Espagne

pays d'Europe

L’Espagne, est un pays d'Europe du Sud et de l'Ouest qui occupe la plus grande partie de la péninsule Ibérique. Le pays compte 46 millions d'habitants, ce qui en fait le 29e pays au monde en termes de population. Deuxième plus ancienne puissance coloniale européenne après le Portugal, le pays s'est enrichi du XVe au XVIe, mais a décliné avec la perte de ses colonies tout au long du XIXe.

Drapeau de l'Espagne

Salvador Dalí, La vie secrète de Salvador Dalí, 1952Modifier

L’Espagne n’est pas un jardin, ni l’Espagnol un jardinier. L’Espagne est une planète où les roses sont des ânes pourris.
  • La vie secrète de Salvador Dalí, Salvador Dalí, éd. La Table Ronde, 1952, p. 163


Alphonse XIII d'EspagneModifier

Bien au-dessus de l'idée formelle de République ou de Monarchie, il y a l'Espagne.
  • Déclaration faite après les émeutes de mai 1931


Théophile GautierModifier

L'Espagne, qui touche à l'Afrique comme la Grèce à l'Asie, n'est pas faite pour les mœurs européennes. Le génie de l'Orient y perce sons toutes les formes, et il est fâcheux peut-être qu'elle ne soit pas restée moresque et mahométane.
  • Voyage en Espagne (1843), Théophile Gautier, éd. Bibliothèque-Charpentier, 1894, p. 192


Victor HugoModifier

L'Espagne c'est encore l'Orient ; l'Espagne est à demi africaine, l'Afrique est à demi asiatique.
  • Les Orientales (1829), Victor Hugo, éd. E. Michaud, 1844, Préface, p. 12


Joseph JolinonModifier

Huit jours après […], la péninsule flambait de révolte. Autant d’habitants, autant de guerriers. On n’avait jamais vu ça nulle part. Jamais gîtes d’étapes aussi peu sûrs, jamais bivouacs plus harcelés à l’improviste, jamais une marche sans surprise.

Et pas une femme dans les villages.

  • Ce livre raconte les tribulations du narrateur, hussard englué dans les guerrillas de l’Espagne occupée par Napoléon.
  • Guerrillas 1808, Joseph Jolinon, éd. Charlot, 1942, p. 15


Pour eux, nous étions de sales mécréants. Leur clergé fulminait contre nous en nous traitant de pesteux intouchables, pourris d’avance, promis aux derniers châtiments de l’enfer.
  • Guerrillas 1808, Joseph Jolinon, éd. Charlot, 1942, p. 38


Quant aux vrais [mendiants], leurs pouilleux, enveloppés de débris de hardes, glaireux à la porte des églises, au pied des porches des maisons, dans les rencoignures, sur les places, agglomérés aux bons endroits, les aumônes redoublaient à leur adresse comme s’ils détenaient le secret du ciel à notre encontre.
  • Guerrillas 1808, Joseph Jolinon, éd. Charlot, 1942, p. 39


Comme ils se prenaient pour le peuple invincible par excellence, et comme ils l’étaient vraiment depuis des siècles, aucun revers ne les affectait. Ils étaient au-dessus de toi par principe et, au moindre appel, ils se regroupaient. Nous commencions par entrevoir que, pour avoir le dessus, il ne suffirait pas de tuer du monde, il faudrait abattre leur superbe. Et l’entreprise nous mènerait loin.
  • Guerrillas 1808, Joseph Jolinon, éd. Charlot, 1942, p. 49


On oublie plusieurs choses capitales qui expliquent ce peuple par son climat, selon Montesquieu, et ce n’est pas seulement l’âpreté de son sol, ni la configuration géographique péninsulaire, comparable à celles de l’Italie et de la Grèce, c’est l’altitude moyenne élevée […] des neuf dixièmes du territoire. L’Espagne, au fond, sauf une bande maritime très étroite, n’est qu’un assemblage de montagnes reliées entre elles par des plateaux. […] Ajoutez au relief du sol le régime des pluies et des vents […], et vous comprendrez le tempérament des habitants. C’est le Sancho et le Don Quichotte, la saison de la neige dure à deux pas de celle de l’olive mûre, c’est l’opulence et la besace, la prière et l’imprécation, le nonchaloir et le carnassier.
  • Guerrillas 1808, Joseph Jolinon, éd. Charlot, 1942, p. 120-121


Arturo Pérez-ReverteModifier

Le HussardModifier

L’Espagne est une nation très ancienne, orgueilleuse et fidèle à ses mythes, que ceux-ci soient justifiés ou pas. Bonaparte est tellement habitué à voir les peuples s’agenouiller devant lui qu’il ne peut concevoir, ce qui est une grave erreur d’appréciation, qu’il y a de ce côté des Pyrénées une race décidée à ne pas accepter sa volonté. Non que les idées qui l’inspirent soient mauvaises, attention, mais simplement parce qu’il essaye de les appliquer sans tenir compte le moins du monde de l’opinion de ceux destinés à les recevoir…


Ces derniers temps, grâce à la moderne diffusion des Idées, l'Espagne était en voie de sortir du puits où elle était plongée. Nous qui défendons la nécessité du progrès, nous avons vu dans la révolution qui a détrôné les Bourbons en France un signe que les temps, enfin, commençaient à changer. Le poids croissant de Bonaparte en Europe et l'influence que, de ce fait, la France a réussi à exercer sur ses voisins constituaient un espoir... Pourtant, et c'est ici que surgit le problème, la méconnaissance de cette terre et le manque d'habileté avec lequel les proconsuls ont agi ont jeté par-dessus bord des débuts prometteurs… Les Espagnols ne sont pas, nous ne sommes pas, des gens qui se laissent sauver par la force. Nous aimons nous sauver nous-mêmes, peu à peu, sans que cela signifie renoncer aux vieux principes auxquels, pour le meilleur ou pour le pire, on nous a fait croire durant des siècles. Jamais une seule idée ne sera imposée ici par la force des baïonnettes.


L'Ombre de l'AigleModifier

On s'est bien fait avoir en Espagne, Bertrand. J’ai commis l'erreur de leur donner l'unique chose qui eut pu leur rendre leur dignité et leur fierté : un ennemi contre lequel s'unir, une guerre sauvage, un prétexte pour exprimer leur indignation et leur rage. En Russie j'ai été vaincu par l'hiver, mais en Espagne ceux qui m'ont vaincu ce sont ces paysans petits et bruns qui nous crachaient au visage lorsque nous les fusillions. Ces fils de pute m'ont bien eu, je vous le dis. L'Espagne est un pays dont il faut se méfier.


Dominique de PradtModifier

C'est une erreur de la géographie que d'avoir attribué l'Espagne à l'Europe ; elle appartient à l'Afrique : sang, mœurs, langage, manière de vivre et de combattre en Espagne, tout est africain. Les deux nations ont été mêlées trop longtemps, les Carthaginois venus d'Afrique en Espagne, les Vandales passés d'Espagne en Afrique, les Maures séjournant en Espagne pendant 700 ans, pour qu'une aussi longue cohabitation pour que ces transfusions de peuples et de coutumes n'aient pas confondu ensemble les races et les mœurs des deux contrées. Si l'Espagnol était Mahométan, il serait un Africain complet ; c'est la religion qui l'a conservé à l'Europe.
  • Mémoires historiques sur la révolution d'Espagne (1816), Dominique de Pradt, éd. Perronneau, 1816, p. 70


Voir aussiModifier

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