Différences entre versions de « James Joyce »

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[[File:James Joyce in 1915.jpg|thumb|250px|[[w:James Joyce|James Joyce]] en 1915]]
 
'''[[w:James Joyce|James Augustine Aloysius Joyce]]''' (2 février [[:Catégorie:Naissance en 1882|1882]] à Dublin - 13 janvier [[:Catégorie:Décès en 1941|1941]] à Zurich), [[:Catégorie:Romancier|romancier]] et [[:Catégorie:Poète|poète]] [[:Catégorie:Personnalité irlandaise|irlandais]] expatrié, considéré comme un des [[:Catégorie:Écrivain|écrivains]] les plus influents du XXe siècle{{s-|XX|e}}.
 
== Citations ==
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=15|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=— Et qu'est-ce que la mort, celle de votre mère, ou la vôtre, ou la mienne ? Vous n'avez vu mourir que votre mère. Moi, à la Mater ou au Richmond, j'en vois tous les jours qui tournent de l'oeil, et dans la salle de dissection je les vois débiter en tranches. Est-ce que ça n'est pas tout simplement bestial ? Tout ceci ne rime à rien. Vous avez refusé de vous mettre à genoux et de prier pour votre mère qui vous le demandait sur son lit de mort. Pourquoi ? Parce que vous avez en vous de la maudite essence de jésuite, bien qu'elle opère à rebours. Pour moi dans tout ceci il n'y a que dérision et bestialité. Ses lobes cérébraux ne fonctionnent plus. Elle appelle le médecin Sir Peter Teazle et cueille des boutons d'or sur son couvre-pieds. Contentez-la tant qu'elle y est encore. Vous avez contrarié son voeuvœu et voilà que vous me boudez parce que je n'ai pas la componction d'un croque-mort de chez Lalouette. Quelle absurdité !}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=17|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=41|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=Laid et nul ; cou tout en longueur, cheveux broussailleux et une tache d'encre bave de limaçon. Pourtant une créature l'avait aimé, porté dans ses bras et dans son coeurcœur. Sans elle, la race des hommes l'eût foulé aux pieds, flaque limaçon en bouillie. Elle avait aimé ce faible sang acqueux tiré du sien. Cela était-il donc réel ? La seule chose sûre en ce monde ? Le corps prostré de sa mère le fougueux Colomban dans son zèle saint l'enjamba. Elle n'était plus ; le squelette tremblant d'une brindille brûlée par le feu, une odeur de bois de rose et de cendre mouillée. Elle l'avait sauvé des pieds qui écrasent et avait disparu, ayant à peine été. Une pauvre âme partie aux cieux ; et dans la lande, sous les clignotantes étoiles, l'oeil implacable et brasillant, grattait la terre, écoutait, rejetait la terre ; écoutait, scrappait et scrappait.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=44|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=79|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=M. Léopold Bloom se nourrissait avec délectation des organes internes des mammifères et des oiseaux. Il aimait une épaisse soupe d'abattis, les gésiers au goût de noisette, un coeurcœur rôti avec sa farce, des tranches de foie frites dans la chapelure, des oeufsœufs de morue rissolés. Par-dessus tout il aimait les rognons de mouton au gril qui flattaient ses papilles gustatives d'une belle saveur au léger parfum d'urine.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=85|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>Rochers à l'ananas, citrons confits, caramels mous. Jeune fille enduite de sucre qui verse de pleines pellées de chocolat pour un frère Quatre-bras. Quelque goûter scolaire. Mauvais pour leurs petits bedons. Pâtes et Fruits confits, fournisseur de Sa Majesté le Roi. Dieu. Protège. Le. Assis sur son trône, suçant à blanc de rouges jujubes.
Un sombre jeune Y.M.C.A., en faction parmi les chaudes odeurs sucrées de Graham Lemon, mit un prospectus dans la main de M. Bloom.
Un mot coeurcœur à coeurcœur.
Bloo... Moi ? Non. Blood, sang.
Sang de l'Agneau.
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=409|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=Ignorés, les yeux héroïques de Miss Douce se détournent du brise-bise, blessés par le soleil. Parti. Pensive (qui sait ?) blessée (la blessante lumière) elle fait descendre le store sur ses lisses. Elle fait descendre pensive (pourquoi est-il parti si vite quand je ?) autour de son bronze, sur l'endroit où Pat le déplumé voisine avec sa soeursœur. Or, contraste non enchanteur, contraste non enchanteur désenchanteur, la pénombre abyssale fraîche et lisse, vert de mer, ''eau de Nil''.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=411|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=447|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=Le dauphin neigeux secoua sa crinière, et, montant vers la poupe dorée, le nautonier déploya la voile gonflée, allant au vent toutes voiles dehors, armures à bâbord. Une multitude de nymphes charmantes s'approchèrent de bâbord et de tribord et s'attachant aux flancs de la noble nef elles entrelacèrent leurs corps éclatants ainsi que fait le charron habile quand il accommode au coeurcœur de sa roue les rayons équidistants dont chacun est frère de l'autre et qu'il les relie tous par un cercle, gratifiant ainsi de vitesse les pieds des hommes, soit qu'ils courent au combat soit qu'ils s'efforcent de conquérir le sourire de la beauté. Ainsi les vit-on accourir et se placer, ces nymphes aimables, ces soeurssœurs immortelles. Et elles riaient, s'ébattant dans leur cirque écumeux : et le navire fendait les flots.