Différences entre les versions de « Utilisatrice:Tyseria/Brouillon »

 
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PM : Il n'est pas invité à un bal
 
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;'''''Après le bal'''''
 
Les flambeaux pâlissaient, et l'élégante foule,
Désertant les salons comme une eau qui s'écoule.
De la fin des plaisirs a donné le signal.
Et vous êtes partie, encore fraîche et rieuse,
Mais oubliant, hélas ! peut-être dédaigneuse,
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Votre joli bouquet de bal.
 
Moi, je l'ai recueilli.
D'une main attentive
Je l'ai mis rafraîchir dans une eau pure et vive.
Après l'avoir couvert d'un long baiser brûlant.
Et j'ai vu chaque fleur, sur sa tige flétrie.
Reprendre son éclat et renaître à la vie
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comme par un enchantement.
 
[...]
Ce bouquet dérobé, qu'il m'eût été plus doux
De l'obtenir d'un cœur touché de ma constance,
Comme un symbole heureux de joie et d'espérance
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Que l'on reçoit à deux genoux !
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PM : Bientôt le jeune officier dut quitter Montoii'e pour aller en garnison à Vendôme.
 
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Son retour''''''
 
Je souffrais en silence,
Maudissant son absence
Si tardive à finir ;
Je la voyais en rêve.
Mais mon bonheur s'achève,
Elle va revenir.
 
Tout s'embellit, se dore,
S'anime et se colore
De ce rayon d'espoir.
Caché dans la verdure,
Le gai ruisseau murmure :
Tu vas bientôt la voir !...
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PM : "En janvier 1939, fut enfin accordé le consentement si ardemment attendu." Poème d'avril 39
 
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Veux-tu nous faire une existence
Fraîche comme un beau jour d'avril.
Et que jamais ne recommence
Pour nous la douleur de l'exil ?
 
Dis-moi, veux-tu que loin du monde
Injuste, méchant et pervers.
Nos jours s'écoulent, comme l'onde
D'un ruisseau, sous des arbres verts ?
 
Viens avec moi dans ma patrie,
Où le soleil sourit toujours,
Douce compagne de ma vie,
Là, nous passerons d'heureux jours.
 
Et ne crains pas que je regrette
De n'entendre plus le clairon,
De ne plus voir mon épaulette
Briller au front d'un escadron ;
 
De ne pouvoir plus ceindre encore
Le reluisant sabre d'acier
Qui vient, avec un bruit sonore,
Battre les flancs de mon coursier.
 
Ah, sans regret je saurai dire
Aux armes mes derniers adieux,
Car ma gloire est dans ton sourire
Et mon bonheur est dans tes yeux.
 
Tout près du torrent qui s'épanche,
Non loin du Rhône aux grandes eaux.
Nous avons une maison blanche
Qui s'élève au pied des coteaux.
 
Tu ne seras pas châtelaine ;
Elle n'a ni donjon ni tour,
Mais elle domine la plaine
Et les villages d'alentour.
 
Mais dans cet asile modeste
Avec nous viendra le plaisir,
Et puis l'amour fera le reste,
Car l'amour sait tout embellir.
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PM : Après la naissance de son aîné Fernand le {{Date-|6 août 1840}}.
 
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PM : "Un peu plus tard Félix écrivit la jolie romance intitulée « Le Rêve » (musique de madame Magnin). Il ne faisait que traduire en vers une page de prose com- posée par Louise."
 
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Le Rêve''''''
 
Mon bien-aimé, j'ai fait un rêve
Que je veux te conter tout bas;
Viens sur le sable de la grève,
L'écho ne nous entendra pas.
 
Tu partais pour un long voyage ;
Moi, sous la forme d'un nuage.
Je nageais dans l'éther serein
À mes flancs portant ta pensée.
Je suivais ta marche pressée,
Et donnais l'ombre à ton chemin.
 
Suspendant ta course lointaine.
Tu t'arrêtais à la fontaine
Aux bords verdoyants et fleuris ;
Et moi, soudain, trois fois heureuse,
Je devenais l'onde amoureuse,
Baignant tes pieds endoloris.
 
Puis, le ciel s'étant voilé d'ombre.
Tu rencontrais, près du bois sombre,
Un ennemi provocateur ;
J'étais alors ta bonne épée,
Prompte, fidèle et bien trempée,
Ma pointe allait le mordre au cœur.
 
