Capitalisme

système économique

Le capitalisme désigne le régime économique fondé sur le salariat et l'accumulation de capital.

Capitalisme

modifier
Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme.
  • (en) It is not from the benevolence of the butcher, the brewer, or the baker, that we expect our dinner, but from regard to their own interest. We address ourselves, not to their humanity but to their self-love.
  • Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), Adam Smith (trad. Germain Garnier), éd. Otto Zeller, 1966, t. 1, chap. 2, livre premier, p. 19 (texte intégral sur Wikisource)


Jean Jaurès, Discours à la chambre (1895)

modifier
Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage.
  • Cette citation est en fait une reformulation issue du discours de Jaurès à la Chambre en 1895 (voir la citation complète).
  • Démocratie, Georges Marchais, éd. sociales, 1990  (ISBN 2209063256), p. 141


Le capitalisme est un être particulièrement rusé doté d'un tas de qualités dont la plus remarquable à mes yeux est un manque absolu de vergogne. A ses yeux, rien n'est saint, rien n'est sacré ; pas plus l'heure de la mort que le jour du jugement, la maison de deuil ou la tente de l'exil, la chevalerie ou le patriotisme, la féminité ou le veuvage ; rien n'échappe à ses sales petits tripatouillages. Tout ce qui compte pour lui, c'est de mettre au régime celui qui travaille afin de lui faire rendre le maximum. Et tout comme on voit des collecteurs d'impôts glisser un pied insolent dans l'embrasure de la porte du taudis où ils ont affaire, les capitalistes, eux, sont toujours prêts à enfoncer un coin boueux partout où il se trouve une fente dans une maisonnée en train de se fissurer ou une fêlure dans un cœur en train de se briser.
  • Utopie des usuriers, G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-31-4), p. 80


Si la raison et le bon sens, le jugement et le discernement sont des termes qui signifient encore quelque chose, je dirai que la capitalisme est insane. Je ne dirai pas à M. Rockefeller : « Je suis un rebelle. » Je lui dirai : « Je suis un homme respectable et vous pas. »
  • Utopie des usuriers, G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-31-4), p. 86


Et nous avons fini par nous apercevoir que le capitalisme ne sait pas plus écrire qu'il ne sait se battre, prier, se marier, faire une plaisanterie ou tout autre chose profondément humaine.
  • Utopie des usuriers, G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-31-4), p. 181


Quand je dis : « Capitalisme », j'entends communément quelque chose qui peut s'exprimer de la façon suivante : un ensemble de conditions économiques permettant à une classe de capitalistes, facilement reconnaissable et relativement restreinte, entre les mains de laquelle est concentrée une si grande portion du capital que la grande majorité des citoyens se voit contrainte de servir ces capitalistes en échange d'un salaire.
  • Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (1926), G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-28-4), p. 15


Pour une personne saine d'esprit, le problème de la concentration capitaliste relève du droit criminel pour ne pas dire de la démence criminelle.
  • Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (1926), G.K. Chesterton, éd. éditions de l'Homme Nouveau, 2010  (ISBN 978-2-915988-28-4), p. 96


David Thesmar et Augustin Landier, Le Grand méchant marché, (2007)

modifier
Cette nouvelle pensée unique qu'est la révolte contre le « grand méchant loup » du libéralisme financier résiste mal à la confrontation aux faits. Le capitalisme financier n'est pas l'instrument du vieux conflit capital-travail qui hante le débat politique depuis plus d'un siècle. [..] Le capitalisme actionnarial n'induit pas non plus la myopie industrielle pour laquelle on le blâme, mais permet au contraire le financement de projets de très longue haleine. De manière générale, le constant quantitatif est univoque : la finance est l'amie de l'emploi, pas son fossoyeur.
  • Le grand méchant marché, décryptage d'un fantasme français, Augustin Landier et David Thesmar, éd. Flammarion, 2007, chap. introduction, p. 8-9


Georges Bataille, La Part maudite (1949)

modifier
… je puis dire du calvinisme ayant le capitalisme pour conséquence qu’il annonce un problème fondamental : comment l’homme pourrait-il se trouver – ou se retrouver – puisque l’action, à laquelle l’engage de quelque façon la recherche est justement ce qui l’éloigne de lui-même ?
  • La Part maudite précédé de La Notion de dépense (1949), Georges Bataille, éd. Éditions de Minuit, coll. « Critique », 2003  (ISBN 2-7073-0181-7), p. 167