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=527|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=538|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=Et pourtant et pourtant ! Cette tension du visage ! Un chagrin est là qui ne cesse de la mimer. C'est son âme elle-même qui transparaît dans ses yeux et que ne donnerait-elle pas pour se retrouver dans l'intimité de sa chambre de jeune fille où, laissant libre cours à ses larmes, elle pourrait pleurer un bon coup et se soulager de ce qu'elle avait sur le coeurcœur ? Mais sans exagération car elle sait comment on pleure élégamment devant sa glace. Vous êtes délicieuse, Gertie, dit cette glace.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=542|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=611|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=L'adiaphane au midi de la vie est une plaie d'Egypte qui dans les nuits prénatale et postmortelle est leur très véritable ''ubi et quomodo''. Et de même que les fins et aboutissants de toutes choses s'accordent en quelque manière et mesure avec leur commencement et origine, cette même concordance multiple qui fait partir de la naissance l'accroissement successif, accomplit par une métamorphose régressive cette diminuation et ablation tendant au terme final selon le désir de la nature ; ainsi en est-il de notre être sublunaire. Les trois soeurssœurs nous poussent dans la vie ; nous gémissons, grossissons, jouons, embrassons, étreignons, lâchons, rabougrissons, mourons ; sur nous, morts, elles se penchent. D'abord sauvé des eaux du père Nil, parmi les roseaux, une corbeille d'osier dascié ; pour finir, un creux dans la montagne, un sépulcre secret parmi les clameurs du chat-pard et de l'orfraie. Et de même qu'aucun homme ne sait l'ubicité de son tumulus ni dans quelle suite de transformations nous serons par là introduits, que ce soit à Tophet ou à Endenville, en semblable manière, tout nous est caché lorsque nous voudrions apercevoir derrière nous de quelle région la quiddité de notre égoticité a pris son undéité.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=613|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>N'avait-il nulle connaissance de cet autre pays qui est appelé Croyez-en-Moi, qui est la terre promise qui sied au roi Délicieux et sera éternellement là où ne sont plus ni mort ni naissance, épousailles ni maternité et où tous tant qu'ils sont entreront qui ont cru en elle ? Oui, Pieux lui avait parlé de cette terre et Chaste lui en avait indiqué la route mais le fait est que sur cette route il était tombé sur une certaine courtisane fort plaisante à l'oeil et qui lui dit se nommer Un-Bon-Tiens et le détourna par ruse de la bonne voie avec des flatteries qu'elle lui prodiguait, comme : Oh mon joli coeurcœur viens-t'en un peu par ici et je te ferai voir un endroit charmant, et elle le flatta de tant d'expertes façons qu'elle l'attira en sa grotte qui a nom Deux-Tu-l'Auras, ou selon quelques doctes personnes, Concupiscence Charnelle.
Ceci était ce que tous les membres de cette compagnie attablée là dans le Manoir des Mères convoitaient le plus chaudement et s'ils avaient fait rencontre de cette courtisane Un-Bon-Tiens (qui était dedans soi toutes les ordres infections, tous les monstres, et possédée d'un malin esprit), ils eussent fait feu de tout bois pour lui donner assaut et la posséder. Touchant Croyez-en-Moi, ils dirent que ce n'était chose autre qu'une imagination et qu'ils ne s'en pouvaient faire représentation aucune, que premier, Deux-Tu-l'Auras où elle les entraînait était par excellence une bienheureuse grotte et s'y voyaient quatre oreillers portant pancartes dessus lesquelles étaient ces mots écrits, En Levrette et Tête-Bêche et Langue-Fourrée et Flanc-à-Flanc, et second, que de cet ordre infection, Omnivérole, et des monstres, ils n'avaient souci car Préservatif leur avait fait don d'un puissant bouclier de boyau de boeufbœuf, et en troisième lieu, qu'ils n'avaient non plus à craindre Progéniture qui était cet esprit malin, par la vertu de ce même bouclier qui s'appelait Mortogosse. Ainsi tous s'ébattaient en leur aveuglement, M. Lergoteur et M. Dévot-par-Occasion, M. Chimpanzé-de-la-Chope, M. Faux-Franc-Homme, M. Disert-Dixon, le jeune Grand-Vantard et M. Prudent-Bonace. En quoi, ô misérables humains, vous vous abusiez là, alors que c'était la voix du dieu qui retentissait en sa male rage et que son bras était prêt de se lever pour réduire en poudre vos âmes à cause de tant de blasphèmes et de ce que vous avez jeté hors à mépris de sa parole qui d'engendrer grandement vous enjoint.</poem>}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=615|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=646|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=Il ceignit ses cheveux ébouriffés d'une couronne de feuilles de vigne en souriant à Vincent. Cette réponse et ces feuilles, lui dit Vincent, vous feront une parure plus convenable quand quelque chose de plus, de beaucoup plus qu'une poignée de poésies fugitives pourra se réclamer de votre génie comme d'un père. Tous ceux qui vous veulent du bien en forment le voeuvœu. Tous désirent vous voir réaliser l'oeuvreœuvre que vous méditez.}}
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=647|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Réf Livre|titre=Ulysse|auteur=James Joyce|traducteur=Auguste Morel|éditeur=Gallimard|collection=Folio|année=1957|année d'origine=1922|page=683|ISBN=2-07-040018-2}}
 
