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Pieds-Noirs

Français originaires d'Algérie

Le terme « Pied-noir » désigne informellement un Français de souche européenne installé en Afrique française du Nord jusqu'à l'indépendance, c'est-à-dire jusqu'en mars 1956, pour le protectorat français de Tunisie et protectorat français du Maroc, et juillet 1962 pour l'Algérie française et le Sahara français.

Ferhat AbbasModifier

La communauté française, à cause des erreurs qu'elle a commises, s'est exilée de l'autre côté de la Méditerranée. Malgré l'accueil de la France, ces Français pleurent le pays qui les a vu naître. Les Algériens, de leur côté, pleurent un grand nombre d'entre eux. D'autres cadres sont venus de toute l'Europe. Ces cadres ne valent pas ceux que l'Algérie a perdus. L'Algérie est un vaste pays où beaucoup de choses restent à faire. Tous ses enfants y avaient leur place. La République algérienne, édifiée par les uns et les autres, pouvait dans les meilleures conditions, multiplier les richesses du pays, assurer son développement et sa prospérité et guérir ses blessures. Ces Français qui avaient grandi au milieu de nous et qui étaient aussi Algériens que nous, étaient un maillon qui rattachait notre pays à la civilisation et à la technique française. Nous, Musulmans, étions un autre maillon qui liait ce même pays à l'Orient et à l'Afrique. Nos chances de succès étaient doubles.
  • Autopsie d'une guerre: l'aurore (1980), Ferhat Abbas, éd. Garnier, 1980, p. 325


Charles-Robert Ageron Modifier

"Pieds-noirs" est l’un des innombrables sobriquets par lesquels furent désignés en Algérie les Arabo-Berbères. On retrouve "Pieds-noirs" même dans des romans algérianistes de l’entre-deux guerres, en équivalence avec "Bicots" (de l’arabe "’Arbi"), "Troncs" (de figuier), "Melons", "Ratons" et quelques autres. Les Européens voulant affirmer leur caractère autochtone se sont appliqués à eux-mêmes ce terme à l’origine péjoratif.
  • Charles-Robert Ageron, 4ème trimestre 1990, Paris, dans Compte rendu publié dans la Revue française d’histoire d’Outre-mer (n° 289, 4ème trimestre 1990, p. 201) du livre de Joëlle Hureau, La mémoire des Pieds-noirs de 1830 à nos jours (Hachette, 1988), paru 4ème trimestre 1990.


Hocine Aït AhmedModifier

Les religions, les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du Nord bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs, aujourd’hui hégémonistes. Avec les Pieds-Noirs et le dynamisme - je dis bien les Pieds-Noirs et non les Français - l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne. Hélas ! Je reconnais que nous avons commis des erreurs politiques, stratégiques. Il y a eu envers les Pieds-Noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens.
  • Propos de Hocine Aït Ahmed, ancien chef historique du FLN, en juin 2005, Revue Ensemble, n°248
  • L'Europe face à son passé colonial, Daniel Lefeuvre, éd. Riveneuve, 2008, p. 31


Amédée de Caix de Saint-AymourModifier

Pour la majorité des Franco-Algériens, petits colons et grands propriétaires, marchands ambulants ou gros banquiers, courtiers d'assurance ou clercs d'huissiers, chefs de gare, brigadiers forestiers ou greffiers de justice de paix, faisant partie à un titre quelconque, de notre mandarinat administratif, public ou privé, l'indigène est un être inférieur, méprisable, taillable et corvéable à merci, que la loi protège malheureusement d'une façon ridicule.


Hubert HannounModifier

Il convient de rappeler que l'expression de pieds noirs ne peut être employée pour désigner les Juifs originaires d'Algérie. Les pieds noirs sont les descendants de tous les Européens – majoritairement français – qui, à partir de 1830, se sont installés en Algérie pour en faire une colonie de peuplement. Les Juifs, eux, sont présents dans le pays dès le II° ou III° siècle, donc bien avant les Français, les Turcs et les Arabes. Leur histoire n'est pas celle des pieds noirs
  • Hubert Hannoun, 24 juin 2004, Oran, dans La déchirure historique des Juifs d'Algérie, Le quotidien d'Oran"., paru 24 juin 2004.