Mon bien-aimé, voilà mon rêve,
Ma bouche te l'a dit tout bas,
Viens en mes bras pour qu'il s'achève,
L'écho ne nous entendra pas.
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PM : "Lors de la naissance de son fils aîné, Félix exprima d'une façon charmante les sentiments délicats et tendres d'un jeune homme étonné d'être père pour la première fois. Il ose à peine toucher le nouveau-né, il reste plongé dans une contemplation délicieuse"
 
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''À la mère de mon enfant''''''
Mère, petite mère!... oh, comme à ton oreille
Ce mot harmonieux paraîtra bien plus doux.
Lorsqu'il s'échaipera de la bouche vermeille
De ton petit Fernand, assis sur tes genoux.
 
[...]
Mais dans ce livre blanc toi seule encor sais lire ;
Tu lis dans son regard, tu lis dans son sourire,
O mère, ainsi que Dieu lit dans le fond du cœur.
 
Oh, quelle poésie et pure et sans mélange
Doit rayonner pour toi sur ce visage d'ange
Qui pour les autres yeux n'exprime rien encor !
Et dans les sons confus de sa voix enfantine.
Langage bégayé que toi seule devines.
Quelle douce harmonie et quel céleste accord !
 
Dis-moi ce que tout bas son haleine murmure,
Lorsque sur tes genoux tu berces son sommeil ;
Sans doute, quand vers lui tu penches ta figure,
Ton oreille recueille un son qui vient du ciel.
 
Dis-moi ce que son œil, miroir de sa jeune àme,
Reflète de divin, de pur et d'enivrant ;
Dis-moi ce qu'en ton cœur et de mère et de femme
Verse de volupté ce sourire d'enfant.
 
Oh, dis-moi tout cela, je saurai te comprendre,
Dis-moi tout ton bonheur, je t'en prie à genoux,
Car je te porte envie et, si j'étais moins tendre,
Et si je t'aimais moins, j'en deviendrais jaloux.
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Pontivy, octobre 1840.
 
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15 avril 1849
 
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Vivre libre ou mourir''''''
 
Républicains, la lutte recommence !
Déjà voyez tous nos blancs ennemis
Insolemment déployer sur la France
Leur labarum semé de fleurs de lis.
Cet étendard est celui de l'Église ;
Le nôtre, amis, drapeau de l'avenir.
Déploie au vent cette noble devise :
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vivre libre ou mourir !
 
Pour comprimer la foi socialiste,
Le pouvoir fait un inutile effort ;
Debout, toujours, la foi sainte résiste,
Bravant les fers et l'exil et la mort.
La vérité cesse d'être incomprise,
Flambeau sacré, rien ne peut la ternir ;
À sa clarté nous lisons la devise :
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vivre libre ou mourir !
 
Vous oubliez, ministres en démence.
Qu'un jour le peuple a reconquis ses droits !
Ce que son bras pèse dans la balance.
Vous l'apprendrez, ô jongleurs maladroits ;
Car aujourd'hui, non, rien ne le divise,
Comme un seul homme on le voit accourir,
Sous le drapeau qui porte pour devise :
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vivre libre ou mourir !
 
Pour raviver du Lion les blessures.
Lancez sur lui tous vos traits à la fois !
Le fier Lion méprise vos piqûres,
N'espérez pas le réduire aux abois.
Dans vos filets, s'il tomba par surprise,
D'effroi bientôt il vous fera pâlir,
En rugissant son antique devise :
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Vivre libre ou mourir !
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Avril 1849. Sur l'air du ''Dieu des bonnes gens''. Après la révolution
 
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&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Courage et foi''''''
 
Sur les pontons un prolétaire,
Courbé sous le poids des malheurs,
En songeant à sa vieille mère
Sentait ses yeux mouillés de pleurs.
Soudain, de sa lèvre pâlie
S'échappe ce cri plein de foi :
Liberté, rêve de ma vie.
Il est doux de souffrir pour toi.
 
Quand j'entendis la fusillade,
Ô Liberté, rempli d'espoir,
Je montai sur la barricade,
Afin de mieux t'apercevoir.
Blessé, pas une main amie,
Hélas, ne s'étendit vers moi.
Liberté, rêve de ma vie.
Il est doux de souffrir pour toi.
 
