Knock ou le Triomphe de la médecine

pièce de théâtre de Jules Romain

Knock ou le Triomphe de la médecine est une pièce de théâtre de Jules Romains, représentée pour la première fois à Paris, à la Comédie des Champs-Élysées, le 15 décembre 1923, sous la direction de Jacques Hébertot, mise en scène et décors de Louis Jouvet, qui interprète également le rôle principal. C'est une comédie qui met en scène un médecin manipulateur, le docteur Knock, dans un peti village de province, en France, dans les années 1920.

Affiche pour la création de la pièce au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, en France, en 1923.

CitationsModifier

Knock : Pour vos échéances, elles ont le tort d'être trimestrielles, dans un climat où le client est annuel. Il faudra corriger ça.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte I, scène 1, p. 29


Knock : J'ai quarante ans. Mes rêves, si j'en ai, ne sont pas des rêves de jeunesse.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte I, scène 1, p. 30


Le Tambour : Vous pensez bien que des gens qui payent huit francs pour une consultation n'aiment pas qu'on leur indique un remède de quatre sous.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 1, p. 55


Knock : De quoi souffrez-vous ?
Le Tambour : Attendez que je réfléchisse ! (Il rit.) Voilà. Quand j'ai dîné, il y a des fois que je sens une espèce de démangeaison ici. (Il montre le haut de son épigastre.) Ça me chatouille, ou plutôt, ça me grattouille.
Knock, d'un air de profonde concentration : Attention. Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous grattouille ?
Le Tambour : Ça me grattouille. (Il médite.) Mais ça me chatouille bien un peu aussi.
Knock : Désignez-moi exactement l'endroit.
Le Tambour : Par ici.
Knock : Par ici... où cela, par ici ?
Le Tambour : Là. Ou peut-être là... Entre les deux.
Knock : Juste entre les deux ? ... Est-ce que ça ne serait pas plutôt un rien à gauche, là, où je mets mon doigt ?
Le Tambour : Il me semble bien.
Knock : Ça vous fait mal quand j'enfonce le doigt ?
Le Tambour : Oui, on dirait que ça me fait mal.
Knock : Ah! ah ! (Il médite d'un air sombre.) Est-ce que ça ne vous grattouille pas davantage quand vous avez mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?
Le Tambour : Je n'en mange jamais. Mais il me semble que si j'en mangeais, effectivement, ça me grattouillerait plus.

  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 1, p. 62-63


Knock : Savent-ils même ce que c'est qu'un microbe ?
Bernard : J'en doute fort ! Quelques-uns connaissent le mot, mais ils doivent se figurer qu'il s'agit d'une espèce de mouche.

  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 2, p. 70


Knock : La santé n'est qu'un mot, qu'il n'y aurait aucun inconvénient à rayer de notre vocabulaire. Pour ma part, je ne connais que des gens plus ou moins atteints de maladies plus ou moins nombreuses à évolution plus ou moins rapide.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 3, p. 78


Mousquet : Vous êtes un penseur, vous, docteur Knock, et les matérialistes auront beau vous soutenir le contraire, la pensée mène le monde.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 3, p. 81


 
L'acteur français Louis Jouvet dans le rôle du docteur Knock en 1950.
Knock : Vous vous rendez compte de votre état ?

La dame en noir : Non.

Knock : Tant mieux.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 4, p. 86


La dame en violet : J'ai voulu donner l'exemple. Je trouve que vous avez eu là, docteur, une belle et noble inspiration. Mais, je connais mes gens. J'ai pensé : "Ils n'en ont pas l'habitude, ils n'iront pas. Et ce monsieur en sera pour sa générosité." Et je me suis dit : "S'ils voient qu'une dame Pons, demoiselle Lempoumas, n'hésite pas à inaugurer les consultations gratuites, ils n'auront plus honte de s'y montrer." Car mes moindres gestes sont observés et commentés. C'est bien naturel.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte II, scène 5, p. 96


Madame Rémy : Il y en a qui s'imaginent que dans nos campagnes nous sommes encore des sauvages, que nous n'avons aucun souci de notre personne, que nous attendons que notre heure soit venue de crever comme les animaux, et que les remèdes, les régimes, les appareils et tous les progrès, c'est pour les grandes villes. Erreur, monsieur Parpalaid. Nous nous apprécions autant que quiconque ; et bien qu'on n'aime pas à gaspiller son argent, on n'hésite pas à se payer le nécessaire. Vous, monsieur Parpalaid, vous en êtes au paysan d'autrefois, qui coupait les sous en quatre, et qui aurait mieux aimé perdre un œil et une jambe que d'acheter trois francs de médicaments. Les choses ont changé, Dieu merci.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 3, p. 121


Le docteur Parpalaid : Enfin, si les gens en ont assez d'être bien portants, et s'ils veulent s'offrir le luxe d'être malades, ils auraient tort de se gêner. C'est d'ailleurs tout bénéfice pour le médecin.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 3, p. 121-122


Knock : Par elle-même la consultation ne m'intéresse qu'à demi : c'est un art un peu rudimentaire, une sorte de pêche au filet. Mais le traitement, c'est de la pisciculture.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 6, p. 129


Knock : Vous ne pouvez tout de même pas imposer la charge d'un malade en permanence à une famille dont le revenu n'atteint pas douze mille francs. Ce serait abusif. Et pour les autres non plus, l'on ne saurait prévoir un régime uniforme. J'ai quatre échelons de traitements. Le plus modeste, pour les revenus de douze à vingt mille, ne comporte qu'une visite par semaine, et cinquante francs environ de frais pharmaceutiques par mois. Au sommet, le traitement de luxe, pour revenus supérieurs à cinquante mille francs, entraîne un minimum de quatre visites par semaine, et de trois cents francs par mois de frais divers : rayons X, radium, massages électriques, analyses, médication courante, etc.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 6, p. 129


Le docteur Parpalaid, au docteur Knock : Vous allez dire que je donne dans le rigorisme, que je coupe les cheveux en quatre. Mais est-ce que, dans votre méthode, l'intérêt du malade n'est pas un peu subordonné à l'intérêt du médecin ?
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 6, p. 134


Knock : Rien ne m'agace comme cet être ni chair ni poisson que vous appelez un homme bien portant.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 6, p. 135


Knock : Songez que, dans quelques instants, il va sonner dix heures, que pour tous mes malades, dix heures, c'est la deuxième prise de température rectale, et que, dans quelques instants, deux cent cinquante thermomètres vont pénétrer à la fois...
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 6, p. 139


Knock : Que voulez-vous ! Cela se fait un peu malgré moi. Dès que je suis en présence de quelqu'un, je ne puis pas empêcher qu'un diagnostic s'ébauche en moi... même si c'est parfaitement inutile, et hors de propos. (Confidentiel.) A ce point que, depuis quelque temps, j'évite de me regarder dans la glace.
  • Knock ou le triomphe de la médecine, Jules Romains, éd. Gallimard, 2018 (première parution 1924), acte III, scène 9, p. 150


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