Féminisme

ensemble d'idées politiques, philosophiques et sociales cherchant à promouvoir les droits des femmes et leurs intérêts dans la société civile

Le féminisme est une doctrine qui a pour objet l’extension des droits civils et politiques des femmes jusqu'à obtenir l'égalité avec ceux des hommes.

CitationsModifier

Indiana de George Sand, 1832Modifier

Ceux qui m’ont lu sans prévention comprennent que j’ai écrit Indiana avec le sentiment non raisonné, il est vrai, mais profond et légitime, de l’injustice et de la barbarie des lois qui régissent encore l’existence de la femme dans le mariage, dans la famille et la société. Je n’avais point à faire un traité de jurisprudence, mais à guerroyer contre l’opinion ; car c’est elle qui retarde ou prépare les améliorations sociales. La guerre sera longue et rude ; mais je ne suis ni le premier, ni le seul, ni le dernier champion d’une si belle cause, et je la défendrai tant qu’il me restera un souffle de vie.
  • Extrait de la préface à l'édition de 1842. L'écrivaine parle au masculin car elle a publié le roman sous un pseudonyme masculin (seul moyen pour une femme de lettres d'obtenir un réel renom à l'époque)
  • Indiana (1832), George Sand, éd. Gallimard, coll. « Folio classiques », 1984, Première partie, chapitre 1, p. 46-47


Égalité sociale et politique de la femme et de l'homme, 1879Modifier

C’est que je crois qu’un homme estimera sa femme, qu’une femme cessera de se croire l’obligée de son mari, quand, au point de vue économique, tous deux seront réciproquement indépendants. C’est qu’enfin, au rebours de ce qui est socialement admis, je fais passer avant l’indépendance économique de l’homme, l’indépendance économique de la femme, parce que c’est à la femme qu’incombe naturellement la charge de l’enfant.
  • Égalité sociale et politique de la femme et de l’homme, Hubertine Auclert, éd. impr. de A. Thomas, 1879, chap. Égalité sociale et politique de la femme et de l’homme, p. 1-16 (texte intégral sur Wikisource)


Le Deuxième Sexe, 1949Modifier

On ne naît pas femme : on le devient.
  • Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir, éd. Gallimard, 1950, t. II. L'expérience vécue, partie première: Formation, chap. premier: Enfance, p. 13


Ainsi soit-elle, 1975Modifier

Car le féminisme ne se résume pas à une revendication de justice, parfois rageuse, ni à telle ou telle manifestation scandaleuse ; c'est aussi la promesse, ou du moins l'espoir, d'un monde différent qui pourrait être meilleur.
  • Ainsi soit-elle, Benoîte Groult, éd. Grasset, 1975, p. 75-78


Lettres de Flora Tristan, 1980Modifier

Figurez-vous que je passe ici pour une révolutionnaire, une jacobine, une Sanguinaire - enfin pour une espèce de monstre femelle qui ose réclamer l'égalité de droits pour l'homme comme pour la femme.
  • Lettres, Flora Tristan, éd. éditions du Seuil, 1980, p. 105


The Young Rebecca: Writings of Rebecca West, 1982Modifier

Je n'ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c'est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confondre avec un paillasson.
  • (en) I myself have never been able to find out precisely what feminism is: I only know people call me a feminist whenever I express sentiments that differentiate me from a doormat.
  • The Young Rebecca: Writings of Rebecca West, Rebecca West, éd. Open Road Media, 1982, p. 219


Les relations amoureuses entre les femmes du XVIe siècle au XXe siècle, 1995Modifier

Si le jacobin a fait de la femme la vestale d'un nouveau culte païen au patriarcat, fonction qui sera légalisée en 1804 par le Code civil napoléonien, n'est-ce pas en réaction à l'apparition d'une nouvelle conscience identitaire des femmes, incarnée politiquement par Olympe de Gouges qui signe, avec sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, son acte de naissance historique ? Les républicains y ont vu une menace pour la Révolution.
  • Les Relations amoureuses entre les femmes, Marie-Jo Bonnet, éd. Odile Jacob, coll. « Poches », 1995, partie 2. Des mystères de la nature à ceux de Lesbos (XVIIIè siècle), chap. II Les mystères de Lesbos, Introduction, p. 212


