Différences entre les versions de « Dominique de Villepin »

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Balise : Éditeur de source 2017
Balise : Éditeur de source 2017
 
|ISBN=978-2-262-02713-1
|page=453
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== ''La chute ou l’Empire de la solitude'', 1807-1814 ==
{{citation|
De la domination impériale, les peuples ne retiennent donc que le prix à payer d'emblée, le bénéfice des réformes allant à leurs descendants. Ce n'est logiquement qu'après sa chute qu'on comprendra les bienfaits qu'il a inoculés. Ce décalage explique pour l'essentiel le triomphe de la légende et a contrario l'échec immédiat. Ecart dramatique entre le temps de l'action et celui du résultat, qui explique pour beaucoup la difficulté du politique à réformer.
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{{Réf Livre
|titre= La chute ou l’Empire de la solitude
|auteur=Dominique de Villepin
|éditeur=Perrin
|année=2008
|collection= Pour l’histoire
|ISBN=978-2-262-02768-1
|page=92
}}
 
{{citation|
La France de la Révolution, âme des armées impériales, se dissout dans ces armées cosmopolites ; La France se noie dans sa conquête. Les causes de l'élévation posent les causes de la chute. Napoléon, par le jeu même de son génie, devient l'instrument de la catastrophe, comme il l'a été de la grandeur. En cela, véritablement, il est l'homme du destin.
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{{Réf Livre
|titre= La chute ou l’Empire de la solitude
|auteur=Dominique de Villepin
|éditeur=Perrin
|année=2008
|collection= Pour l’histoire
|ISBN=978-2-262-02768-1
|page=98
}}
 
{{citation|
En quelques instants, les doigts et les pieds gèlent. Les chevaux, en dépit des supplications de Caulaincourt, n'ont pas été ferrés à glace. En conséquence, ils glissent, tombent et meurent, entraînant dans leur chute canons et fourgons, voitures de civils, femmes et blessés, bientôt laissés à l'agonie faute de pouvoir les transporter. On assiste à une catastrophe en chaîne. Affamé, meurtri par le gel, le combattant n'existe plus, l'homme régresse en bête sauvage n'hésitant pas à assassiner ces chevaux qui seuls pourtant peuvent le sauver.
}}
{{Réf Livre
|titre= La chute ou l’Empire de la solitude
|auteur=Dominique de Villepin
|éditeur=Perrin
|année=2008
|collection= Pour l’histoire
|ISBN=978-2-262-02768-1
|page=272
}}
 
{{citation|
Vient bientôt l’agonie. Avec un talent littéraire rare chez un officier de l’époque, Montesquiou raconte le dernier acte, le plus souvent vécu comme une délivrance : « Tous périssaient de même, c’est-à-dire brusquement et sans s’y attendre. L’engourdissement les prenait debout ; ils continuaient cependant à faire quelques pas, puis ils trébuchaient et tombaient en avant. Une fois à terre, ils ne remuaient plus. Mais un moment encore quelquefois, on entendait leur plainte étouffée. La tête était un peu contractée et baissée, le visage était devenu bleu et les poings fermés se réunissaient violemment vers le creux de l’estomac ; tout le corps avait acquis une invincible raideur. C’était donc ainsi que l’on mourait. »
}}
{{Réf Livre
|titre= La chute ou l’Empire de la solitude
|auteur=Dominique de Villepin
|éditeur=Perrin
|année=2008
|collection= Pour l’histoire
|ISBN=978-2-262-02768-1
|page=274
}}
 
{{citation|
Encore faut-il savoir parler aux âmes. De ce point de vue, le dernier discours marque une apogée, le triomphe de l’esprit sur le sabre, de la condition politique sur l’instant militaire, frappant victoires et défaites du même sceau de la précarité. En moins de dix phrases, Napoléon sait tour à tour exprimer sa gratitude puis expliquer pourquoi il part avant de lancer un adieu que chacun croit alors éternel : « Soldats de ma vieille garde je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai trouvés constamment sur le chemin de l’honneur et de la gloire. Dans ces derniers temps, comme dans ceux de notre prospérité, vous n’avez cessé d’être des modèles de bravoure et de fidélité. Avec des hommes tels que vous, notre cause n’était pas perdue ; mais la guerre était interminable ; c’eût été la guerre civile et la France n’en serait devenue que plus malheureuse. J’ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie ; je pars : vous mes amis, continuez de servir la France. Son bonheur était mon unique pensée ; il sera toujours l’objet de mes vœux. Ne plaignez pas mon sort ; si j’ai consenti à me survivre, c’est pour servir encore votre gloire. Je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble !... Adieu, mes enfants ! Je voudrais vous presser tous sur mon cœur ; que j’embrasse au moins votre drapeau ! »
}}
{{Réf Livre
|titre= La chute ou l’Empire de la solitude
|auteur=Dominique de Villepin
|éditeur=Perrin
|année=2008
|collection= Pour l’histoire
|ISBN=978-2-262-02768-1
|page=477
}}
 
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