Jean-Claude Mézières

dessinateur français de bande dessinée

Jean-Claude Mézières, ou au début de sa carrière JC MéziN, né le 23 septembre 1938 à Saint-Mandé, mort le 23 janvier 2022 , est un dessinateur français de bande dessinée. Il est le père de la série de science-fiction Valérian et Laureline, avec un ami d'enfance, Pierre Christin (scénariste), et sa sœur, Évelyne Tranlé (coloriste).

Jean-Claude Mezieres en 2007.

CitationsModifier

Valérian et LaurelineModifier

Voir le recueil de citations : Valérian et Laureline

Propos publicsModifier

C'est simple : je voulais être cow-boy et dessinateur de bandes dessinées. J'ai pas trop mal réussi (rires) !...
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Ce qui était essentiel en fait, c'est que nous étions payés pour faire des progrès ! Ce n'est plus le cas maintenant. Aujourd'hui, les jeunes auteurs doivent être nettement plus aboutis pour espérer signer un contrat d'album, et faire leurs preuves.
  • Au sujet de ses premières publications dans Le Journal des jeunes, Cœurs vaillants et Fripounet.
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Moi, je ne m'intéresse pas au dessin seul (je rencontre d'ailleurs des tas de gens qui dessinent beaucoup mieux que moi), mais je sais exactement si un dessin raconte ce qu'il doit raconter. Je trouve d'ailleurs que beaucoup de grands professionnels ne sont pas assez lucides sur ce problème. Il faut montrer ce qui est nécessaire au récit et pas seulement se faire plaisir graphiquement. Il n'y a pas de règles. On ne peut pas définir ce qui fait une bonne mise en scène ou ce qui permet de bien mener un récit. Il faut voir au cas par cas. A petites doses, c'est passionnant.
  • À propos de ses ateliers de bande dessinée assurés pour Canal Choc dans les années 1970.
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Garçon vacher, c'est vraiment journalier agricole. Même si ce que j'ai fait, je l'ai fait avec énormément de plaisir, je n'ai pas les mains, je n'ai pas la carrure... C'est un métier très dur. Il faut être né là-bas. Mais c'est une expérience extraordinaire, qui m'a profondément marqué.
  • Au sujet de son expérience en tant que cow boy aux États-Unis en 1695-66.
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Nous sommes véritablement devenus amis vers quinze ou seize ans. Quand j'allais aux Arts Appliqués et lui au lycée, nous prenions le métro ensemble. Nous allions également au cinéma sur les Boulevards avec les copains des Arts'A, pour voir tous ces films de série B qui font aujourd'hui le régal des cinéphiles. Nous nous passions aussi des bouquins de science-fiction. Pierre faisait des études brillantes, c'était le bon élève de la bande, mais, s'il était attiré par les études littéraires, c'est sur le fait divers qu'il a basé sa thèse de doctorat. Il a toujours aimé la littérature populaire... c'est donc normal qu'il soit devenu auteur de BD !
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Je recommence souvent les premières pages. Le 'moteur' Valérian ne démarre pas au quart de tour. Je fais un truc, puis j'essaie autre chose et, à un moment, cela avance enfin...
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


"Valérian" est un nom qui vient d'Europe de l'Est. Dans des pays comme la Pologne, il y a des prénoms qui ressemblent à cela. Par contre, "Laureline" est un prénom que nous avons créé. Pierre cherchait un nom à la fois moyenâgeux et doux. Depuis, Laureline a fait ses preuves...
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Nous n'avons jamais su vraiment ce que nous voulions faire, mais nous savons parfaitement ce que nous ne voulons PAS faire. Valérian n'est ni un flic, ni un militaire, ni un redresseur de torts...
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Pierre (Christin) a toujours 'reniflé' l'époque un peu en avance. C'est vrai pour le féminisme, par exemple. Les militantes du début des années 70 n'étaient pas toutes sympathiques, mais leur mouvement a été important pour l'évolution des femmes. Laureline a toujours été reconnue par elles... tout en étant très bien acceptée par les mecs, qui étaient un peu moins concernés par le féminisme ! On a un autre exemple avec Bienvenue sur Alflolol, qui a été écrit en 1971 et 1972 et qui est une des premières bandes dessinées traitant de problèmes 'écologiques', terme encore assez peu utilisé à l'époque. Ces évolutions correspondent aussi à nos convictions personnelles, sans pour autant transformer les histoires en discours militants.
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Au départ, les Shingouz étaient simplement prévus comme extraterrestres venant donner une information à Laureline. Leur rôle était limité à deux pages. Et, quand ils ont été dessinés, ils se sont imposés d'eux-mêmes, comme cela arrive avec certains acteurs de second plan. Et c'est vrai qu'aujourd'hui les Shingouz ont une carrière internationale, voire intergalactique (rires) ! Avant eux, il y avait eu aussi la grande idée du Transmuteur Grognon de Bluxte. Il fallait que nos deux héros aient de l'argent et nous ne savions pas comment ils pourraient se le procurer. J'ai donc proposé que ce soit un animal qui leur fournisse, je l'ai dessiné, et c'est parti !
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


La couleur, c'est un tel boulot en plus, si je devais la faire moi-même, cela retarderait encore d'au moins six mois la sortie de l'album. Là, j'ai la chance de travailler avec la meilleure coloriste de la place et, en plus, c'est ma sœur ! Elle avait quand même fait un Blueberry et un Astérix avant de faire Valérian, ce n'est pas mal. Elle a collaboré depuis à une soixantaine d'albums divers...
  • Au sujet de sa sœur Evelyne Tranlé, coloriste de Valérian et Laureline.
  • « Interview de Mézières », Jean-Claude Mézières, DBD, nº 12, 2002 (lire en ligne)


Citations au sujet de Jean-Claude MézièresModifier

Pierre ChristinModifier

Le mythe fondateur du système de représentation de Mézières, c'est celui de l'Ouest américain, bien évidemment. L'Ouest qu'il a connu et qu'il raconte tout le temps et partout, c'est celui de la liberté de l'homme dans une nature vierge à conquérir, celui d'une épopée qui sent la sueur du travail des gens et des bêtes, celui d'un optimisme à tous crins quand on regarde le ciel au-dessus de soi, le matin, avant l'action.
  • Valérian, l'intégrale volume 4 (2008), Pierre Christin (scénario), Jean-Claude Mézières (dessin), Évelyne Tranlé (couleur), éd. Dargaud, coll. « Valérian », 2017, t. 4, p. 6


Cependant, l'Ouest, c'était aussi celui de l'exclusion des femmes et des faibles, de l'oppression des Indiens, de la dégradation du milieu écologique, de l'hypocrisie et de la guerre toujours possible avec les ogives enfouies dans leurs silos du désert.
  • Valérian, l'intégrale volume 4 (2008), Pierre Christin (scénario), Jean-Claude Mézières (dessin), Évelyne Tranlé (couleur), éd. Dargaud, coll. « Valérian », 2017, t. 4, p. 7


Articles connexesModifier

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