Différences entre versions de « Jean-Christophe Rufin »

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Le Collier rouge
(Les Trois femmes du consul)
(Le Collier rouge)
 
|ISBN=978-2-07-011942-4
|page=13
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== ''Le Collier rouge'', 2014 ==
{{citation|
À une heure de l'après-midi, avec la chaleur qui écrasait la ville, les hurlements du chien étaient insupportables. Il était là depuis deux jours, sur la place Michelet, et depuis deux jours il aboyait. C'était un gros chien marron à poils courts, sans collier, avec une oreille déchirée. Il jappait méthodiquement, une fois toutes les trois secondes à peu près, d'une voix grave qui rendait fou.
|précisions=Incipit
}}
{{Réf Livre
|titre=Le collier rouge
|auteur=Jean-Christophe Rufin
|éditeur=Gallimard
|année=2014
|ISBN=978-2-07-013797-8
|page=9
}}
 
{{citation|
Sur le bat-flanc, en face du juge, l'homme s'était enfin redressé. Il était en nage sous sa couverture, les joues rouges, les cheveux en bataille. Mais son regard n'était pas brouillé. Il s'assit sur le bord du lit, en laissant pendre ses jambes nues. Il passa sa main sur sa nuque avec une grimace et s'étira. Puis il fixa le juge qui était assis, le dossier sur les genoux, et souriait d'un air las. <br />
– Non, dit l'homme. Je n'étais pas saoul. Et je ne regrette rien.
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{{Réf Livre
|titre=Le collier rouge
|auteur=Jean-Christophe Rufin
|éditeur=Gallimard
|année=2014
|ISBN=978-2-07-013797-8
|page=21
}}
 
{{citation|
L'homme avait parlé assez bas et sa voix était sourde. Il est impossible qu'on l'eût entendu du dehors. Pourtant, le chien, sur la place, s'était aussitôt remis à hurler. <br />
Le juge, machinalement, regarda vers la porte. <br />
– En voilà un, au moins, qui tient à vous. Il n'y a personne d'autre qui tienne à vous, caporal ? Personne qui préférerait que vous sortiez de cette regrettable affaire et que vous soyez libre ? <br />
– Je vous le répète, répondit Morlac. Mes actes, j'en suis responsable et je ne vois aucune raison de m'excuser.
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{{Réf Livre
|titre=Le collier rouge
|auteur=Jean-Christophe Rufin
|éditeur=Gallimard
|année=2014
|ISBN=978-2-07-013797-8
|page=23
}}
 
{{citation|
L'officier était un homme de la ville. Il était né à Paris et y avait toujours vécu. Il avait souvent remarqué, avec ses hommes, à quel point citadins et paysans voyaient l'arrière différemment. Pour l'homme des villes, l'arrière, c'était le plaisir, le confort, la lâcheté, en somme. Pour celui des campagnes, l'arrière, c'était la terre, le travail, un autre combat.
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{{Réf Livre
|titre=Le collier rouge
|auteur=Jean-Christophe Rufin
|éditeur=Gallimard
|année=2014
|ISBN=978-2-07-013797-8
|page=28
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{{citation|
Morlac haussa les épaules. Il regardait ses mains. <br />
– Je crois que la vraie différence avec les bêtes, poursuivit le juge, ce n'est pas la fidélité. Le trait le plus proprement humain et qui leur fait complètement défaut, c'est un autre sentiment, que vous avez du reste. <br />
– Lequel ? <br />
– L'orgueil.
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{{Réf Livre
|titre=Le collier rouge
|auteur=Jean-Christophe Rufin
|éditeur=Gallimard
|année=2014
|ISBN=978-2-07-013797-8
|page=148
}}
 
{{citation|
Par moments, Lantier se retournait vers la banquette arrière et jetait un coup d'œil pour s'en assurer : non vraiment, ce n'était pas un très beau cadeau. Ou plutôt, c'était à lui seul qu'il le faisait. <br />
Il tendait le bras et sentait les vieilles bajoues sur sa main. Quel drôle de cadeau, décidément. <br />
– Pas vrai, Guillaume ? criait-il. <br />
Et le chien, lui aussi, avait l'air de sourire.
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{{Réf Livre
|titre=Le collier rouge
|auteur=Jean-Christophe Rufin
|éditeur=Gallimard
|année=2014
|ISBN=978-2-07-013797-8
|page=154
}}