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Révolution française

période de l'histoire de France
Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen

La Révolution française commence en 1789 avec la réunion des États généraux et la prise de la Bastille et se termine avec le coup d'État du 18 brumaire (9-10 novembre 1799) de Napoléon Bonaparte. C'est un moment fondamental de l’Histoire de France, au cours duquel sont apparus les symboles républicains actuels. La Révolution française mit fin à l'absolutisme royal, à la société d'ordres et aux privilèges, proclama l'égalité des citoyens devant la loi et la souveraineté de la Nation, apte à se gouverner au travers de représentants élus.

MirabeauModifier

Cependant, pour éviter toute équivoque et tout délai, je déclare que si l'on vous a chargé de nous faire sortir d'ici, vous devez demander des ordres pour employer la force ; car nous ne quitterons nos places que par la puissance des baïonnettes.
  • Discours tenu lors de la séance royale du 23 juin 1789, dans la salle des Menus-Plaisirs de Versailles, suite au serment du Jeu de paume.
  • Orateurs de la Révolution française, I, Mirabeau, éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléïade », 1989, discours « Réponse à Dreux-Brézé », p. 644


Louis Antoine de Saint-JustModifier

L'esprit de la Révolution et de la constitution de France, 1791Modifier

Les révolutions sont moins un accident des armes qu'un accident des lois.
  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. « Folio histoire », 2004, partie I, chap. 1 "Des pressentiments de la Révolution", p. 364


DiscoursModifier

On ne peut point régner innocemment.
  • Discours sur le jugement de Louis XVI, prononcé à la Convention nationale le 13 novembre 1792
  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. « Folio histoire », 2004, p. 480


Osez ! ce mot renferme toute la politique de notre révolution.
  • Rapport au nom du Comité de salut public et du Comité de sûreté générale sur les personnes incarcérées, présenté à la Convention nationale le 8 ventôse an II (26 février 1794)
  • Œuvres complètes, Saint-Just, éd. Gallimard, coll. « Folio histoire », 2004, p. 670


Joseph de Maistre,Modifier

Considérations sur la FranceModifier

Que si l'on veut savoir le résultat probable de la Révolution française, il suffit d'examiner à quoi toutes les factions se sont réunies ; toutes ont voulu l'avilissement, la destruction même du Christianisme universel et de la Monarchie ; d'où il suit que tous leurs efforts n'aboutiront qu'à l'exaltation du Christianisme et de la Monarchie.
  • Du Pape et extraits d'autres œuvres, Textes de Joseph de Maistre présentés et choisis par E. M. Cioran, éd. J.-J. Pauverd, coll. « Libertés », 1957, p. 200

CorrespondanceModifier

Il est infiniment probable que la franc-maçonnerie de France a servi à la Révolution ; non point, à ce que je pense, comme franc-maçonnerie, mais comme association de clubs. Les quatre cinquièmes des gens qui les composaient étaient des révolutionnaires. Ils se trouvaient rassemblés. Leur Chef était à la tête de la Révolution; il est assez naturel qu'il se soit servi de cette association pour favoriser ses vues, et que les loges françaises se soient converties en clubs.

  • "Leur Chef"=Philippe Egalité; De Maistre écrit à un baron, demeuré anonyme.
  • Joseph de Maistre, FRANC-MAÇONNERIE ET RÉVOLUTION FRANÇAISE, 30 avril 1793, Journal inédit ou livre de raison de Joseph de Maistre, dans [1].


Georg Christoph Lichtenberg, AphorismesModifier

Habituellement, on cherche à changer les opinions sans toucher la tête ; en France, à présent, on coupe au plus court : on emporte et les opinions et la tête.
  • Le Miroir de l'âme (1773-1775), Lichtenberg (trad. Charles Le Blanc), éd. José Corti, coll. « Domaine Romantique », 1997, p. 495


Emile FaguetModifier

[L]a Révolution française a été tout d'abord cosmopolite, et non française, [elle] a songé «à l'homme» plus qu'à la patrie, et n'est devenue «patriote» que quand le territoire a été envahi.
  • Études littéraires : Dix-huitième siècle, Emile Faguet, éd. H. Lecène et H. Oudin, 1890, p. VIII


Robert SteuckersModifier

En manipulant des "clubs" et des cénacles répandant une idéologie fumeuse, les services de Pitt révolutionnent la France, la plongent dans le chaos et la guerre civile, et vengent ainsi l'humiliante défaite de Yorktown. Mais simultanément, ils torpillent l'entente franco-autrichienne et austro-russe, ne permettant plus à aucune des puissances européennes de mener une tâche géopolitique constructive, sans empièter sur les intérêts des autres.
  • « Les implications géopolitiques des Accords de Munich en 1938, Allocution de Robert Steuckers à la "Commission Géopolitique" de la Douma d'État, Moscou, le 30 septembre 1998 », Robert Steuckers, Nouvelles de Synergies européennes, nº n°37, octobre-décembre 1998, p. 3


