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[[Fichier:Félix Milliet 1870.png|vignette|redresse|Félix Milliet en 1870.]]
'''Félix Milliet''', né le {{Date-|19 juillet 1811}} à Valence et mort le {{Date-|22 octobre 1888}} dans le 5{{e}} arrondissement de Paris, est un militant républicain, poète et chansonnier français.
 
== Poèmes attribuées à Félix Milliet ==
{{Citation|citation=<poem>
{{Citation|citation=<poem>
Oh ! c'est qu'elle était là, la jeune demoiselle,
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Assise au bord du Loir,
Son album à la main, dessinant la tourelle,
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Du gothique manoir.
</poem>}}
Paul Milliet : Il "raconte une joute sur l'eau à laquelle il avait pris part. Ses yeux se tournaient souvent vers le rivage."
{{Citation|citation=<poem>
Lorsqu'au milieu des jeux, des ris, des danses folles,
Les hommes, à Tenvil'envi, vers toi se presseront,
Ton oreille entendra de bien douces paroles,
Qui feront de plaisir rougir ton jeune front.
</poem>}}
PM : Il n'est pas invité à un bal
 
{{Citation|citation=<poem>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;'''''Après le bal'''''
 
Les flambeaux pâlissaient, et l'élégante foule,
Désertant les salons comme une eau qui s'écoule.
De la fin des plaisirs a donné le signal.
Et vous êtes partie, encore fraîche et rieuse,
Mais oubliant, hélas ! peut-être dédaigneuse,
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Votre joli bouquet de bal.
 
Moi, je l'ai recueilli.
D'une main attentive
Je l'ai mis rafraîchir dans une eau pure et vive.
Après l'avoir couvert d'un long baiser brûlant.
Et j'ai vu chaque fleur, sur sa tige flétrie.
Reprendre son éclat et renaître à la vie
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comme par un enchantement.
 
[...]
Ce bouquet dérobé, qu'il m'eût été plus doux
De l'obtenir d'un cœur touché de ma constance,
Comme un symbole heureux de joie et d'espérance
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Que l'on reçoit à deux genoux !
</poem>}}
 
{{Citation|citation=<poem>
Eh bien! je t'aime ainsi, pâle et triste relique,
Quand je tourne vers toi mon œil mélancolique,
Il s'échappe un soupir de mon cœur oppressé ;
Une larme, parfois, vient mouiller ma paupière.
C'est que je songe alors à ta splendeur première,
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;À ton éclat trop tôt passé.
 
C'est que je vois en toi la plus fidèle image
De nos illusions, des rêves du bel âge,
De ces beaux songes d'or que l'on fait à vingt ans,
Brillants comme tes fleurs, comme elles éphémères,
Et qu'on voit s'envoler, hélas ! tristes chimères,
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Sur l'aile froide des autans.
</poem>}}
 
{{Citation|citation=<poem>
Plus je l'aime, ô mon Dieu ! plus je suis misérable.
Dans son brillant chemin je passe inaperçu ;
En vain je la supplie, elle est inexorable,
Et ce que j'ai souffert pourtant elle l'a su.
 
Tout bonheur ici-bas repose sur le sable ;
Mon espoir du matin chaque soir est déçu ;
De ses refus amers la cruelle m'accable,
Et j'aurai tout donné sans avoir rien reçu.
 
Je demandais si peu pour chérir l'existence,
Si peu pour être heureux ; une ombre d'espérance.
Un seul mot de pitié... qui n'est venu jamais !
 
Ai-je pu malgré moi mériter votre blâme ?
Un feu d'amour divin illuminait mon àme ;
Tout va s'éteindre ; adieu !... Comme je vous aimais !
</poem>}}
PM : Bientôt le jeune officier dut quitter Montoii'e pour aller en garnison à Vendôme.
 
{{Citation|citation=<poem>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Son retour''''''
 
Je souffrais en silence,
Maudissant son absence
Si tardive à finir ;
Je la voyais en rêve.
Mais mon bonheur s'achève,
Elle va revenir.
 
Tout s'embellit, se dore,
S'anime et se colore
De ce rayon d'espoir.
Caché dans la verdure,
Le gai ruisseau murmure :
Tu vas bientôt la voir !...
</poem>}}
 
