]]
'''[[w:Andreï Makine|Andreï Makine]]''', né le 10 septembre 1957 à [[w:Krasnoïarsk|Krasnoïarsk]], en Sibérie, est un écrivain d'origine russe et de langue française. Il a également publié des romans sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde.
 
== ''Le testament français'' ==
{{Citation
|citation=Encore enfant, je devinais que ce sourire très singulier représentait pour chaque femme une étrange petite victoire. Oui, une éphémère revanche sur les espoirs déçus, sur la grossièreté des hommes, sur la rareté des choses belles et vraies dans ce monde. Si j'avais su le dire, à l'époque, j'aurais appelé cette façon de sourire « féminité »... Mais ma langue était alors trop concrète. Je me contentais d'examiner, dans nos albums de photos, les visages féminins et de retouver ce reflet de beauté sur certains d'entre eux.<br />
Car ces femmes savaient que pour être belles, il fallait, quelques secondes avant que le flash ne les aveugle, prononcer ces mystérieuses syllabes françaises dont peu connaissaient le sens : « pe-tite-pomme... » Comme par enchantement, la bouche, au lieu de s'étirer dans une béatitude enjouée ou de se crisper dans un rictus anxieux, formait ce gracieux arrondi. Le visage tout entier en demeurait transfiguré.
|précisions=[[w:Incipit|Incipit]] du roman
}}
{{Réf Livre
|titre=Le testament français
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de france
|année=1995
|page=13
|ISBN=2-07152-1936-9
}}
 
{{Citation
|citation=C'est avec cet égoïsme infatué de la jeunesse que je lui demandai sur un ton un peu hilare:<br />
— Mais toi, tu pourrais aussi partir à l'étranger ! En France, par exemple... Ça te tenterait, hein ?<br />
L'expression de ses traits ne changea pas. Elle baissa simplement les yeux. J'entendis la mélodie sifflante de la bouilloire, le tintement des cristaux de neige contre la vitre noire.<br />
— Tu sais, me dit-elle enfin avec un sourire fatigué, quand en 1922 j'allai en Sibérie, la moitié, ou peut-être le tiers de ce voyage, je l'ai fait à pied. C'était comme d'ici à Paris. Tu vois, je n'aurais même pas besoin de vos avions...<br />
Elle sourit de nouveau, me regardant dans les yeux. Mais malgré cette intonation enjouée, je devinai dans sa voix un accent profond d'amertume. Confus, je pris une cigarette, je sortis sur le balcon...<br />
C'est là, au-dessus de l'obscurité glaçée de la steppe, que je crus enfin comprendre ce que la France était pour elle.
}}
{{Réf Livre
|titre=Le testament français
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de france
|année=1995
|page=262
|ISBN=2-07152-1936-9
}}
 
== ''La musique d'une vie'' ==