Homère

poète épique de la Grèce antique, auteur de l'Illiade et de l'Odyssée

Homère (en grec ancien Ὅμηρος / Hómêros) est réputé avoir été un aède (poète) de la fin du VIIIe siècle av. J.-C. C'est le premier poète grec dont les œuvres nous sont parvenues. Il était surnommé simplement « le Poète » (ὁ Ποιητής / ho Poiêtếs) par les Anciens. Victor Hugo écrivit à son propos dans William Shakespeare : « Le monde naît, Homère chante. C'est l'oiseau de cette aurore. »

Homère et son guide par William Bouguereau (1874).

Le fait qu'il ait eu une existence réelle ou simplement qu'il représente une personnification tardive d'un éventuel auteur ou collectif (comme Rrose Sélavy ou Nicolas Bourbaki) semble aujourd'hui impossible à établir avec certitude.

Citations propres à l'auteurModifier

L'IliadeModifier

Voir le recueil de citations : Iliade

L'OdysséeModifier

Voir le recueil de citations : Odyssée

D'autres auteurs le concernantModifier

HérodoteModifier

Quelle est l'origine de chacun de ces dieux ? Ont-ils toujours existé ? Quelles formes avaient-ils ? Voilà ce que les Grecs ignoraient hier encore, pour ainsi dire. Hésiode et Homère ont vécu, je pense, quatre cents ans tout au plus avant moi ; or ce sont leurs poèmes qui ont donné aux Grecs la généalogie de leurs dieux et leurs appellations, distingué les fonctions et les honneurs qui appartiennent à chacun, et décrit leurs figures.
  • L'Enquête, Hérodote (trad. Andrée Barguet), éd. Gallimard, coll. « Folio », 1985, II, 53, p. 188


Plutarque, Vie d'AlcibiadeModifier

Un jour, comme il était déjà sorti de l'enfance, Alcibiade aborda un maître d'école, et lui demanda un livre d'Homère. L'autre ayant répondu qu'il ne possédait rien d'Homère, Alcibiade lui lança un coup de poing, puis continua sa route. Un autre maître ayant déclaré qu'il possédait un Homère corrigé de sa main : "Et après cela, s'écria Alcibiade, tu enseignes encore à lire et à écrire, toi qui es capable de corriger Homère ? Tu devrais former les jeunes gens."
  • « Alcibiade », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VII, 1-2, p. 393-394


Nicolas Boileau, L'Art poétiqueModifier

On dirait que pour plaire, instruit par la nature,
Homère ait à Vénus dérobé sa ceinture.
Son livre est d’agréments un fertile trésor :
Tout ce qu’il a touché se convertit en or ,
Tout reçoit dans ses mains une nouvelle grâce ;
Partout il divertit et jamais il ne lasse.
Une heureuse chaleur anime ses discours :
Il ne s’égare point en de trop longs détours.
Sans garder dans ses vers un ordre méthodique,
Son sujet de soi-même et s’arrange et s’explique ;
Tout, sans faire d’apprêts, s’y prépare aisément ;
Chaque vers, chaque mot court à l’événement.
Aimez donc ses écrits, mais d’un amour sincère,
C’est avoir profité que de savoir s’y plaire.


John KeatsModifier

(...) Souvent j'avais ouï d'une vaste étendue
Qu'Homère au front sourcilleux possède pour domaine ;
Je n'en avais jamais toutefois respiré la sereine pureté
Avant d'entendre la voix haute et forte de Chapman.
Alors il me semble être un guetteur du ciel
Qui voit soudain dans sa vision glisser une planète nouvelle (...)

  • (en)

    (...) Oft of one wide expanse had I been told
    That deep-brow'd Homer ruled as his demesne;
    Yet did I never breathe its pure serene
    Till I heard Chapman speak out loud and bold:
    Then felt I like some watcher of the skies
    When a new planet swims into his ken (...)

  • Extrait du poème Après avoir ouvert pour la première fois l'Homère de Chapman, premier poème de Keats à avoir été publié. Chapman avait publié une traduction anglaise des épopées d'Homère.
  • (en) Selected Poems, Poèmes choisis, John Keats, Albert Laffay (traduction, préface et notes) (trad. Wikipédia), éd. Aubier-Flammarion, coll. « Bilingue Aubier », 1968, p. 141


Victor HugoModifier

Hérodote fait l'histoire, Homère fait la légende.
  • La Légende des siècles, Victor Hugo, éd. Le Livre de poche, 2000 (1859), préface de Victor Hugo, p. 46


Le monde naît, Homère chante. C’est l’oiseau de cette aurore.
  • William Shakespeare, Victor Hugo, éd. A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, éditeurs, 1864, livre II, chapitre II, §1, p. 58


Robert DesnosModifier

Amour, me condamnes-tu à faire de ces ruines une boule d'argile où je sculpterai mon image, ou dois-je la faire sortir en arme de mes yeux ? Dans ce cas, de quel oeil dois-je faire usage et n'est-il pas de mon intérêt d'employer les deux à la récréation d'un couple d'amoureux que je violerai aveuglément, nouvel Homère au pont des Arts dont je devrai à tâtons miner les piles sinistres, au risque d'être abandonné sans pouvoir guider mes pas dans ces grandes étendues jaunes et ensoleillées où les fusils montent la garde des sentinelles mortes.


Autres auteursModifier

Je dirais seulement ceci : Homère donne à voir et à connaître , il déplie et déploie les mouvements principaux de l'âme humaine avec une extraordinaire puissance et en même temps avec précision et délicatesse. Vus en gros, les guerriers achéens sont des brutes avides de carnage. Mais si vous lisez les poèmes avec attention, vous découvrez que ces brutes ont des âmes vastes et complexes dans lesquelles jouent tous les ressorts de la vie humaine.
  • « L'Europe au défi de son histoire », Pauline Lecomte, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 64, Janvier-Février 2013, p. 11


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