{{Citation|citation=<poem>
Vois-tu, si tu n'as pas, une fois en ta vie.
Éprouvé de l'amour la puissante magie.
Tu ne comprendras pas l'ineffable bonheur,
L'indicible plaisir qui vous remplit le cœur,
Le Dimanche à midi, quand, quittant la semaine,
On s'élance à cheval tout à travers la plaine,
Au galop, plein d'espoir, ivre d'amour. Souvent
Lorsque tombe la pluie et que souffle le vent,
Pour passer, ruisselant, sur un coursier qui fume
Et qui mâche en courant son mors blanchi d'écume,
Devant une fenêtre, où l'on verra soudain
Un rideau, soulevé par une blanche main.
Puis, vous apparaîtra le gracieux visage
D'une enfant aux yeux bleus qui, de votre passage
Inquiète, attendait le moment désiré,
Peut-être hélas trop lent à venir à son gré.
Tu ne comprendras pas l'ivresse, le délire,
La volupté qu'on a de penser, de se dire
Que votre ange adorée, en vous voyant ainsi,
Vous plaindra, puis tout bas murmurera : merci.
Car elle saura bien que c'est à cause d'elle
Que sur votre manteau la pluie à flots ruisselle,
Que c'est pour elle seule et pour voir ses beaux yeux,
Pour ouïr de sa voix le son mélodieux,
Pour voir son beau cou blanc, semé de veines bleues,
Qu'au galop vous avez parcouru quatre lieues.
</poem>}}
PM : Il écrit à un ami.
 
{{Citation|citation=<poem>
Je voudrais que ma poésie
Fût harmonieuse et choisie,
Comme le chant du rossignol :
Alors mon ardente pensée,
Dans une strophe cadencée,
Jusque vers toi prendrait son vol.
Je voudrais que ma poésie
Fût harmonieuse et choisie.
 
Je voudrais, par un sortilège.
Avoir le pinceau du Corrège,
De l'Albane ou de Raphaël :
Ta beauté, lumineuse étoile,
Rayonnerait sur l'humble toile,
Son éclat serait immortel.
Je voudrais, — par un sortilège,
Avoir le pinceau du Corrège.
 
Je voudrais être un statuaire
Et, donnant ta forme à la pierre,
T'asseoir sur un haut piédestal,
Dans une ravissante pose ;
Puis, au socle de granit rose,
Buriner ton nom virginal.
Je voudrais être un statuaire
Pour donner ta forme à la pierre.
 
Je voudrais être, en mon ivresse,
Le sylphe léger, qui caresse
Ton beau front pendant le sommeil ;
Puis, le matin, quand ta paupière
Ouvre ses cils à la lumière,
Être un blanc rayon de soleil.
Je voudrais être, en mon ivresse,
Le sylphe heureux qui te caresse.
 
Mais hélas, je suis peu de chose,
Ni grand peintre, ni sylphe rose,
Ni poète à la lyre d'or.
Qu'importe, si tu veux me prendre
Tel que je suis, rêveur bien tendre.
Avec mon cœur pour tout trésor.
Mais hélas, je suis peu de chose,
Ni grand peintre, ni sylphe rose.
</poem>}}
 
- Tout ça en 1838 -
 
{{Citation|citation=<poem>
Qu'elle ne puisse pas faire la différence
De son bonheur présent à son bonheur passé.
D'être un ormeau fidèle à cette tendre vigne
Qui de la soutenir vient de me trouver digne.
Oh, lorsqu'un nœud divin unira pour toujours
Et mon âme à ton âme et mes jours à tes jours,
Comme un fleuve aux flots d'or s'écouleront les heures.
Si tu veux, nous fuirons loin des tristes demeures,
Loin du bruit, de la foule, insupportable essaim,
Et nous irons ensemble, en nous donnant la main.
Promener lentement sur la verte colline,
Près de la vieille tour, d'où le regard domine
Le vallon calme et frais, sillonné par le Loir.
[...]
Je te dirai combien tristes étaient mes jours,
Avant que ta présence en vînt charmer le cours,
Comme péniblement s'écoula mon enfance,
Comment, bien jeune encor, je connus la souffrance,
Et plus tard, dans le monde où j'essayai mes pas,
Combien je rencontrai d'amertumes, hélas !
Du jour où je t'aimai, je te dirai mes craintes.
Puis mes éclairs d'espoir, mes soupirs et mes plaintes,
Et mes jours sans repos et mes nuits sans sommeil,
Et les vœux insensés que j'adressais au ciel.
Enfin tu m'entendras dire que je t'adore.
Te le dire cent fois, puis te le dire encore.
</poem>}}
PM : "En janvier 1939, fut enfin accordé le consentement si ardemment attendu." Poème d'avril 39
 
{{Citation|citation=<poem>
Veux-tu nous faire une existence
Fraîche comme un beau jour d'avril.
Et que jamais ne recommence
Pour nous la douleur de l'exil ?
 
Dis-moi, veux-tu que loin du monde
Injuste, méchant et pervers.
Nos jours s'écoulent, comme l'onde
D'un ruisseau, sous des arbres verts ?
 
Viens avec moi dans ma patrie,
Où le soleil sourit toujours,
Douce compagne de ma vie,
Là, nous passerons d'heureux jours.
 
Et ne crains pas que je regrette
De n'entendre plus le clairon,
De ne plus voir mon épaulette
Briller au front d'un escadron ;
 
De ne pouvoir plus ceindre encore
Le reluisant sabre d'acier
Qui vient, avec un bruit sonore,
Battre les flancs de mon coursier.
 
