Différences entre versions de « Gilbert Keith Chesterton »

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[[Fichier:Gilbert Chesterton.jpg|vignette|[[w:Gilbert Keith Chesterton|Gilbert Keith Chesterton]]]]
'''[[w:G. K. Chesterton|Gilbert Keith Chesterton]]''', né à Kensington, Londres, le {{Date|29|mai|1874}}, et mort le {{Date|14|juin|1936}}, est l'un des plus importants écrivains anglais du début du {{s-|XX|e}}. Son œuvre est extrêmement variée : il a été journaliste, poète, biographe, apologète du christianisme ; aujourd'hui, il est surtout connu pour la série de nouvelles dont le personnage principal est le Père Brown (''The Wisdom Of Father Brown'', ''The Incredulity Of Father Brown''...)
 
== ''Notebooks'' ==
|mois=février
|jour=13
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|commentaire=
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{{citation
|citation= « - Savez-vous, dit Lord Beaumont avec une sorte d'exaltation fiévreuse, en trottinant derrière nous, je n'arrive pas à comprendre de quel côté de la barrière vous êtes. Quelquefois, vous paraissez tellement libéral et quelquefois tellement réactionnaire. Basil, êtes-vous un homme moderne ?<br />
- Non » dit Basil à voix haute et joyeusement au moment où nous pénétrions dans le salon rempli de monde.
|original="Do you know," said Lord Beaumont, with a sort of feverish entertainment, as he trotted after us towards the interior, "I can never quite make out which side you are on. Sometimes you seem so liberal and sometimes so reactionary. Are you a modern, Basil?" <br /> "No," said Basil, loudly and cheerfully, as he entered the crowded drawing-room.
|langue=en
 
{{citation|
La poésie est saine parce qu'elle flotte avec aisance sur une mer infinie ; la raison s’évertue à traverser cette mère infinie, et dès lors à la délimiter. Il en résulte un épuisement mental, pareil à l'épuisement mental de M. Hollbein. Tout accepter est un exercice ; tout comprendre est une rude épreuve. Le poète n'aspire qu'à l'exaltation et à l'expansion, à un monde où il puisse s'étendre. Le poète ne demande qu'à lever sa tête jusqu'au cieux. C'est le logicien qui cherche à faire entrer le ciel dans sa tête. Et c'est sa tête qui se fend.
}}
{{Réf Livre
|mois=septembre
|jour=4
|commentaire=
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{{citation|
Le progrès devrait vouloir dire que nous transformons sans cesse le monde pour l'adapter à notre vision. Il signifie en réalité (à l'heure actuelle) que nous changeons sans cesse la vision. Il devrait vouloir dire que nous apportons lentement mais sûrement la justice et la charité aux hommes ; il signifie en réalité que nous avons tôt fait de douter des avantages de la justice et de la charité. [...] <br />
Nous ne modifions pas le réel pour l'adapter à l'idéal. Nous modifions l'idéal : c'est plus facile.
}}
 
{{citation
|citation=Mais nous avons retardé trop longtemps l'argument principal à seule fin de montrer que le grand rêve démocratique, tout comme le grand rêve médiéval, a été, au sens strict et pratique, un rêve non réalisé. Quoi qu'il advienne de l'Angleterre contemporaine, ce ne sera pas dû au fait que nous aurons pratiqué trop au pied de la lettre ou atteint la complétude décevante du catholicisme de BecketBeckett ou l'égalité de Marat. J'ai choisi ces deux exemples pour la simple raison qu'ils sont typiques de milliers d'autres exemples. Le monde regorge de ces idéaux non réalisés, de ces temples inachevés. L'Histoire n'est pas faite d'édifices inachevés. L'histoire n'est pas faite d'édifices achevés et de ruines mal en point ; elle est faite de villas à moitié bâties, abandonnées par un constructeur en faillite. Ce monde ressemble davantage à un faubourg inachevé qu'à un cimetière abandonnée.
}}
{{Réf Livre|titre=Le monde comme il ne va pas, 1910
|mois=janvier
|jour=5
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|commentaire=
|}}
 
 
{{citation
|citation= « - [...] Je sais qu'on accuse l'Église d'abaisser la raison, mais c'est le contraire qui est vrai. L'Église est seule sur terre à faire de la raison l'instance suprême. L'Église est seule sur terre à affirmer que Dieu lui-même est limité par la raison. »
|original="I know that people charge the Church with lowering reason, but it is just the other way. Alone on earth, the Church makes reason really supreme. Alone on earth, the Church affirms that God himself is bound by reason."
|langue=en
}}
 
{{citation|Tel est le type de société que ces gens s'apprêtent à construire, si nous n'y mettons pas le holà tant que qu'il en est encore temps. Tout, qu'il s'agisse de choses tolérables ou intolérables, y sera subordonné à un seul usage, usage que nos ancêtres appelaient usance ou usure. Ses réalisations artistiques, bonnes ou mauvaises, serviront de réclames aux usuriers ; sa littérature, bonne ou mauvaise, sera patronnée par des usuriers ; ses critères scientifiques répondront aux besoins des usuriers ; sa religion sera suffisamment charitable pour leur accorder son pardon ; son système pénal suffisamment dissuasif pour faire taire toute voix qui se mêlerait de critiquer la pratique de l'usure. Cette société aura peut-être pour dénomination : socialisme, mais son véritable nom sera : esclavage.
}}
{{Réf Livre
}}
 
{{citation|Le problème que doit résoudre aujourd'hui le journaliste politique est le suivant : s'il a véritablement l'intention de dénoncer devant l'opinion un marchandage contacté entre un gouvernement et un entrepeneurentrepreneur, c'est, de nos jours, au Parlement qu'il a affaire ; c'est-à-dire un comité qui le contrôle. Et il doit trancher entre deux points de vue. Ou bien il décide qu'il ne peut exister de gouvernement corrompu. Ou bien il décide qu'il appartient à un gouvernement corrompu de dénoncer sa propre corruption. Je lui donne le choix tout en riant sous cape.
}}
{{Réf Livre
}}
 
{{citation|La vérité concernant la presse, c'est qu'elle n'est pas telle que son nom la désigne. Elle n'est pas « la presse populaire ». Elle n'est pas la presse publique. Elle n'est pas davantage un organe de l'opinion publique. Elle est une conspiration ourdie par un petit nombre de millionnaires qui se sont entendus sur ce que cette grande nation (à laquelle nous appartenons) doit savoir sur elle-même, ses alliés, ses ennemis.[...]<br >
Si bien que le lecteur de journal reçoit toutes ses informations et ses mots d'ordre politiques de ce qui à l'heure qu'il est constitue plus ou moins consciemment une sorte de société secrète, composée d'un très petit nombre de membres disposant de beaucoup d'argent.
}}
== ''Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste'', 1926 ==
{{citation|La tendance dominante aujourd'hui dans le commerce et les affaires est aux grands consortiums, souvent plus impérialistes, plus anonymes et plus internationaux que les kolkhozes communistes, organisations qui sont du moins collectives sinon collectivistes. C'est bien joli de répéter comme un perroquet : « Où allons-nous avec tout ce bolchevisme ? » Il serait plus pertinent de se demander : « Où allons-nous, même sans le bolchevisme ? » La réponse est simple : nous allons au monopole. Ce n'est certainement pas l'entreprise privée. Le trust américain n'a rien d'une entreprise privée. Le trust n'est ni privé, ni entreprenant. Il n'existe que pour empêcher l'entreprise privée.
}}
{{Réf Livre
|titre=Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste
 
{{citation|Quand je dis : « Capitalisme », j'entends communément quelque chose qui peut s'exprimer de la façon suivante : un ensemble de conditions économiques permettant à une classe de capitalistes, facilement reconnaissable et relativement restreinte, entre les mains de laquelle est concentrée une si grande portion du capital que la grande majorité des citoyens se voit contrainte de servir ces capitalistes en échange d'un salaire.
}}
{{Réf Livre
|titre=Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste
}}
 
{{citation|Mettons, voulez-bien, un peu de précision dans le flou qui environne ce terme. Le socialisme est un système politique qui rend les gouvernements responsables de tous les processus économiques inhérents à une société, c'est-à-dire de ses nécessités vitales. Si quelque chose d'important est attribué, c'est le gouvernement qui l'a attribué ; si quoi que ce soit d'important est toléré, c'est encore le gouvernement qui en est responsable. Ce système est, comme on le voit, totalement dirigiste ; c'est le contraire même de l'anarchie ; l'autoritarisme en est la vertu capitale. [...] Mais que les socialistes ne nous reprochent pas de leur dire que leur système entraîne une destruction complète de la liberté. [...] Un gouvernement socialiste par nature ne tolère aucune opposition véritable, car dans un système où le gouvernement fournit tout, il serait absurde de lui demander de fournir par-dessus le marché une opposition.
}}
{{Réf Livre
|titre=Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste
}}
 
{{citation|La propriété est un point d'honneur. Son contraire est la prostitution, et les hommes ne seront pas toujours prêts à vendre leur honneur, qu'il s'agisse de leur corps ou de leurs biens. Ceux qui le font deviennent toujours des hors-la-loi. Mais la majorité résiste, et quiconque le nie est ignorant, non pas tant de nos plans et de nos propositions, ni du distributisme ou de la division du capital par tel ou tel processus, que de l'histoire et de la nature humaine. C'est un barbare qui n'a jamais vu l'arche.
}}
{{Réf Livre
}}
 
{{citation|Mais dès l'instant où il s'éveille [l'employé] jusqu'à celui où il se couche, sa vie est réglée comme du papier à musique et ce par des gens que la plupart du temps il ne connaît même pas. Il vit dans une maison dont il n'est pas propriétaire, qu'il n'a pas construite et qu'il n'aime pas. Il circule dans des ornières et se rend au travail sur les rails. Il a oublié ce que ses ancêtres, chasseurs et pèlerins, trouvères ou troubadours, chevaliers errants, entendaient par l'expression trouver son gîte et au terme de quelle quête ils le trouvaient. Il pense en termes de salaires ; c'est-à-dire qu'il a oublié la véritable signification du mot richesse.
}}
{{Réf Livre
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{{citation|Deux fois dans ma vie un rédacteur-en-chef m'a dit qu'il n'osait pas imprimer ce que j'avais écrit de peur d'offenser les annonceurs de son journal. [...] <br />
En ces deux occasions il me refusa la liberté d'expression parce que j'avais écrit que les grands magasins qui bénéficient de la publicité que l'on sait étaient en réalité pires que les petits magasins. C'est la une des choses, et elle est digne d'être relevée, qu'un homme n'a désormais plus le droit de dire ; peut-être même la seule chose qui lui soit réellement interdite. Si j'avais attaqué le gouvernement, on aurait trouvé cela très bien ; si j'avais attaqué Dieu, on aurait trouvé cela encore mieux. Si j'avais critiqué le mariage, le patriotisme ou la morale publique, j'aurais eu droit à la première page de la presse dominicale. Mais un grand journal ne peut se payer le luxe de critiquer les grands magasins, étant un grand magasin à sa manière et en passe de devenir lui-même un monopole.
}}
}}
 
{{citation|Ces deux pouvoirs, qui en vérité n'en font qu'un seul, détestent toute division et par conséquent toute distribution. Ils croient à l'unification, au consensus, à l'uniformisation. L'un de ces pouvoirs est le socialisme étatique et l'autre le Grand Commerce. Ils ne forment déjà plus qu'un seul esprit ; demain ils ne seront plus qu'un seul corps. [...] <br />
Ce sera un monde d'organisation et de standardisation. Tout sera standardisé, chapeaux, maisons, loisirs, alimentation, habillement, éducation, soins de santé, tout sera rouage d'une vaste et monstrueuse machine...machine…
}}
{{Réf Livre
|collection=Climats
|traducteur=Pierre Guglielmina
|chapitre=Logique - et tennis sur gazon
|année=2015
|années d'origine=1929