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Molière

auteur et homme de théâtre français

CitationsModifier

L'Étourdi ou les Contretemps, 1653Modifier

   Anselme :
Les dettes aujourd'hui, quelque soin qu'on emploie
sont comme les enfants, que l'on conçoit en joie,
Et dont avec peine on fait l'accouchement.
L'argent dans une bourse entre agréablement ;
Mais le terme venu que nous devons le rendre,
C'est lors que les douleurs commencent à nous prendre.


Le Dépit amoureux, 1656Modifier

Mascarille : On ne meurt qu'une fois, et c'est pour si longtemps !…

Les Précieuses ridicules, 1659Modifier

Mascarille : Holà, porteurs, holà ! Là, là, là, là, là, là. Je pense que ces marauds-là ont dessein de me briser à force de heurter contre les murailles et les pavés.
Premier porteur : Dame ! c’est que la porte est étroite. Vous avez voulu aussi que nous soyons entrés jusqu’ici.
Masarille : Je le crois bien. Voudriez-vous, faquins, que j’exposasse l’embonpoint de mes plumes aux inclémences de la saison pluvieuse, et que j’allasse imprimer mes souliers en boue ? Allez, ôtez votre chaise d’ici.


Mascarille à Magdelon et Cathos : Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris.


L'École des maris, 1661Modifier

Il nous faut en riant instruire la jeunesse.


La Critique de l’école des femmes, 1663Modifier

Uranie à Dorante : La tragédie, sans doute, est quelque chose de beau quand elle est bien touchée ; mais la comédie a ses charmes, et je tiens que l’une n'est pas moins difficile à faire que l’autre.
  • « La Critique de l’École des femmes » (1663), dans Œuvres, Molière, éd. Hachette, 1876, t. 3, scène VI, p. 351 (texte intégral sur Wikisource)


C’est une étrange entreprise que celle de faire rire les honnêtes gens.


Le Tartuffe, 1664Modifier

Voir le recueil de citations : Tartuffe
Tartuffe :
Couvrez ce sein que je ne saurais voir :
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
Dorine :
Vous êtes donc bien tendre à la tentation ;
Et la chair sur vos sens fait grande impression !
Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte :
Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte :
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas.
  • Le Tartuffe (12 mai 1664), Molière, éd. Hachette Éducation, coll. « Classiques Hachette », 2006  (ISBN 2-01-017222-1), acte III, scène 2, p. 81, vers 861-863


Tartuffe à Elmire : Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme ;
  • Le Tartuffe (12 mai 1664), Molière, éd. Hachette Éducation, coll. « Classiques Hachette », 2006  (ISBN 2-01-017222-1), acte III, scène 3, p. 86, vers 966


Orgon à Mme Pernelle :
Je l’ai vu, dis-je, vu, de mes propre yeux vu,
Ce qu’on appelle vu. Faut-il vous le rebattre
Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre ?

  • Le Tartuffe (12 mai 1664), Molière, éd. Flammarion, coll. « Garnier Flammarion », 1999  (ISBN 2-08-070995-X), acte V, scène 3, p. 134, vers 1676-1678


Orgon :
Ce que je viens d’entendre, ô Ciel ! est-il croyable ?
Tartuffe :
Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable,
Un malheureux pécheur tout plein d’iniquité,
Le plus grand scélérat qui jamais ait été.

  • Le Tartuffe (12 mai 1664), Molière, éd. Bordas, coll. « Les Petits Classiques Bordas », 1964, acte III, scène 6, p. 78, vers 1073-1076


Le Misanthrope, 1666Modifier

Voir le recueil de citations : Le Misanthrope
Alceste à Philinte : Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur
On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur.


Alceste : Je veux qu’on me distingue ; et, pour le trancher net,
L’ami du genre humain n’est point du tout mon fait.


Philinte : […] Et c’est une folie à nulle autre seconde
De vouloir se mêler de corriger le monde.
J’observe, comme vous, cent choses tous les jours,
Qui pourraient mieux aller, prenant un autre cours ;
Mais quoi qu’à chaque pas je puisse voir paraître,
En courroux, comme vous, on ne me voit point être ;
Je prends tout doucement les hommes comme ils sont,
J’accoutume mon âme à souffrir ce qu’ils font ; […]


Alceste : […] On ne voit pas les cœurs.


Amphitryon, 1668Modifier

   Sosie :
La faiblesse humaine est d'avoir
Des curiosités d'apprendre
Ce qu'on ne voudrait pas savoir.


L'Avare ou l'École du mensonge, 1668Modifier

Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.


La flèche : Qui se sent morveux, qu’il se mouche
  • Devenu un proverbe


George Dandin, 1668Modifier

Angélique : Je vous déclare que mon dessein n'est pas de renoncer au monde, et de m'enterrer toute vive dans un mari. Comment ? parce qu'un homme s'avise de nous épouser, il faut d'abord que toutes choses soient finies pour nous, et que nous rompions tout commerce avec les vivants ? C'est une chose merveilleuse que cette tyrannie de Messieurs les maris, et je les trouve bons de vouloir qu'on soit morte à tous les divertissements, et qu'on ne vive que pur eux. Je me moque de cela, et ne veux point mourir si jeune.


George Dandin : Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de plaire de sa vie aux diseurs de fleurette.


Les Femmes savantes, 1672Modifier

Martine : […] Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.


Philaminte : La grammaire qui sait régenter jusqu'aux rois,


Clitandre : [Qu']un sot savant est sot plus qu'un sot ignorant.


Le notaire : Deux époux !
C'est trop pour la coutume.