Ah, sans regret je saurai dire
Aux armes mes derniers adieux,
Car ma gloire est dans ton sourire
Et mon bonheur est dans tes yeux.
 
Tout près du torrent qui s'épanche,
Non loin du Rhône aux grandes eaux.
Nous avons une maison blanche
Qui s'élève au pied des coteaux.
 
Tu ne seras pas châtelaine ;
Elle n'a ni donjon ni tour,
Mais elle domine la plaine
Et les villages d'alentour.
 
Mais dans cet asile modeste
Avec nous viendra le plaisir,
Et puis l'amour fera le reste,
Car l'amour sait tout embellir.
</poem>}}
PM : Après la naissance de son aîné Fernand le {{Date-|6 août 1840}}.
 
{{Citation|citation=<poem>
 
</poem>}}
PM : "Un peu plus tard Félix écrivit la jolie romance intitulée « Le Rêve » (musique de madame Magnin). Il ne faisait que traduire en vers une page de prose com- posée par Louise."
 
{{Citation|citation=<poem>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Le Rêve''''''
 
Mon bien-aimé, j'ai fait un rêve
Que je veux te conter tout bas;
Viens sur le sable de la grève,
L'écho ne nous entendra pas.
 
Tu partais pour un long voyage ;
Moi, sous la forme d'un nuage.
Je nageais dans l'éther serein
À mes flancs portant ta pensée.
Je suivais ta marche pressée,
Et donnais l'ombre à ton chemin.
 
Suspendant ta course lointaine.
Tu t'arrêtais à la fontaine
Aux bords verdoyants et fleuris ;
Et moi, soudain, trois fois heureuse,
Je devenais l'onde amoureuse,
Baignant tes pieds endoloris.
 
Puis, le ciel s'étant voilé d'ombre.
Tu rencontrais, près du bois sombre,
Un ennemi provocateur ;
J'étais alors ta bonne épée,
Prompte, fidèle et bien trempée,
Ma pointe allait le mordre au cœur.
 
Mon bien-aimé, voilà mon rêve,
Ma bouche te l'a dit tout bas,
Viens en mes bras pour qu'il s'achève,
L'écho ne nous entendra pas.
</poem>}}
 
{{Citation|citation=<poem>
Et mon àme s'arrête, en extase, ravie...
C'est que tu m'apparais auprès de son berceau,
Auprès de notre enfant dont le premier somûre
Fut pour toi, la première, ô mère au cœur divin.
Qui lui donnas le jour au prix d'un long martyre.
Et qui, pour le nourrir, donnes encor ton sein.
Alors d'un bonheur pur mon triste front s'éclaire,
Comme un sombre horizon aux rayons du soleil
Et je baise mon fils et je bénis sa mère.
Et j'adresse pour eux une prière au ciel.
</poem>}}
PM : "Lors de la naissance de son fils aîné, Félix exprima d'une façon charmante les sentiments délicats et tendres d'un jeune homme étonné d'être père pour la première fois. Il ose à peine toucher le nouveau-né, il reste plongé dans une contemplation délicieuse"
 
{{Citation|citation=<poem>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''À la mère de mon enfant''''''
Mère, petite mère!... oh, comme à ton oreille
Ce mot harmonieux paraîtra bien plus doux.
Lorsqu'il s'échaipera de la bouche vermeille
De ton petit Fernand, assis sur tes genoux.
 
[...]
Mais dans ce livre blanc toi seule encor sais lire ;
Tu lis dans son regard, tu lis dans son sourire,
O mère, ainsi que Dieu lit dans le fond du cœur.
 
Oh, quelle poésie et pure et sans mélange
Doit rayonner pour toi sur ce visage d'ange
Qui pour les autres yeux n'exprime rien encor !
Et dans les sons confus de sa voix enfantine.
Langage bégayé que toi seule devines.
Quelle douce harmonie et quel céleste accord !
 
Dis-moi ce que tout bas son haleine murmure,
Lorsque sur tes genoux tu berces son sommeil ;
Sans doute, quand vers lui tu penches ta figure,
Ton oreille recueille un son qui vient du ciel.
 
Dis-moi ce que son œil, miroir de sa jeune àme,
Reflète de divin, de pur et d'enivrant ;
Dis-moi ce qu'en ton cœur et de mère et de femme
Verse de volupté ce sourire d'enfant.
 
Oh, dis-moi tout cela, je saurai te comprendre,
Dis-moi tout ton bonheur, je t'en prie à genoux,
Car je te porte envie et, si j'étais moins tendre,
Et si je t'aimais moins, j'en deviendrais jaloux.
</poem>}}
Pontivy, octobre 1840.
 
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</poem>}}
 
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</poem>}}
 
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</poem>}}
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{{CLEDETRI:Milliet, Félix}}
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