Nous sommes tous des féministes, 2014Modifier

[...] me présenter comme féministe était synonyme de haine des hommes [...] Cela montre à quel point le terme féministe est chargé de connotations lourdes et négatives. On déteste les hommes, on déteste les soutiens-gorges, on déteste la culture africaine, on estime que les femmes devraient toujours être aux manettes, on ne se maquille pas, on ne s'épile pas, on est toujours en colère, on n'a aucun sens de l'humour, on ne met pas de déodorant.
  • Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie, éd. Folio, 2016, p. 19-20


Sorcières, la puissance invaincue des femmes, 2018Modifier

L’idée que les femmes sont des individus souverains, et non de simples appendices, des attelages en attente d’un cheval de trait, peine à se frayer un chemin dans les esprits – et pas seulement chez les politiciens conservateurs.
  • Sorcières : La puissance invaincue des femmes, Mona Chollet, éd. éditions Zones, 2018  (ISBN 978-2-3552-2122-4), p. 47


PresseModifier

Que nous veut le féminisme moderne, plus dangereux que le bolchevisme ? En prétendant les faire égaler l’homme dans tous les domaines, il a jeté les femmes dans une âpre lutte où se détraque leur organisme.


Si la femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit avoir également celui de monter à la tribune.
  • « Olympe de Gouges, une victime de la Révolution », Emma Demeester, La Nouvelle Revue d'Histoire, nº 72, mai-juin 2014, p. 16


Il faut cesser de concevoir la carrière sur un mode linéaire, comme un progrès continu, pour penser au contraire par périodes, par cycles, comme pour le corps féminin. Il faut aligner le monde du travail sur la vie biologique des femmes, et non l'inverse ! Ainsi, des femmes peuvent se révéler très énergiques après la ménopause alors même qu'elles sont considérées comme « périmées » sur le marché de l'emploi.
Le monde du travail est conçu sur un modèle masculin : toujours productif, sans aléas ni calendrier biologique. Le féminisme officiel est un antiféminisme, construit sur la haine du corps et qui ne remet pas en cause la société. Sortir de cette hégémonie masculine : c'est ça être féministe aujourd'hui !

  • « Pour un amour vraiment libre, jouissez sans intrants ! », Marianne Durano, entretien avec Thérèse Hargot, Revue Limite, nº 3, mai 2016, p. 73


Même si les choses ont changé, il reste encore beaucoup à faire pour la condition féminine, si l'on entend ce dernier terme au sens fort. Ni contraire, ni égal, ni image en miroir du masculin : le féminin est autre. Or notre société est en lutte contre la féminité, au point de vouloir la nier, la caricaturer ou l'annuler.


C'est comme si l'on assistait à un retour de la domination masculine là où on l'attendait le moins, sur le propre terrain de la féminité. Le débat sur "le genre" le montre bien : les rôles des femmes et des hommes seraient construits et interchangeables. En d'autres termes, l'homme peut remplacer la femme. Par exemple, dans le cadre du divorce et du débat sur la garde alternée, les hommes en revendiquant l'égalité parfaite, pensent qu'ils sont des mères comme les femmes. Or c'est faux. La vraie mère, comme dans le jugement de Salomon, n'est-elle pas celle qui refuse de couper son enfant en deux ?

  • « Repenser le féminisme », Éliette Abécassis, HuffingtonPost, 08/03/2012 (lire en ligne)


Chaque société réinvente une nouvelle forme de domination de la femme, et la nôtre, hypocrite et pernicieuse, n'est pas en reste. Hélas, le féminisme a encore de beaux jours devant lui. C'est pourquoi il doit se réinventer et s'adapter. Aujourd'hui, il s'agit de défendre les mères, et l'image des femmes, celle qu'elles ont d'elles-mêmes, et celle que la société leur renvoie. Il est temps de repenser, d'enseigner, et de défendre la féminité.

  • « Repenser le féminisme », Éliette Abécassis, HuffingtonPost, 08/03/2012 (lire en ligne)


Le harcèlement sexuel, le commerce du corps et des enfants, la vente de bébé à travers la gestation pour autrui (GPA) : chaque époque réinvente une nouvelle façon d'asservir les femmes. [...] Le féminisme doit se réinventer.

  • « Éliette Abécassis: "Le féminisme doit se réinventer" », Amélie Cordonnier, Femme Actuelle, 19 avril 2018 (lire en ligne)


Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :