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Tartuffe

comédie de Molière

Zygmunt Nowakowski dans le rôle de Tartuffe (1919).

Tartuffe ou l’Imposteur est une comédie de Molière en trois puis, après remaniements, en cinq actes. Elle fut jouée la première fois le à Versailles.

La Compagnie du Saint-Sacrement (« Cabale des dévots ») dénonça cette pièce moquant l’hypocrisie d’un directeur de conscience.

Acte IModifier

Damis. — Quoi ? je souffrirai, moi, qu’un cagot de critique
Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique,
Et que nous ne puissions à rien nous divertir,
Si ce beau monsieur-là n’y daigne consentir ?


Dorine. — Et la sévérité de ces femmes de bien
Censure toute chose, et ne pardonne à rien ;
Hautement d’un chacun elles blâment la vie,
Non point par charité, mais par un trait d’envie,
Qui ne saurait souffrir qu’une autre ait les plaisirs
Dont le penchant de l’âge a sevré leurs désirs.


Cléante (à Orgon). — Hé quoi ? vous ne ferez nulle distinction
Entre l’hypocrisie et la dévotion ?
Vous les voulez traiter d’un semblable langage,
Et rendre même honneur au masque qu’au visage,
Égaler l’artifice à la sincérité,
Confondre l’apparence avec la vérité,
Estimer le fantôme autant que la personne,
Et la fausse monnaie à l’égal de la bonne ?


Acte IIModifier

Dorine (à Mariane). — […] si son Tartuffe est pour lui si charmant,
Il le peut épouser sans nul empêchement.

  • Orgon veut marier sa fille Mariane à Tartuffe.


Acte IIIModifier

Tartuffe (à Dorine). — Couvrez ce sein que je ne saurais voir :
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.


Tartuffe (à Elmire). — Ah ! pour être dévot, je n’en suis pas moins homme ;
Et lorsqu’on vient à voir vos célestes appas,
Un cœur se laisse prendre, et ne raisonne pas.
[…]


Tartuffe (à Elmire). — […]
Votre honneur avec moi ne court point de hasard,
Et n’a nulle disgrâce à craindre de ma part.
Tous ces galants de cour, dont les femmes sont folles,
Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles ;
De leurs progrès sans cesse on les voit se targuer ;
Ils n’ont point de faveurs qu’ils n’aillent divulguer,
Et leur langue indiscrète, en qui l’on se confie,
Déshonore l’autel où leur cœur sacrifie.
Mais les gens comme nous brûlent d’un feu discret,
Avec qui pour toujours on est sûr du secret :
Le soin que nous prenons de notre renommée
Répond de toute chose à la personne aimée,
Et c’est en nous qu’on trouve, acceptant notre cœur,
De l’amour sans scandale et du plaisir sans peur.


Acte IVModifier

Tartuffe. — Le scandale du monde est ce qui fait l’offense,
Et ce n’est pas pécher que pécher en silence.


Acte VModifier

Orgon (à madame Pernelle). — Je l’ai vu, dis-je, de mes propres yeux vu,
Ce qu’on appelle vu : faut-il vous le rebattre
Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre ?

  • Madame Pernelle, bien-pensante, ne veut pas reconnaître le double-jeu de Tartuffe.


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