Maurice G. Dantec, Le Théâtre des opérations (2002)

modifier
Le capitalisme est le système d'exploitation dont l'homme est l'ordinateur.
  • Le Théâtre des opérations (2000), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2002, p. 223


Le capitalisme fut d'abord une théorie du fonctionnement de l'économie. Cette théorie était à la fois descriptive et prescriptive [...]. Peu à peu, cependant, le capitalisme devint bien plus qu'une simple doctrine économique : il comprend désormais une éthique, un ensemble de doctrines sur la façon dont les individus doivent se conduire, éduquer leurs enfants et même penser. Son principal dogme est que la croissance économique est le bien suprême, parce que tout le reste en dépend : la justice, la liberté et même le bonheur.


Tel était le cercle magique du capitalisme impérial : crédit finançant les découvertes, découvertes menant aux colonies, colonies rapportant des profits, profits alimentant la confiance, et confiance se traduisant en davantage de crédit.


Tel est bien le plus gros défaut du capitalisme de marché. Il ne saurait assurer que les profits sont acquis ou distribués de manière équitable. Bien au contraire, la soif de profit et de production empêche de voir tout ce qui pourrait s'opposer à elle. Quand la croissance devient un bien suprême, sans aucune considération éthique pour la freiner, elle risque fort de mener à la catastrophe.


Corinne Maier, Bonjour paresse, (2004)

modifier
Il est vrai que bouger est l'impératif catégorique d'un capitalisme dont la finalité est de rendre l'inutile à la fois indispensable et frelaté, et ce le plus vite possible.
  • Bonjour paresse (2004), Corinne Maier, éd. Michalon, 2004  (ISBN 2-84186-231-3), p. 52


La philosophe Hannah Arendt le disait déjà: le capitalisme engendre du superflu, et c'est d'abord nous qui sommes superflus!
  • Bonjour paresse (2004), Corinne Maier, éd. Michalon, 2004  (ISBN 2-84186-231-3), p. 40


Jean-Claude Michéa, Impasse Adam Smith, (2002)

modifier
De nos jours, la pire des illusions que puisse entretenir un militant de gauche, c'est donc de continuer à croire que ce système capitaliste qu'il affirme combattre, constitue par essence, un ordre conservateur, autoritaire et patriarcal, dont l'Église, l'Armée et la Famille définiraient les piliers fondamentaux.
  • Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche, Jean-Claude Michéa, éd. Flammarion, coll. « Champs essais », 2006, p. 41


C'est pour cette raison que nous sommes désignés les « pays riches », parce que c'est le capitalisme qui a donné aux gens la liberté et le pouvoir de créer, de produire et de commercer, suscitant ainsi l'émergence de la prospérité.
  • Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste (2001), Johan Norberg (trad. Martin Masse), éd. Plon, 2003  (ISBN 2-259-20009-5), p. 49-50


Enzo Traverso, Un Système inhumain (2007)

modifier
Le capitalisme n'a certes pas inventé le sida, mais il a organisé sa propagation, en soumettant à un impératif marchand la production et la distribution des médicaments qui permettent de le combattre.
  • « Un Système inhumain », Enzo Traverso, Politis (ISSN 1290-5550), nº 967, 13 septembre 2007, p. 10


Bernard Maris, Houellebecq économiste (2014)

modifier
Mais la destruction créatrice, l'essence du capitalisme, cache sous sa pseudo-nouveauté et son clinquant quelque chose de beaucoup plus terrible : elle cache la terreur que le changement perpétuel fait vivre aux subalternes, en même temps que le contrôle de fer qu'il leur impose. La destruction créatrice, c'est le fouet et la peur.


Timothée Parrique, Ralentir ou périr : l’économie de la décroissance (2022)

modifier
Notre obsession pour la croissance est telle qu'elle en vient à dissoudre le temps. Dans l'espace-temps du capitalisme moderne, on ne trouve pas des heures et des années mais des euros. Dans cette société PIBisée [sic], le présent est défini par un niveau de richesse, le passé considéré comme sa réduction et le futur comme son augmentation. Perdre de l'argent, c'est reculer ; s'enrichir, c'est avancer.
  • Ralentir ou périr : L'économie de la décroissance, Timothée Parrique, éd. Seuil, 2022  (ISBN 9782021508093), p. 50


Capitalisme du désastre

modifier

Naomi Klein, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre (2008)

modifier
Les propos de Battles pourraient servir de slogan au capitalisme du désastre – la peur et le désordre sont les moteurs du progrès.


Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :