Carthage

ville-État dans l'Antiquité

Carthage (arabe : قرطاج, Qarṭāj, /qærtˤɑʒ/) est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L'ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d'Afrique proconsulaire, est aujourd'hui l'une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d'ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées.

Vue du site archéologique de Carthage en 2017.

Dans la littérature antique

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Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Ier siècle

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L'Afrique me revient en mémoire à propos de la figue africaine, ainsi nommée dès le temps de Caton, qui s'en servit pour frapper les esprits. Brûlant d'une haine mortelle contre Carthage, inquiet pour la sécurité à venir des Romains, et répétant, à chaque séance du Sénat, qu'il fallait détruire la rivale de Rome, il apporta un jour au sein de l'Assemblée une figue précoce qui provenait de cette province ; et la montrant aux sénateurs : « Je vous demande, dit-il, quand vous pensez que ce fruit ait été cueilli ? » Tous convenant qu'il était fraîchement cueilli : « Eh bien, répliqua-t-il, sachez qu'il l'a été à Carthage, il y a trois jours, tant l'ennemi est près de nos murs ! »
  • (la) Sed a Catone appellata iam tum Africana admonet Africae ad ingens docimentum usi eo pomo. namque perniciali odio Carthaginis flagrans nepotumque securitatis anxius, cum clamaret omni senatu Carthaginem delendam, adtulit quodam die in curiam praecocem ex ea provincia ficum ostendensque patribus : Interrogo vos, inquit, quando hanc pomum demptam putetis ex arbore. Cum inter omnes recentem esse constaret: Atqui tertium, inquit, ante diem scitote decerptam Carthagine. tam prope a moeris habemus hostem!
  • Origine de la phrase "Carthago delenda est", "Il faut détruire Carthage", qui n'est citée nulle part sous cette forme dans les textes latins, mais seulement au style indirect.


Ce qui est par-dessus tout, ce qui me frappe le plus, c'est que cette grande ville, qui pendant cent vingt ans avait disputé l'empire du monde, fut renversée par un argument tiré d'un fruit : une figue a fait ce que n'avait pu faire le souvenir de la Trébie, du Trasymène, de Cannes où le nom romain semble enseveli, du camp carthaginois placé à trois milles de Rome, et d'Annibal lui-même venant à cheval au pied de la porte Colline. Plus que ces souvenirs, une figue dans la main de Caton rapprocha Carthage de Rome.
  • (la) super omnia est, quo nihil equidem duco mirabilius, tantam illam urbem et de terrarum orbe per CXX annos aemulam unius pomi argumento eversam, quod non Trebia aut Trasimenus, non Cannae busto Romani nominis perficere potuere, non castra Punica ad tertium lapidem vallata portaeque Collinae adequitans ipse Hannibal. tanto propius Carthaginem pomo Cato admovit!


Dans la littérature après l'Antiquité

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« C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. »
Salammbô au festin des mercenaires, tableau d'Antoine Druet, 1890-1894.

Gustave Flaubert, Salammbô, 1862

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C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar.
  • Salammbô (1862), Gustave Flaubert, éd. Gallimard, coll. « Folio classique », 1970, chap. I : Le Festin, p. 43


Pierre Benoit, L'Atlantide, 1920

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C’est ainsi qu’Antinéa, fille de Neptune, compte au nombre de ses aïeules l’immortelle reine d’Égypte. C’est ainsi que, par ses droits d’héritage, les vestiges de la bibliothèque de Carthage, enrichis des vestiges de la bibliothèque d'Alexandrie, se trouvent actuellement sous vos yeux.
  • Dans le roman d'aventure de Pierre Benoit, Antinéa, souveraine du royaume souterrain de l'Atlantide, a préservé les plus précieux ouvrages de la bibliothèque.


Simone Weil, La Pesanteur et la Grâce, 1947

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Écarter les croyances combleuses de vides, adoucisseuses des amertumes. Celle à l'immortalité. Celle à l'utilité des péchés : etiam peccata. Celle à l'ordre providentiel des événements — bref les « consolations » qu'on cherche ordinairement dans la religion.
Aimer Dieu à travers la destruction de Troie et de Carthage, et sans consolation. L'amour n'est pas consolation, il est lumière.


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