{{Citation|citation=<poem>LE SIGNOR MAFFEI (''Avec un sourire satanique'' ) : Mesdames et messieurs, je présente en liberté mon lévrier dressé. C'est moi qui ai venu à bout d'Ajax l'étalon sauvage de la pampa, grâce à ma selle à pointes brevetée pour carnivores. Fouetter sous le ventre avec une corde à noeudsnœuds. Un palan à poulies avec un système étrangleur, et votre lion viendra vous lécher les pieds, si intraitable qu'il soit, même le ''Leo ferox'' que voici, le mangeur d'hommes de Lybie. Une barre rougie au feu et une certaine pommade sur la partie qui brûle nous ont valu Fritz d'Amsterdam, l'hyène qui pense. (Ses yeux lancent des éclairs). J'ai le signe indien. C'est rapport à ce feu qui est dans mes yeux et les pétilards de ma poitrine. (''Avec un sourire enchanteur''.) Je vais vous présenter maintenant Mademoiselle Rubis, l'orgeuil du cirque.
PREMIER SERGENT DE VILLE : Allons. Vos nom et adresse.
BLOOM : Tiens, j'ai une absence. Ah oui ! (''Il tire son chapeau de luxe et salue''). Dr Bloom, Léopold, chirurgien dentiste. Vous avez entendu parler de von Bloom Pacha. Je ne sais combien de millions. ''Donnerwetter !'' Il tient la moitié de l'Autriche. L'Egypte. Mon cousin.
 
{{Citation|citation=<poem>''La flamme résineuse du bois de camphres s'élève du bûcher des sutties. La fumée de l'encens, drap funèbre, le cache, et s'éparpille. Sortant de son cadre de chêne, une nymphe aux cheveux flottants, légèrement vêtue de couleurs artistiques thé-infusé, descend de sa grotte, passe sous une voûte d'ifs et s'arrête au-dessus de Bloom''.
LES IFS (''Leurs feuilles murmurent''.) : SoeurSœur. Notre soeursœur. Ch !
LA NYMPHE (''Doucement''.) : Mortel ! (''Compatissante''.) Nenni, point ne te sied larmoyer.
BLOOM : (''Gélatineux à quatre pattes sous les branches, tigré de soleil, et très digne''.) : Cette posture. Je sentais qu'on attendait ça de moi. La force de l'habitude.</poem>}}