Kerkennah

archipel tunisien

L'archipel des Kerkennah (arabe: قرقنة}}, également orthographié Kerkenah, Kerkena ou Karkana, sont un archipel tunisien de la mer Méditerranée situé à 17,9 kilomètres au large de Sidi Mansour, dans la périphérie nord-est de Sfax. Administrativement, l'archipel est rattachée au gouvernorat de Sfax.

Il est composé de deux îles principales — Gharbi aussi appelé Mellita du nom du village qu'elle abrite, et Chergui ou Grande Kerkennah — et de douze îlots, Gremdi, Roumadia, Rakadia, Sefnou, Charmadia, Ch'hima, Keblia, Jeblia, El Froukh, Firkik, Belgharsa et El Haj Hmida. Le périmètre de l'archipel dépasse 160 kilomètres. Gharbi et Chergui sont reliées entre elles par une chaussée d'une longueur de 600 mètres existant dès l'époque romaine.

Au début de l'année 1807, François-René de Chateaubriand passe plusieurs jours au large de l'archipel dont il mentionne les charfias. Avec l'installation du protectorat français de Tunisie, des relations de voyage sont rédigées et décrivent les Kerkennah et les Kerkenniens en des termes marqués par le racisme colonial de l'époque mais très positifs, proches de l'idéal naturel de Jean-Jacques Rousseau :

« De tous les Orientaux qu'il nous a été donné de voir et d'étudier, les insulaires des Kerkennah sont ceux qui nous ont paru posséder le moins les défauts de leur race. »

.

L'archipel est connu pour etre le foyer du mouvement syndical tunisien. En 1946, un habitant des îles Kerkennah, Farhat Hached, fonde le grand syndicat ouvrier de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT). Ce syndicat joue un rôle significatif dans le mouvement national tunisien aux côtés de Habib Bourguiba. Par la suite, la principale centrale syndicale de la Tunisie indépendante comptera parmi ses dirigeants plusieurs Kerkenniens, dont Habib Achour et Abdessalem Jerad.

Hérodote, Histoire, Ve siècle av. J.-C.

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« Auprès de ce pays est, au rapport des Carthaginois, une île fort étroite, appelée Cyraunis ; elle a deux cents stades de long. On y passe aisément du continent ; elle est toute couverte d'oliviers et de vignes. Il y a dans cette île un lac, de la vase duquel les filles du pays tirent des paillettes d'or avec des plumes d'oiseaux frottées de poix. J'ignore si le fait est vrai ; je me contente de rapporter ce qu'on dit : au reste, ce récit pourrait être vrai, surtout après avoir été témoin moi-même de la manière dont on tire la poix d'un lac de Zacynthe [...] Ainsi ce qu'on raconte de l'île qui est près de la Libye peut être vrai. »


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