Tunis

capitale de la Tunisie

Tunis est la capitale de la Tunisie et le chef-lieu du gouvernorat de Tunis. Cette ville est située au nord-est du pays, au fond du golfe de Tunis, et est bordée par le lac de Tunis à l'ouest et la mer Méditerranée à l'est. Ses habitants sont appelés les Tunisois.

La rue Sidi Benarous dans la médina de Tunis.

Connue pour son riche patrimoine historique et culturel, Tunis est aussi une ville importante dans l'histoire régionale, un centre politique et économique majeur, ainsi qu'un carrefour pour les échanges méditerranéens. Tunis est réputée pour sa médina, ses souks animés, et ses monuments emblématiques tels que la mosquée Zitouna et le musée du Bardo.

Claude-Bernard Petitot, Manuscrits Arabes relatifs au règne de Saint-Louis, 1824

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Abouabdoullah-Muhammed-Elmoustausir-Billah, fils de l’émir Abizikeria, régnoit pour lors à Tunis ; le bruit de cet armement destiné contre lui parvint à sa connaissance ; il envoya un ambassadeur au roi de France pour lui demander la paix moyennant quatre-vingt mille pièces d’or ; le Roi reçut la somme et n’en porta pas moins ses armes en Afrique ; il aborda sur le rivage des plaines de Carthage, et mit le siège devant Tunis le dernier de la lune de Zilkadé, l’année 668 de l’hégire [21 juillet 1270]. Son armée étoit composée de trente mille hommes d’infanterie et six mille de cavalerie ; le siège dura six mois. Le 15 du mois de Muharrem, premier mois de l’année 669, il y eut une bataille sanglante, qui fit périr beaucoup de monde des deux côtés ; les Tunisiens étoient près de succomber, lorsque la mort du roi de France changea la face des affaires ; les Français ne songèrent plus qu’à faire la paix et à s’en retourner dans leur pays. Un certain Ismaël-Erreian, habitant de Tunis, fit pendant le siège les vers suivant :

Français, ignores-tu que Tunis est la sœur du Caire ? Songe au sort qui l’attend ; tu trouveras devant cette ville le tombeau au lieu de la maison de Lokman ; et les deux terribles anges Munkir et Nakir remplaceront l’eunuque Sahil,

Ce roi de France avoit l’esprit fin et artificieux.


Louis Amable Crapelet, Voyage à Tunis, 1865

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Lorsqu’on sort de Tunis, par la porte qui conduit aux ruines de Carthage, on trouve un cimetière. Sous un palmier, dans un coin de ce cimetière, on m’a montré un tombeau qu’on appelle le tombeau du dernier Abencerrage. Il n’a rien de remarquable : la pierre sépulcrale en est tout unie ; seulement, d’après une coutume des Maures, on a creusé au milieu de cette pierre un léger enfoncement avec le ciseau. L’eau de la pluie se rassemble au fond de cette coupe funèbre et sert, dans un climat brûlant, à désaltérer l’oiseau du ciel. » C’est ainsi que Chateaubriand termine son récit des aventures du dernier Abencerrage. J’aurais désiré trouver le tombeau d’Ahen-Hamet, je l’ai vainement cherché ; mais un voyageur qui m’a précédé croit l’avoir vu non loin de la porte de la mer, Bab-el-Bahar, dans un cimetière musulman : le palmier a disparu ; le tombeau, entouré d’un petit jardin, est à demi ruiné.
  • Manuscrits Arabes relatifs au règne de Saint-Louis, Louis Amable Crapelet, éd. Librairie Hachette et Cie, 1865, vol. Le Tour du monde, chap. Première Livraison, p. 16 (lire en ligne)


Guy de Maupassant, La Vie errante , 1890

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La ville arabe d’Alger est pleine d’agitation nocturne. Dès que le soir vient, Tunis est mort. Les petites rues étroites, tortueuses, inégales, semblent les couloirs d’une cité abandonnée, dont on a oublié d’éteindre le gaz, par places.


Lucie Delarue-Mardrus, El Arab, l’Orient que j’ai connu, Épilogue, 1944

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Tunis sait fort habilement ménager ses surprises. Le port, le parcours vers les hôtels, la ville française tout entière, cette arrivée ne laisse rien deviner. Aucune émotion. Mais Bab-el-Bahr ou « Porte de la Mer » sépare le monde arabe du monde européen. Passée cette porte, après quelques pas à travers le quartier maltais, on se trouve en plein Islam. Je ne crois pas qu’on ait rien changé, depuis, à ce contraste sensationnel.

En 1904, pénétrer dans les souks, étroites rues couvertes, ombre fraîche étoilée de ronds de soleil, c’était faire tout éveillé ce rêve : se trouver transplanté sans transition dans un monde embaumé de jasmin et de rose. Même en dehors du souk des parfums, ces essences imprégnaient la succession de boutiques de toutes couleurs, disons plutôt d’échoppes, où chaque marchand était assis en tailleur à même son étalage, les plus âgés, à force de macérer, immobiles, dans ce clair-obscur odorant, devenus de cire sous leur turban blanc, moins blanc que leur barbe blanche.

La foule serrée qui circule comme elle peut dans les deux sens, animée et gutturale, est, de même que les marchands, vêtue de ces robes masculines aux nuances tendres qui sont la marque particulière de la Tunisie. Du rose au jaune pâle et du jaune pâle au vert amande, sans parler d’autres douceurs, ce sont les coloris mêmes de la pâte de verre. Ces beaux personnages ont les yeux fardés au Kohl et portent à l’oreille une fleur très longue de tige, œillet, jasmin ou rose, qui n’a d’autre destination que d’encenser leurs narines pendant qu’ils vaquent indolemment à leurs affaires.


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