On me garrotte, on m'emprisonne,
On m'exile sans jugement.
Plus tard, l'espérance rayonne,
La France nomme un président.
Il avait promis l'amnistie,
Hélas, il mentait comme un roi.
Liberté, rêve de ma vie,
Il est doux de souffrir pour toi.
 
Une fièvre ardente me mine,
Bientôt je ne souffrirai plus.
Voilà que la brise marine
S'élève, on sonne l'angélus.
C'est le glas de mon agonie ;
Ô Mort ! Je te vois sans effroi.
Liberté, rêve de ma vie,
Il est doux de mourir pour toi.
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Air nouveau de madame Laure Magnin. PM : "Le 15 mai, une première émeute fut aisément réprimée ; on emprisonna Blanqui, Barbes et Raspail. Mais lorsque le Gouvernement licencia brusquement les ateliers nationaux, les ouvriers abandonnés sans ressources, s'insurgèrent. Ce mouvement dura trois jours (du 23 au 26 juin). Les ouvriers ne furent vaincus qu'après une lutte sanglante."
 
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Refrain d'une chanson
 
{{Citation|citation=<poem>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;''''Le Mineur''''''
 
Enfant conçu dans le délire
D'un mutuel et saint amour,
Pour lui commence le martyre
Avant d'avoir reçu le jour,
Et, dès le ventre de sa mère,
Déjà marqué d'un sceau fatal,
Il trouve au bout de sa carrière
La froide morgue ou l'hôpital.
 
Travaille, travaille, travaille !
Loin du soleil qui luit si beau,
Travaille, travaille, travaille !
Dans la mine, sombre tombeau.
 
Hélas ! le jour de sa naissance
Sa mère n'osa le bénir ;
On la vit pleurer en silence :
Elle songeait à l'avenir.
À son premier cri dans ce monde,
Il n'eut, pour apaiser sa faim.
Rien qu'une mamelle inféconde
Où sa bouche s'attache en vain.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
Le père, au retour de l'ouvrage,
Prend l'enfant dans ses bras nerveux,
Et dit à sa femme :
Courage ! Je travaillerai comme deux.
La pauvre mère que déchire
La maladie et les douleurs,
À répondu par un sourire
Encor plus triste que ses pleurs.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
O puissance de la nature !
L'enfant croît dans ce triste lieu,
Comme une plante sans culture
Qui pousse à la grâce de Dieu.
Sa faible main soulève à peine
La pioche et la pince de fer,
Que le père avec lui l'emmène :
Ils se plongent dans leur enfer.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
Dans les entrailles d'une mine,
Séjour à la tombe pareil,
Là travaille l'homme-machine,
Manquant dair pur et de soleil.
Enseveli dans sa retraite.
Il fouille du matin au soir
Et, de temps à autre, l'on jette
À sa faim un peu de pain noir.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
Il grandit, nouveau sacrifice !
Il entend l'appel du tambour ;
L'État le prend pour le service.
Sors de ces lieux, affreux séjour,
Où ton corps chétif se déforme,
Allons, conscrit, redresse-toi !
Tu vas revêtir l'uniforme
Et devenir soldat du Roi.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
Embrasse ton père et ta mère.
Puis sous les drapeaux prends ton rang ;
Va donc, enfant du prolétaire.
Tu n'as pas d'or, donne ton sang !
Car, vois-tu bien, l'or seul exempte
D'avoir du courage et du cœur.
Celui qui possède une rente
N'a pas besoin d'autre valeur.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
Du riche ayant payé la dette,
Tu reviens, las de guerroyer ;
Mais la mort, hôtesse muette,
S'est assise au pauvre foyer.
Ta mère n'est plus et ton père
Gît sur une paille en fumier ;
Bientôt il meurt.
Pour qu'on l'enterre.
Tu donnes ton écu dernier.
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Travaille, etc..
 
Doux miracle de la jeunesse !
L'amour a fait battre ton cœur.
Et, même au sein de la détresse,
Il te fait rêver au bonheur.
Hàte-loi, prends une compagne.
Soi heureux avant de mourir.
Car le mal du mineur te gagne...
Il ne fait pas longtemps souffrir.
 
Travaille, travaille, travaille !
Loin du soleil qui luit si beau.
Travaille, travaille, travaille !
Dans la mine, sombre tombeau.
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Inédite par PM. Mars 1851
 
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