Augustin BarruelModifier

J'ai entre les mains le mémoire d'un ex-ministre consulté sur les causes de cette révolution et en particulier sur les principaux conspirateurs qu'il devoit mieux connoître et sur le plan de la conspiration. Je l'ai vu prononcer qu'il seroit inutile de chercher, soit des hommes, soit une association d'hommes qui eussent médité la ruine de l'Autel et du Trône, ou formé aucun plan qu'on puisse appeler conjuration. Infortuné monarque!
  • À propos de la Révolution française.
  • Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme, Augustin Barruel, éd. P. Fauche, libraire, 1798, chap. Discours préliminaire, p. X


Alexandre NetchvolodovModifier

il est impossible d'écrire une histoire de la Révolution française sans y réserver une large place à la franc-maçonnerie.
  • L'Empereur Nicolas II et les Juifs, Alexandre Netchvolodov, éd. Etienne Chiron, Paris, 1924, chap. Deux question épineuses, p. 63


Maurice TalmeyrModifier

Si la Révolution, que personne ne confond avec l'évolution, n'est pas le grand mouvement humain auquel beaucoup d'honnêtes gens ont cru et croient encore, si elle n'est pas ce grand fait social provenant naturellement d'intérêts et de besoins profonds, et si, au contraire, elle n'a jamais été qu'un bluff immense, dirigé et lancé contre le Christianisme universel, tous nos malaises moraux, toutes nos perturbations, se comprennent et s'expliquent.
  • À propos de la révolution française.


Roland MinnerathModifier

Il ne faut pas oublier que la révolution française en supprimant les corporations et les jurandes privait les artisans qui en étaient membres de la protection juridique et culturelle dont ils bénéficiaient, les transformant en prolétariat, livrés sans défense à la cupidité des détenteurs des capitaux productifs.


Georges PolitzerModifier

La Révolution française est l'honneur historique du peuple français. Le culte du passé glorieux qu'elle représente acquière un contenu et un sens nouveau à l'heure où la capitalisme français livre la nation à l'oppression d'un impérialisme étranger.
  • Écrit 1 - La philosophie et les mythes, Georges Politzer, éd. Éditions sociales., 1969, partie Révolution et contre-révolution au XX siècle, p. 316


Hannah ArendtModifier

L'une des principales conséquences de la Révolution en France fut, pour la première fois dans l'histoire, d'amener le peuple dans les rues et de le rendre visible. Dès lors, il se révéla que ce n'était pas seulement la liberté, mais la liberté d'être libre, qui avait toujours été le privilège de quelques-uns. Du même coup, la Révolution américaine est restée sans grande conséquence pour la compréhension historique des révolutions, alors que la Révolution française, qui aboutit à un échec retentissant, a déterminé et détermine encore ce que nous appelons aujourd'hui la tradition révolutionnaire.
  • La liberté d'être libre, Hannah Arendt (trad. Françoise Bouillot), éd. Payot, 2019, p. 54, 55


La Révolution française se termina en désastre et devint un tournant de l'histoire du monde ; la Révolution américaine fut un triomphe et demeura une affaire locale, en partie parce que les conditions sociales dans le reste du monde étaient bien plus proches de celles de la France, mais aussi parce que la tradition pragmatique anglo-saxonne si vantée empêcha les générations suivantes d'Américains de réfléchir à leur révolution et de conceptualiser correctement ses leçons. Il n'est donc pas surprenant que le despotisme, ou en réalité le retour à l'ère de l'absolutisme éclairé, qui s'annonçait clairement dans le cours de la Révolution française, soit devenu la règle des révolutions suivantes — du moins de celles qui n'aboutirent pas à la restauration du statu quo ante —,au point de devenir dominant dans la théorie de la révolution.
  • La liberté d'être libre, Hannah Arendt (trad. Françoise Bouillot), éd. Payot, 2019, p. 68


Une comparaison entre les deux premières révolutions, dont les débuts furent si semblables et l'issue si remarquablement différentes, démontre clairement, je pense, que la maîtrise de la pauvreté est un prérequis à la fondation de la liberté, mais aussi que la libération de la pauvreté ne peut être traitée de la même façon que la libération de l'oppression politique. Car si la violence jetée contre la violence conduit à la guerre, étrangère ou civile, la violence jetée contre les conditions sociales a toujours conduit à la terreur.
  • La liberté d'être libre, Hannah Arendt (trad. Françoise Bouillot), éd. Payot, 2019, p. 71


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