Le Malade imaginaire, 1673Modifier

Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies.
  • « Le Malade imaginaire », dans Œuvres complètes, Molière, éd. Hachette, 1867, vol. 3, acte III, scène III, p. 426 (texte intégral sur Wikisource)


Monsieur Purgon : Et je veux qu’avant qu’il soit quatre jours, vous deveniez dans un état incurable.
Argan : Ah ! miséricorde !
Monsieur Purgon : Que vous tombiez dans la bradypepsie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la bradypepsie dans la dyspepsie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la dyspepsie dans l’apepsie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De l’apepsie dans la lienterie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la lienterie dans la dysenterie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : De la dysenterie dans l’hydropisie.
Argan : Monsieur Purgon !
Monsieur Purgon : Et de l’hydropisie dans la privation de la vie, où vous aura conduit votre folie.

  • « Le Malade imaginaire », dans Œuvres complètes, Molière, éd. Garnier frères, 1965, vol. 2, acte III, scène V, p. 831 (texte intégral sur Wikisource)


Toinette (déguisée en médecin) : Je suis médecin passager, qui vais de ville en ville, de province en province, de royaume en royaume, pour chercher d'illustres matières à ma capacité, pour trouver des malades dignes de m'occuper, capables d'exercer les grands et beaux secrets que j'ai trouvés dans la médecine. Je dédaigne de m'amuser à ce menus fatras de maladies ordinaires, à ces bagatelles de rhumatismes et de fluxions, à ces fièvrotes, à ces vapeurs et à ces migraines. Je veux des maladies d'importance, de bonnes fièvres continues, avec des transports au cerveau, de bonnes fièvres pourprées, de bonnes pestes, de bonnes hydropisies formées, de bonnes pleurésies avec des inflammations de poitrine : c'est là que je me plais, c'est là que je triomphe ; et je voudrais, monsieur, que vous eussiez toutes les maladies que je viens de dire, que vous fussiez abandonné de tous les médecins, désespéré, à l'agonie, pour vous montrer l'excellence de mes remèdes et l'envie que j'aurais de vous rendre service.

Argan : Je vous suis obligé, monsieur, des bontés que vous avez pour moi.


Sur MolièreModifier

Florian (1755-1794). Mes idées sur nos auteurs comiquesModifier

L'ÉtourdiModifier

Modèle de ruses, de contre-ruses, d'intrigue, de comique.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 371


Le Cocu imaginaireModifier

Pièce peu digne de Molière
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 371


L'École des MarisModifier

Chef-d'œuvre de conduite comique, de morale et de diction; tout est à étudier.(…)
Il faut lire cent fois cette pièce, et l'admirer chaque fois davantage.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 372


L'École des FemmesModifier

Chef-d'œuvre de comique. Les trois premiers actes me semblent infiniment supérieurs aux autres. La première scène du premier acte, modèle d'exposition morale; la sixième entre Horace et Arnolphe, modèle de récit et de comique. (…)
Toute la pièce, hors le dénoûment et quelques expressions basses, est sublime.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 372-373


La Critique de l'école des FemmesModifier

Petite pièce qui n'est intéressante que pour les adorateurs de Molière.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 373


L'Impromptu de VersaillesModifier

Ce n'est point une comédie, mais une satire peu piquante, à présent que personne ne sait les noms des détracteurs de Molière.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 373


Le Festin de PierreModifier

Cette pièce, dont le titre n'a pas de sens, étincelle de bon comique. (…) L'exposition en est charmante. La deuxième scène, où don Juan développe son caractère,est un modèle (…). La scène deuxième du cinquième acte, où don Juan parle de l'hypocrisie, et la troisième, où il refuse à don Carlos d'épouser sa sœur, par scrupule (…), achèvent de rendre don Juan odieux, et rendent le dénoûment moins inconcevable, en le faisant souhaiter davantage.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 373-374


Le TartuffeModifier

Tout est sublime dans ce chef-d'œuvre ; et le dénoûment, que plusieurs personnes n'approuvent pas, ne peut choquer, après cinq actes de beautés continues.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 375


Les Fourberies de ScapinModifier

Sans le troisième acte, cette farce charmante serait une excellente comédie. La première scène du premier acte est un modèle d'exposition (…)
Dans le troisième [acte], la scène du sac me semble peu digne des autres ; mais la suivante, la troisième, où Zerbinette raconte à Géronte sa propre histoire, et celles que j'ai indiquées : voilà les scènes que je trouve admirables dans cette pièce, dont le dénoûment est à l'antique.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 378


PsychéModifier

Cette pièce est du grand Corneille, de Molière, de Quineau et de Lulli. Jamais si faible enfant n'a eu de pères si forts.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 378


La Comtesse d'EscarbagnasModifier

Jolie farce. Les ridicules de la province y sont bien peints.
  • Œuvres, Florian, éd. Firmin Didot, 1865, p. 375


AutresModifier

Lamartine n'a rien compris à Molière mais Molière, lui, avait compris Lamartine.
  • (fr) La Foire aux cancres (1962), Jean-Charles, éd. Calmann-Lévy, coll. « Labiche », 1963, p. 101


La Critique de l'École des femmes [est] encore meilleure que L'École des femmes, que la critique avait huée. Elle contient la devise de l'honnêteté intellectuelle, exprimée par Elise : « Je regarde les choses du côté qu'on me les montre, et ne les tourne point pour chercher ce qu'il ne faut pas voir ».
  • Dictionnaire égoïste de la littérature française, Charles Dantzig, éd. Grasset, 2005, p. 546


 
Signature.

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