Honneur

lien entre une personne et un groupe social qui lui donne son identité

L'honneur est un principe moral d'action qui porte une personne à avoir une conduite conforme (quant à la probité, à la vertu, au courage) à une norme sociale et qui lui permet de jouir de l'estime d'autrui et de garder le droit à sa dignité morale.

Albert Camus, Les Justes, 1950Modifier

L'honneur est un luxe réservé à ceux qui ont des calèches. — Non. Il est la dernière richesse du pauvre.


Joseph Conrad, Lord Jim, 1900Modifier

« Mais l'honneur — l'honneur, monsieur !… L'honneur… çà c'est quelque chose qui existe — vraiment ! Et quel prix on peut trouver à la vie quand… » Il se mit debout avec une lourde impétuosité, un peu comme un bœuf tiré en sursaut de sa léthargie se dresserait brusquement sur ses pattes hors de son lit d'herbe… « Quand l'honneur est perdu — ah ça ! par exemple — je ne peux donner une opinion — parce que — monsieur — je ne sais pas ce que c'est. »


Sylvain Tesson, Berezina, 2015Modifier

Bourgogne n'était pas en reste dans l'affection au chef, mais autour d'une page, il livrait une autre clé : « Si nous étions malheureux, mourant de faim et de froid, il nous restait encore quelque chose qui nous soutenait : l'honneur et le courage. » L'honneur et le courage ! Comme ils résonnaient étrangement, ces mots, deux cents années plus tard. Étaient-ils encore en vie, ces mots, dans ce monde que nous traversions pleins phares ? Nous fîmes une courte halte sur la bas-coté, il neigeait, la nuit semblait en larmes dans le faisceau des phares. Dieux, me disais-je, en pissant dans le noir, nous autres, pauvres garçons du XXIe siècle, ne sommes-nous pas des nains ? Alanguis dans la mangrove du confort, pouvions-nous comprendre ces spectres de 1812 ?


Jean-René Van der Plaetsen, La Nostalgie de l'honneur, 2017Modifier

La nostalgie de l'honneur est un mal étrange, une forme de neurasthénie, très peu répandue de nos jours, qui vous oppresse et vous étreint le cœur par intermittences. C'est une maladie rare, assez romantique, donc pas si grave, mais suffisamment ennuyeuse tout de même pour vous gâcher plusieurs journées par mois, une maladie dans laquelle il entre une bonne dose de dépit devant l'observation du monde tel qu'il est et tel qu'il tourne, un peu comme le fut la mélancolie, mal du XIXe siècle. Je le sais, et je puis en témoigner : je souffre de ce mal depuis mon adolescence.

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