Maréchal LyauteyModifier

Les colons agricoles français ont une mentalité de pur Boche, avec les mêmes théories sur les races inférieures destinées à être exploitées sans merci. Il n'y a chez eux ni humanité ni intelligence.
  • Propos du Maréchal Lyautey en 1919 après les négociations avec les colons sur une loi visant à réformer la procédure d'accès à la pleine nationalité des musulmans d'Algérie
  • De l'insurrection de 1871 au déclenchement de la guerre de libération (1954), Charles Robert Ageron, éd. Presses universitaires de France,, 1979, p. 272


René MayerModifier

« Pieds Noirs » c’est un sobriquet dont nous avons été affublés. Nous ne nous sommes jamais appelés comme ça nous-mêmes. On disait, les Français d’Algérie, les Européens d’Afrique du Nord, on disait toutes sortes de choses mais « pied-noir » c’est un mythe. La vérité c’est qu’il fallait que les français de France prennent leurs distances, ne serait-ce que pour garder bonne conscience. Il fallait trouver un moyen de dire « ces gens-là ne sont pas comme nous »
  • Alain de Sédouy, Le Destin d'un capitaine (2008), écrit par Alain de Sédouy


Boualem SansalModifier

Le Figaro : Avez-vous la nostalgie de la présence française ?
Boualem Sansal : Comme 80% des Algériens. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes nostalgiques de la colonisation. Mais au temps de la présence française, l'Algérie était un beau pays, bien administré, plus sûr, même si de criantes inégalités existaient. Beaucoup d'Algériens regrettent le départ des pieds-noirs. S'ils étaient restés, nous aurions peut-être évité cette tragédie.


Quarante ans est un temps honnête, ce me semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous qui sommes ses enfants.
  • Le serment des barbares, Boualem Sansal, éd. Gallimard, 2001, p. 375


Nicolas SarkozyModifier

Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s'est rétréci quand s'est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l'Europe sur les routes de l'Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d'empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Égypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu'un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé. L'Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d'injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n'étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s'épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n'eux n'avait cultivé. Beaucoup ne partirent que pour soigner, pour enseigner. On peut désapprouver la colonisation avec les valeurs qui sont les nôtres aujourd'hui. Mais on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi œuvrer utilement pour un idéal de civilisation auquel ils croyaient. [...] À tous ceux d'entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné, n'emportant avec eux que leurs souvenirs de jeunesse et cette nostalgie qui ne les quittera plus jamais, je veux dire que si la France a une dette morale, c'est d'abord envers eux. [...] Faire une politique de civilisation, voilà à quoi nous incite la Méditerranée où tout fut toujours grand, les passions aussi bien que les crimes, où rien ne fut jamais médiocre, où même les Républiques marchandes brillèrent dans le ciel de l'art et de la pensée, où le génie humain s'éleva si haut qu'il est impossible de se résigner à croire que la source en est définitivement tarie. La source n'est pas tarie. Il suffit d'unir nos forces et tout recommencera.
  • Nicolas Sarkozy, 7 février 2007, meeting de Toulon, dans Sarkozy.fr, paru 7 février 2007.


Jean-Marie Le PenModifier

Il a jeté sur les routes d'Europe, des centaines, peut-être des milliers de proscrits, puis bloqué dans un exil intérieur des millions d'autres qui s'y sont consumés. Ces citoyens excellents, comme brûlés, amers, stérilisés, devaient longtemps demeurer perdus pour la France, leur ardeur et leur compétence lui manqueraient. C'est en leur nom que je suis devenu président du Front National, au nom des Français rejetés. J'en voyais passer quelques uns dans notre paria club de la rue Quincampoix, amicaux mais désolés, chassés, ruinés. J'ai eu la chance, à la réflexion, d'être rejeté, pour pouvoir les représenter. Ils m'ont adoubé tribun des rebelle. J'ai pu devenir ainsi la voix des sans voix, l'homme qui préconise le gouvernement de la plèbe par la plèbe, des paris par les parias et pour les parias contre la caste mondialiste.
  • Il=De Gaulle; à propos des Pieds-Noirs
  • Fils de la Nation, Mémoires, Jean-Marie Le Pen, éd. éditions Muller, 2018, p. 399


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