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Paludes

roman de André Gide

CitationsModifier

AngèleModifier

On ne se débarrasse pas aisément d'une estime tant qu'on ne cesse d'y tenir.


Je vais rendre Tityre méprisable à force de résignation...


Ce jour-là j'écrivis pour Tityre :


   [...] je ne suis même pas mélancolique ; je suis Tityre et solitaire et j'aime un paysage ainsi qu'un livre qui ne me distrait pas de ma pensée. Car elle est triste, ma pensée ; elle est sérieuse, et, même près des autres, morose ; je l'aime plus que tout et c'est parce que je l'y promène que je cherche surtout des plaines, les étangs sans sourires, les landes. Je l'y promène doucement.


Le banquetModifier

[...] quand un philosophe vous répond, on ne comprend plus du tout ce qu'on lui avait demandé.


La perception commence au changement de sensation.


Mais comprenez, je vous prie, que la seule façon de raconter la même chose à chacun, — la même chose, entendez-moi bien, c'est d'en changer la forme selon chaque nouvel esprit.


Paludes ? commençai-je aussitôt — Monsieur, c'est l'histoire des animaux vivant dans les cavernes ténébreuses, et qui perdent la vue à force de ne pas s'en servir.


   « Tout ce que nous suscitons, il semble que nous le devions entretenir ; de là la crainte de commettre trop d'actes de peur d'en dépendre trop, — car chaque acte, au lieu, sitôt fait, de devenir pour nous un repoussoir, devient la couche creuse où l'on retombe — recubans. »


[...] l'acceptation du mal l'aggrave, — cela devient du vice, Messieurs, puisque l'on finit par s'y plaire.


Hubert ou la chasse au canardModifier

[...] savons-nous quelles sont les choses importantes ? Quelle arrogance dans le choix !

Angèle ou le petit voyageModifier

   — Je sens que je vais sangloter tout à l'heure. Il me semble que je porte toujours Paludes avec moi. — Paludes n'ennuiera personne autant que moi-même...


   — Si vous le laissiez, me dit-elle.
   — Angèle ! Angèle, vous ne comprenez pas ! Je le laisse ici ; je le trouve là ; je le retrouve partout ; la vue des autres m'en obsède et ce petit voyage ne m'aura pas délivré. — Nous n'usons pas notre mélancolie, à refaire chaque jour nos hiers nous n'usons pas nos maladies, nous n'y usons rien que nous-mêmes, et perdons chaque jour la force. — Quelles prolongations du passé ! — J'ai peur de la mort, chère Angèle. — Ne pourrons-nous jamais poser rien hors du temps — que nous ne soyons obligés de refaire. — Quelque œuvre enfin qui n'ait plus besoin de nous pour durer. — Mais de tout ce que nous faisons, rien ne dure sitôt que nous ne l'entretenons plus. Et pourtant tous nos actes subsistent horriblement et pèsent. Ce qui pèse sur nous, c'est la nécessité de les refaire ; et il y a là quelque chose que je ne comprends plus bien.


Nous devons entretenir nos actions lorsqu'elles ne sont pas sincères.


Il existe une fiche de références pour cette œuvre :
Paludes.

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