Différences entre versions de « Andreï Makine »

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Ajout de citations "Le crime d'Olga Arbélina"
(Ajout d'une citation de "La terre et le ciel de Jacques Dorme")
(Ajout de citations "Le crime d'Olga Arbélina")
[[Fichier:Andrei Makine.jpg|vignette|Andreï Makine]]
'''[[w:Andreï Makine|Andreï Makine]]''', né le 10 septembre 1957 à [[w:Krasnoïarsk|Krasnoïarsk]], en Sibérie, est un écrivain d'origine russe et de langue française. Il a également publié des romans sous le pseudonyme de Gabriel Osmonde.
 
== ''Confession d'un porte-drapeau déchu'', 1992 ==
{{Citation
|citation=À l'une des fenêtres du deuxième étage apparaissait un visage anguleux. Ma mère. Elle regardait un moment dans la cour en plissant les yeux sous les rayons orange du couchant. Puis elle appelait : <br />
– Iacha ! <br />
D'un banc, derrière les touffes humides des dahlias, un homme se levait, marquait la page dans son livre avec une brindille et se dirigeait vers l'entrée. Son crâne, absolument chauve et d'une pâleur incroyable, semblait transparent. Seuls quelques cheveux argentés frisaient au bas de sa nuque. En passant près de nous il nous lançait avec une douceur rieuse mais ferme : <br />
– Allez donc vous laver, pionniers !
}}
{{Réf Livre
|titre=Confession d'un porte-drapeau déchu
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Belfond
|année=1992
|page=11
|ISBN=2-7144-3419-3
}}
 
== ''La fille d'un héros de l'Union soviétique'', 1990 ==
|page=13
|ISBN=2-221-08265-6
}}
 
== ''Confession d'un porte-drapeau déchu'', 1992 ==
{{Citation
|citation=À l'une des fenêtres du deuxième étage apparaissait un visage anguleux. Ma mère. Elle regardait un moment dans la cour en plissant les yeux sous les rayons orange du couchant. Puis elle appelait : <br />
– Iacha ! <br />
D'un banc, derrière les touffes humides des dahlias, un homme se levait, marquait la page dans son livre avec une brindille et se dirigeait vers l'entrée. Son crâne, absolument chauve et d'une pâleur incroyable, semblait transparent. Seuls quelques cheveux argentés frisaient au bas de sa nuque. En passant près de nous il nous lançait avec une douceur rieuse mais ferme : <br />
– Allez donc vous laver, pionniers !
}}
{{Réf Livre
|titre=Confession d'un porte-drapeau déchu
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Belfond
|année=1992
|page=11
|ISBN=2-7144-3419-3
}}
 
|titre=Le testament français
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de franceFrance
|année=1995
|page=13
|titre=Le testament français
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de franceFrance
|année=1995
|page=136
|titre=Le testament français
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de franceFrance
|année=1995
|page=262
|ISBN=2-07152-1936-9
}}
 
== ''Le crime d'Olga Arbélina'', 1998 ==
{{Citation
|citation=Les premiers guettent ses paroles en simples voleurs de confidences. Les seconds doivent y goûter autre chose. On les distingue facilement d'ailleurs : bien plus rares que les simples curieux, ils viennent seuls, osent approcher d'un peu plus près le grand vieillard qui quadrille lentement le labyrinthe des allées et ils partent plus tard que les premiers.
|précisions=Incipit
}}
{{Réf Livre
|titre=Le crime d'Olga Arbélina
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de France
|année=1998
|page=13
|ISBN=2-7152-2090-1
}}
 
{{Citation
|citation=Le jeune homme frissonne tant cette lumière et cette chaleur abritée lui rappellent le confort d'une chambre très ancienne dans sa mémoire. Quelques pas à peine le séparent du vieillard. <br />
– Pourriez-vous me parler de cette femme ? <br />
Le regard du vieux gardien semble traverser de longues étendues d'obscurité, des villes nocturnes peuplées depuis longtemps par des ombres. On voit qu'il tente de comprendre à qui il a affaire : à l'un de ces curieux qui viennent pour emporter deux ou trois anecdotes. Ou bien à un fugitif qui s'est évadé d'un déjeuner familial et s'est réfugié ici pour retrouver son souffle. Ou peut-être à celui dont il n'espérait plus la venue ? <br />
Il se met à parler en se dirigeant lentement vers la grille du portail qui aurait dû être fermée il y a au moins une heure. Dans ses paroles perce une très grande lassitude. <br />
– Tout le monde voulait voir en eux des amants. Et dans la mort de ce personnage douteux, un meurtre.
}}
{{Réf Livre
|titre=Le crime d'Olga Arbélina
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de France
|année=1998
|page=25
|ISBN=2-7152-2090-1
}}
 
{{Citation
|citation=Et quand, se confondant avec les pénibles tangages du bateau surpris par la tempête d'hiver, elle pleurera de ces yeux torturés, ce ne sera ni à cause des maux de son corps ni à cause de la peur qui arrachera des prières et des cris à d'autres fuyards. Elle sentira très intensément qu'il n'y a personne dans cet univers à qui elle pourrait adresser sa prière. Son être se réduira à ses plaies humides, à sa peau rongée de poux. Toutes ses pensées aboutiront à cette unique sagesse : le monde est le mal, un mal toujours plus astucieux que ce que l'homme peut supposer, et le bien est l'une de ces astuces. « Je souffre », gémira-t-elle, et elle saura qu'il n'y aura personne sous ce ciel dont elle pourrait espérer la compassion. Le seul ciel qu'elle verra sera ce rectangle de froid, d'éclaboussures salées et de rafales hurlantes derrière la porte qu'ouvriront en courant les matelots. Son unique ciel. Car ce monde, elle l'a voulu ainsi. Et il l'est devenu. <br />
Non, elle pleurera à l'instant où son voisin, mine émaciée, regard mort, hésitera une seconde, puis partagera avec elle son pain…
}}
{{Réf Livre
|titre=Le crime d'Olga Arbélina
|auteur=Andreï Makine
|éditeur=Mercure de France
|année=1998
|page=140
|ISBN=2-7152-2090-1
}}